mardi 11 décembre 2007

Memphis, Tennessee

Samedi 8 décembre (jour 199)

Memphis

Nous nous rendons compte d’un vice caché de l’hôtel vers minuit, lorsque nos voisins reviennent de leur soirée et se mettent à rire et à parler fort. Je les entends même à travers mes bouchons. Je vais frapper à leur porte pour leur dire que nous essayons de dormir à côté et ils baissent le ton. Je me rendors, mais pas Colette entendra leurs ébats amoureux peu de temps après et aussi, vers 7h00…

Je me lève vers 7h30 et je laisse Colette récupérer un peu de sommeil. Nous allons déjeuner vers 9h30. Le café est correct et il y a des différentes céréales Kellogg’s, du jus, du pain et même de quoi faire ses propres gaufres. Ça manque de yogourt ou de fromage, mais bon, c’est gratuit, alors je fais avec. Il y a sur la table un contenant de gras liquide qui ressemble à du beurre plus ou moins fondu et un contenant de sirop de maïs. Mieux vaut juste regarder…

Je demande si le son autour de la piscine peut être baissé. La réceptionniste me dit qu’elle va vérifier, car il a déjà été baissé. Quelques minutes plus tard, la musique est arrêtée, alléluia! Colette part pour Graceland vers 10h30. Elle y va seule pour plusieurs raisons, la principale étant que je risque de lui gâcher son plaisir et l’autre, que j’ai besoin de me poser et de prendre mon temps. Je m’installe donc pour écrire le journal, que j’ai négligé depuis quelques jours. Il fait chaud et humide à Memphis.

Deux heures plus tard, Colette revient, pour prendre une pause et pour manger un morceau. Je refais une super salade avocat-pamplemousse-vinaigrette au yogourt et nous complétons avec du poulet froid. Lorsque Colette repart, je sors avec Westy pour aller faire le lavage. Il y a une laverie à environ deux kilomètres de l’hôtel m’a dit la réceptionniste, mais je ne la trouve pas.

Une femme me donne des indications précises et je me retrouve dans la plus grande laverie que j’aie jamais vue. Je sélectionne une laveuse frontale à 2 $, puis je vais lire dehors assise sur le marchepied de Westy, parce c’est pas mal bruyant. Ça me coûte juste 1 $ pour le séchage, avec en prime, un spectacle inusité pour moi : une machine à laver qui essaye de se sauver au cours du cycle d’essorage en bousculant bruyamment ses semblables : quel vacarme!

Je vais ensuite faire le plein d’essence, puis une petite épicerie. Je suis toujours étonnée que les fruits et les légumes soient si chers aux États-Unis. Ça coûte le même prix ou plus cher qu’au Canada, malgré le fait que beaucoup soient produits ici. Et c’est d’autant plus surprenant dans le Sud des Etats-Unis. Les oranges, les melons, le raisin, les pamplemousses, les avocats, sont généralement plus chers qu’au Canada. Les produits laitiers, en revanche, sont moins chers.

Colette

Je me rends à pied aux guichets de Graceland qui sont tout près. En fait, de l’hôtel, nous voyons Graceland. La file n’est pas très longue. J’ai le choix pour le type de visite : «VIP», «Platinum», «Mansion tour». Le VIP permet de tout voir en évitant les files d’attente. Comme il n’y a pas grand monde, la visite Platinum s’avère mon choix pour 30 $. On me remet un casque d’écoute pour un tour auto-guidé audio de la maison avec choix de huit langues. Je débute en français, mais comme il y a des extraits de présentation par Elvis lui-même, je le remets en anglais pour entendre directement mon idole!

Elvis a acheté Graceland en 1957, à l'âge de 22 ans. Il y aura habité 20 ans. La maison est restée la même depuis 1977. La décoration, les meubles, etc. sont donc très années «1970» avec tapis sur les planchers, les murs et au plafond. C’est en effet «une grande maison» et non pas un château (Celebrities have castle, Elvis had a home). Toutes les pièces étaient utilisées, «habitées». Différent de ces châteaux où certaines pièces ne servent jamais. En ce 8 décembre, Graceland est décorée pour Noël. Les nombreuses draperies sont rouges plutôt que bleu royal, la rampe d’escalier est bordée de poinsettias.

Tout le long de la visite, j’entends des extraits de chanson d’Elvis et plusieurs écrans télé nous passent aussi des extraits de spectacles. Le terrain de la maison est très grand. Je n’y vois pas de cheval, mais, près des clôtures blanches, des panneaux nous avisent de ne pas perturber ces animaux. Il y a plusieurs bâtiments extérieurs et les espaces de garage. Je ne passerai pas en détails toute la visite. Juste la visite de la maison m’a pris deux heures! J’ai aimé les salles où étaient exposés les costumes d’Elvis et les innombrables disques platine ou or témoignant des millions de disques vendus.

Après ma pause de dîner, je me suis rendue au musée où sont conservées les automobiles d’Elvis et ses deux avions privés. Une autre salle comporte une cinquantaine de ses «jumpsuits» de spectacle et celle appelée «Elvis after dark» évoque sa vie nocturne, désordonnée et excessive.

À la fin de chacune de ces parties, il y a un «giftshop» bien sûr. Je me réserve les achats pour la fin. J’achète finalement le DVD de la visite de Graceland (disponible seulement à Graceland) qui contient en prime plusieurs extraits de spectacles. Avis aux intéressés qui ne veulent pas se payer le voyage, mais qui sont amateurs dans l’âme.

