dimanche 16 décembre 2007

Six mois et trois semaines plus tard : deux voyageuses comblées.

Jeudi 13 décembre (jour 204)

Syracuse – Ottawa : 300 km

Hôtel Knights Inn, Syracuse

Je me lève vers 7h30 pour mettre le blogue en ligne, mais le site Blogger.com a des ennuis techniques qui m’en empêchent. Colette, qui a mal dormi, émerge vers 9h00 et nous allons prendre le petit déjeuner continental offert par l’hôtel. Une chance qu’il y du pain de blé entier et du fromage à la crème, parce que le reste de la nourriture solide n’est pas santé du tout. Je sais que je suis exigeante, mais il reste que nous avons eu mieux ailleurs, mais aussi, disons-le, pire. Que voulez-vous, le petit déjeuner est pour moi le repas le plus sacré de la journée.

Lorsque nous prenons la route vers Ottawa, la neige a déjà commencé à tomber et les conditions de conduite sont mauvaises. Westy a de bons pneus quatre saisons, mais il n’est pas conçu pour la conduite hivernale. Nous qui pensions arriver à Ottawa vers 14h00 et flâner en ville avant d’aller passer la soirée avec Jessica, nous voilà en train de rouler à 70 km/h sur l’autoroute, parfois moins, lorsque nous sommes coincées derrière un chasse-neige. Nous n’avons pas eu d’accident jusqu’à présent et nous avons tout notre temps, alors je prends ça mollo et nous en profitons pour discuter de toutes sortes de choses : notre joie de revenir chez nous, notre bonheur d’avoir pu faire ce voyage, notre émotion qu’il se termine, notre couple solide…

La neige glacée s’accumule sur les essuie-glaces, le dégivreur fait bien son boulot, mais le niveau maximal de ventilation est très bruyant. Nous nous arrêtons à Watertown pour changer les essuie-glaces de Westy, car l’un deux est usé et l’autre n’est pas équipé pour l’hiver. Le processus est ardu, parce qu’il faut trouver un endroit qui vend ces essuie-glaces, puis les installer. Nos finissons par trouver un Wal-Mart où je me procure des essuie-glaces flambants neufs. Je sacre comme un charretier pendant cinq minutes sous la neige et dans le froid, mais, après avoir lu les instructions, d’une clarté moyenne, je finis par y arriver.

Nous voilà donc reparties avec des essuie-glaces très efficaces, mais aussi assez bruyants. Ils appuient si fort sur le pare-brise, qu’on jurerait qu’ils veulent l’aplatir! Je jongle trois secondes avec l’idée de les rapporter, mais les inconvénients de cette démarche par un temps de chien, pèsent beaucoup plus lourd que l’irritant d’un pare-brise en voie d’aplatissement… Va falloir être zen entre la ventilation qui ressemble à une soufflerie de réacteur nucléaire et le « squeak » retentissant des essuie-glaces.

Tout ce processus a pris bien du temps et comme il est déjà 13h30, nous sommes affamées. S’il y a une chose que le voyage nous a appris, c’est l’importance de ne pas rester longtemps affamées, car ça donne des résultats très désagréables et surprenants sur la suite des choses. Un restaurant Red Lobster tout près du Wal Mart nous semble un bon choix. Service sympathique, repas santé assez réussi et hop nous voilà de nouveau prêtes à reprendre la route 81 vers le nord. Malgré les petites inquiétudes de Colette, nous passons la douane canadienne comme une lettre à la poste. Le jeune douanier n’est pas particulièrement chaleureux, mais il nous pose les questions d’usage et nous croit sur parole.

Les conditions routières sont toujours difficiles et nous arrivons chez Jessica à 18h15. Il nous aura fallu plus de cinq heures de route pour franchir 300 km. Les retrouvailles avec ma cadette sont douillettes et simples. Nous nous sommes souvent parlé au téléphone, elle nous a suivies sur notre blogue et les derniers six mois ont passé très vite pour elle, car elle a vécu beaucoup de changements dans sa vie. C’est comme si nous n’étions pas parties depuis si longtemps. Elle nous a concocté un petit souper simple et santé (c’est ma fille quand même) que nous mangeons en buvant une bouteille de vin rouge et en jasant tout plein.

L’appartement, qu’elle partage avec une autre étudiante, est assez grand et je suis contente d’avoir une impression précise de l’endroit où elle va vivre pour les prochains 18 mois. Nous nous couchons vers 22h00 sur le sofa du salon.