J’ai aimé faire la visite seule, prendre mon temps et observer tout ces gens qui étaient là, de tous les âges. J’avais 10 ans quand Elvis est mort. Je me rappelle que ce jour là je mangeais du spaghetti au souper… Jeune, j'écoutais mes «records en vinyl sur mon pickup», je faisais des «imitations» d’Elvis avec un micro sur pied en bois fait main par mon grand-père. Je me couchais tard pour regarder ses spectacles à la télé dans les années 70… que de bons souvenirs. Elvis repose à Memphis, dans le jardin de méditation adjacent à sa maison sur le terrain de Graceland.

Colette revient de Graceland vers 17h30, enchantée, avec une tasse, deux CD et un DVD. Nous profitons du four à micro-ondes et mangeons les plats congelés que j’ai achetés à l’épicerie. Nous nous couchons vers 21h30. Je prends un comprimé pour dormir.

Notes du jour

- Je vois souvent le slogan suivant sur les autoroutes : « DWI, you can’t afford it. »
Cela veut dire « L’ivresse (ou drogue) au volant (Driving While Intoxicated), ça coûte très cher». Aux États-Unis, il y a même des avocats spécialisés dans le domaine : http://www.dwi.com/

- Aux États-Unis, les côtés des routes et des autoroutes sont scarifiés. Lorsqu’on roule sur ces bandes, ça fait du bruit et ça vibre, ce qui prévient l’automobiliste distrait ou fatigué qu’il quitte la chaussée. Sur beaucoup de routes régionales, il y a aussi de petits réflecteurs fixés à intervalles réguliers sur les lignes jaunes, qui sont très utiles pour la conduite de nuit. Nous n’avons pas ça au Québec : est-ce à cause du gel et de la neige? Parlant de routes, celles des États-Unis sont beaucoup mieux entretenues que celles du Canada et du Québec en particulier.

Dimanche 9 décembre (jour 200)

Memphis (Tennessee) – Bowling Green (Kentucky) : 450 km (280 miles)

À 4h00 du matin, le réveil de la chambre voisine nous réveille, puis le téléphone. Colette a de la difficulté à se rendormir. De mon côté, je somnole. Nous nous levons vers 8h00 et entamons le processus de chargement de Westy. Nous allons déjeuner et cette fois-ci j’apporte mes ingrédients : pain, fromage, hummus, thé. Je prends quelques photos de Colette dans le lobby, un rituel pratiqué par tous les clients de cet hôtel.

Nous quittons les lieux vers 10h30 et prenons la direction nord-nord-est, vers Nashville. Cette portion de l’autoroute s’appelle l’Autoroute de la musique. Ici, presque tous les arbres ont perdu toutes leurs feuilles. Il fait encore humide et chaud ce matin. Nous nous arrêtons vers 13h15 pour manger. Nous complétons notre sandwich maison au jambon par une frite de chez McDonald. Je prends un peu de café, car je suis très amortie. Une chance que Colette est en forme, car je somnole sur le siège du passager. Nous contournons Nashville un peu plus loin par le nord-ouest, C’est une grosse agglomération.

Après plus de 450 km de route, nous décidons de nous arrêter à Bowling Green (Kentucky) et d’y camper, pour bénéficier d’une autre nuit qui s’annonce douce. Nous nous installons vers 16h00 dans un camping KOA qui nous coûte seulement 27 $, un record de bas prix. Nous relaxons. Pour souper, nous mangeons le restant de plat tofu-courgettes-curry-quinoa en l’adoucissant avec du yogourt nature et en y ajoutant le restant de poulet.

La pluie s’est mise à tomber dehors, parfois accompagnée d’éclairs au loin. Nous avions prévu le coup et placé Westy légèrement en pente vers l’avant pour que l’eau s’évacue adéquatement. Colette réalise qu’elle ferme nos petits rideaux peut-être pour la dernière fois et elle en a la larme à l’œil. Dernière nuit de camping? Peut-être que oui, peut-être que non, mais nous savons bien que la neige et le froid nous attendent à Montréal et peut-être avant.

Pendant que Colette fait la vaisselle, je mets le blogue en ligne. Colette fait ensuite une mise en ligne de photos et nous nous couchons vers 22h00. À cause de la pluie, j’ai installé notre toilette de secours (la chaudière) pour la nuit.

Citations du jour

- Colette, décrivant le grand nombre de camions parfois très proches les uns des autres sur l’autoroute : « Il y a des motons de vans ». Traduction pour les Français de France : « Il y a des grumeaux de camions ». Jolie image.

- Colette, couchée, et fatiguée par sa journée de conduite, essaye en vain de me dire quelque chose : « Je vais arrêter de parler, sinon, tu vas encore me citer! ». C’est sûr, hi, hi!

Note du jour

Vous pensiez que j’avais oublié? C’est parce que vous me connaissez mal! Je vais aujourd’hui tout vous dire au sujet de l’interdiction des stations d’essence self-service en Oregon. Et même plus, parce qu’en fait, un autre État américain interdit aux consommateurs de se servir eux-mêmes : le New Jersey!
Et c’est en vigueur depuis les années 1940, car à l’époque les autorités craignaient que les automobilistes manipulent les carburants de façon inadéquate. En Oregon, le Department of Environmental Quality voulait aussi éviter les débordements d’essence polluants causés par des clients inexpérimentés.
Les deux états continuent à appliquer ces règlements pour aussi éviter que les clients se sauvent sans payer. En Oregon, en 1982 et en 2003, deux projets de loi en faveur des stations self-service ont été rejetés.

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