Notes du jour

- L’hôtel où nous avons couché participe au programme de recyclage local, une première dans notre voyage. Un très bon point! En outre, lorsque j’ai dit à la réceptionniste que je voulais déposer notre recyclage dans leur grand contenant, parce que nous en avions beaucoup, elle m’a plutôt amené dans la chambre, deux autres petits bacs. Cool! Dommage cependant que la vaisselle du petit déjeuner soit jetable. Ce sont les principaux commentaires que j’ai faits dans le formulaire fourni par l’hôtel. Chaque fois qu’un tel formulaire était disponible dans les hôtels, je l’ai rempli avec beaucoup de soin.

- Les douches
Colette, a instauré un système de cotation pour les douches de camping. Pour avoir la note de passage, une douche doit être propre, dispenser une eau suffisamment chaude, et être munie des accessoires suivants :

- un banc fixe ou amovible pour pouvoir s’essuyer les pieds sans faire de la danse en ligne
- au moins deux crochets pour les vêtements
- une petite tablette pour déposer ses lunettes
- un savonnier.



- Autre point très important pour Colette : le jet doit être fourni sans être agressif et bien dirigé. S’il n’est pas bien dirigé et qu’on ne peut modifier sa trajectoire (trop haut ou fixe), la note de passage n’est pas accordée.




Une douche peut obtenir des points supplémentaires si elle est spacieuse, si le plancher de l’espace d’habillage reste sec, si elle est entièrement privée. Si la douche est payante, ça lui enlève des points, surtout si elle est limitée à cinq minutes, car c’est un peu juste quand ça fait trois où quatre jours que t’es sale. Six minutes ou plus, c’est parfait. La plus chère que nous ayons utilisée coûtait 3 $ et était entièrement privée (Dawson).
La plupart des douches que nous avons utilisées n’ont pas obtenu la note de passage. Les crochets et le savonnier étaient souvent inexistants… « Ça n’a l’air de rien comme ça dans le confort de sa maison, mais dans un voyage comme celui-ci, le confort et le côté pratique d’une douche, c’est un sujet de conversation… ».
Voici les cotes accordées par Colette à certaines installations exceptionnelles :
- Parc provincial Chutes, Ontario: 9/10.
- Caribou RV Park, (Yukon, juste avant Whitehorse) : 10/10. Petites salles de bain privées.
- Goldrush campground, Dawson, (Yukon): 9,5/10 (coût: 3 $). Petite salle de bain privée.
- Fairbanks, Alaska (River Edge): 9/10.
- Port Townsend, Hudson Point Marina & RV Park (état de Washington): 9,5/10.

Françoise

Je me suis mieux accommodée que Colette des installations mal foutues, mais je donne un gros zéro aux douches du camping Mammoth Mountain RV Park (Mammoth Lakes, Californie). Non seulement le camping était cher (50 $ ), mais il n’y avait pas d’espace privé de déshabillage dans les douches. Personne n’est entré pendant que je me déshabillais et m’habillais parce qu’il n’y avait pas grand monde dans le camping et dans le fond, je m’en foutais. Colette n’a pas pris de douche à cet endroit : elle est un peu plus gênée.

Autre exemple, au camping Robert Service à Whitehorse (Yukon), Colette a ronchonné au sujet des douches, parce que l’espace pour se déshabiller et se rhabiller est commun pour les deux douches. « C’est pas trop trop intime, dit-elle. Ça fait «semi car wash».

La douche extérieure montrée ci-dessus se trouve au Mustang Island State Park, au Texas. Je l'ai utilisée après m'être baignée dans le Golfe du Mexique, il y a moins d'un mois (28 novembre).

Vendredi 14 décembre (jour 205)

Ottawa - Montréal: 200 km

Nous nous nous levons vers 7h15, et déjeunons avec Jessica qui va faire une présentation dans une école primaire ce matin. Colette appelle ses grands-parents et nous partons à 9h00. Le temps est clair. Malgré le vent, la conduite est plus facile qu’hier, car il ne neige plus. Nous prenons la 417 pour rentrer à Montréal et arrivons devant la maison à 11h15! Nous entrons dans notre appartement : des ballons, des décorations de Noël et une petite musique du temps des fêtes nous accueillent. Il y a aussi une carte signée par mes deux filles dans laquelle elles nous disent que nous leur avons manqué et qu’elles nous aiment.

Nous prenons le temps de faire le tour de l’appartement, mais en ce qui me concerne, j’ai encore l’étrange impression, en me retrouvant dans cet endroit que nous aimons beaucoup, de n’être jamais partie… Colette, de son côté, trouve que c’est comme si nous étions parties depuis seulement une semaine. Nous commençons à vider Westy, une opération qui nous prend le reste de la journée avec quelques pauses, car il y a quelques marches d’escalier à grimper à chaque voyage.

Pourquoi ne pas attendre? Pour deux raisons. Premièrement, la météo : il ne fait pas très froid aujourd’hui, la température va tomber demain et on annonce une tempête pour après-demain. Deuxio : nous avons hâte de sortir tous les achats que nous avons faits durant le voyage. Certains sont bien cachés dans les profondeurs de Westy depuis plusieurs mois ou semaines. Je redécouvre les livres que j’ai lus, ceux que je n’ai pas encore lus. Nous nous émerveillons en voyant les belles cartes que nous avons accumulées : l’art amérindien prédomine, avec ses couleurs vives et sa puissante symbolique reliée à la nature.

Vers 19h30, nous allons chercher l’auto de Colette. La Mazda est stationnée depuis une semaine chez une amie de Colette. Durant notre absence, c’est Jessica qui s’en est servi. Nous faisons une petite épicerie chez notre épicier favori : Adonis. Gaël, qui habite ici durant la semaine, a laissé le frigo plein et même des plats cuisinés, mais nous avons besoin de quelques compléments : pain, lait, olives, menthe fraîche.



Nous nous couchons vers minuit, dans notre lit, après presque sept mois de voyage (29 semaines) et 33 000 km de route. Nous sommes rassasiées.

jeudi 13 décembre 2007

Du Kentucky à l'état de New-York, en passant brièvement par la Pensylvanie

Lundi 10 décembre (jour 201)

Bowling Green (Kentucky) – La Grange (Kentucky) : 225 km (140 miles)

Colette n’a pas très bien dormi. Moi, pas pire, mais je me réveille toujours très tôt et ne me rendors pas profondément. Je prends une bonne douche. En déjeunant, nous parlons de la possibilité de faire « hiverniser » Westy ici, si nous pouvons avoir un rendez-vous aujourd’hui. Cette opération consiste à évacuer sous pression toute l’eau accumulée dans les tuyaux, vider les réservoirs et y mettre de l’antigel pour éviter que le gel endommage les canalisations et les réservoirs.

Nous obtenons un rendez-vous chez Camping World pour 13h00. Je profite du temps qu’il nous reste pour préparer une prochaine mise en ligne du blogue. Nous quittons le camping vers 12h00 et allons repérer les lieux. L’atelier de réparation et d’entretien de VR est immense et comprend un magasin d’accessoires. Il y a aussi, juste à côté, un magasin d’équipement de plein-air : camping, chasse, pêche, etc. Colette va y faire un tour pendant que j’écris le journal de voyage dans l’agréable salle d’attente de Camping World.

Après une heure et une facture de 90 $, Westy est prêt à affronter l’hiver québécois. Nous ne pouvons plus utiliser l’évier, mais le véhicule reste fonctionnel pour le reste : frigo, poêle et chauffage. L’employé qui a fait l’hivernisation s’appelle Frank et il a passé 18 ans au Canada, dans la région de Calgary où il était pasteur… Très sympathique. Des ennuis familiaux l’ont ramené aux États-Unis.

Nous reprenons la route vers 14h30 et roulons jusque vers 17h00. Juste avant d’arriver à La Grange, nous changeons d’heure, même si nous sommes encore au Kentucky. Nous sommes maintenant à la même heure que le Québec. La nuit tombe et nous commençons à chercher un hôtel. En prenant la sortie pour aller chez Best Western, Colette voit, devinez quoi : un Wal-Mart! Comme il fait doux et que nous sommes d’humeur un peu aventureuse (avec modération, quand même), nous décidons de tenter l’ultime expérience de camping urbain : le stationnement d’un Wal-Mart ouvert 24 heures.

Nous faisons un tour au magasin pour vérifier où sont les toilettes. Nous nous installons dans un coin du stationnement près de la rue. Nous sommes le seul VR ce soir. Je fais revenir des piments verts et je les gratine dans la poêle avec un peu de cheddar râpé. Pendant que Colette écrit sa visite à Graceland dans le journal, je vais faire la vaisselle dans les toilettes du Wal-Mart, puisque nous ne pouvons plus utiliser l’eau dans Westy.

Je ne pense pas que ce soit vraiment permis, alors je fais ça très discrètement dans les toilettes au fond du magasin, car elles sont moins fréquentées que celles à l’entrée. Je transporte la vaisselle, le savon et le linge à vaisselle dans un sac en papier à poignées. Je reviens, ni vue, ni connue avec de la vaisselle propre et une bouteille pleine d’eau pour installer notre toilette de secours. Le magasin est ouvert 24 heures, mais il est un peu loin pour un pipi de nuit et un peu gênant pour un pyjama loose!

Je vais ensuite m’installer au Subway situé dans le magasin pour écrire le journal, car j’y ai repéré une table avec une prise électrique proche. Colette fait le tour du magasin et je la rejoins vers 20h30 dans Westy après avoir fait une petite épicerie. Nous nous couchons vers 22h00. L’endroit n’est pas plus bruyant que de nombreux campings situés en bordure de route, ni plus éclairé que certains autres.

Note du jour

- Vous vous souvenez de la photo dans la colonne de gauche qui montrait le panneau d’entrée dans le petit village d’Orderville en Utah? Nous avons oublié de vous dire qu’il y avait à l’entrée et à la sortie, une voiture de shérif, illustrant bien qu’on ne plaisante pas avec les flics à cet endroit. Lorsque nous sommes repassées par ce village en revenant de Bryce Canyon, nous nous sommes rendu compte, que ces voitures de police étaient en fait occupées par des… mannequins! Humour local où truc pour faire ralentir les touristes qui passent dans le village?


Mardi 11 décembre (jour 202)

La Grange (Kentucky) – Mansfield (Ohio) : 450 km (280 miles)

Colette se réveille vers 3h00, moi vers 4h00. Nous essayons de nous rendormir, mais nous n’y arrivons pas. Nous décidons donc de nous lever et de partir, après avoir vidé notre toilette de secours dans un banc de gravelle. Il est 5h30 et c’est moi qui conduis pendant environ deux heures. Il fait noir et il pleut. Nous dépassons Cincinnati (Ohio) et nous arrêtons près d’un McDo. Colette va y chercher un petit déjeuner et je me fais des toasts dans Westy avec mon menu habituel : hummus et fromage avec coriandre fraîche.

Comme nous sommes toutes les deux fatiguées, nous nous déplaçons dans un coin tranquille du stationnement et nous couchons. Nous pensions sommeiller 30 minutes, mais finalement, nous dormons de 9h00 à 11h00! Après avoir pris une collation, nous reprenons la route vers midi en direction de Colombus un arrêt obligé, non pas parce que c’est la capitale de l’État, mais parce qu’il y a là un Trader Joe’s, le dernier dont nous pourrons profiter avant notre retour au Canada. Il fait plus doux et le temps est plus clair. Nous arrivons à 13h45 et repartons à 15h30 repas de sushis compris. J’achète plusieurs produits fins afin que nous les savourions de temps en temps, juste pour nous rappeler quelques souvenirs.

Je rachète, entre autres, du gigot mariné comme celui que nous avions dégusté à Santa Fe dans notre super suite. Il est emballé sous vide et peut attendre jusqu’au 26 décembre avant d’être mangé. Quant à ces grignotises faites de farine de riz glutineux et d’algue nori, j’adoooore! Je suis gaga de ce magasin et je pense même à organiser un voyage d’une fin de semaine avec mes amies gourmettes pour aller faire un tour dans le Trader Joe’s le plus proche de Montréal. À suivre.

De Colombus, nous prenons la direction de Cleveland, mais nous nous arrêtons avant, à Mansfield, vers 17h00. Colette choisit un hôtel à partir d’un livret de coupons de réduction. Lorsque nous arrivons au Mansfield Inn, ça ne paye pas de mine, mais comme nous sommes fatiguées et que la chambre offre tout ce dont nous avons besoin pour 41 $ taxes comprises, nous nous disons que ça ira pour une nuit.

Lorsque nous nous installons, nous remarquons cependant quelques problèmes importants. L’isolation est ridiculement inexistante, l’air froid entre par le bas de la porte, le chauffage bruyant et les fils électriques sont branchés sur des prises multiples… L’état général de la chambre est le pire que nous ayons eu du voyage. Colette chatte quelques minutes avec sa mère avant que nous soupions. Je roule une serviette au bas de la porte et nous vaquons à nos occupations habituelles : courriels, peaufinage du journal, mise en ligne du blogue et des photos. Nous nous couchons tard : 23h30. Maudite télévision…

Note du jour

- Autre oubli, attribuable à une petite gêne… Nous avons acheté des chapeaux en cuir à Chama (Nouveau Mexique) de marque Minnetonka Mocassin. Étant donné le bas prix de ces chapeaux, j’avais demandé au commerçant s’il savait où ils étaient fabriqués, car l’étiquette n’en faisait aucune mention. Il avait été vague sur le lieu exact, mais avait laissé entendre qu’ils étaient fabriqués aux États-Unis. Meilleure chance la prochaine fois avons-nous appris dans un commerce de Santa Fe qui tenait les mêmes chapeaux. La vendeuse a été plus franche et nous a dit que l’usine de production était en Chine depuis plusieurs années… Avec une réduction de 30 %, nous avons payés nos chapeaux environ 35 $ chacun. Chez O’Farrell à Santa Fe, où on fait les chapeaux sur place, le premier prix est à 275 $ et à 1000 $ pour un couvre-chef sur mesure.

Mercredi 12 décembre (jour 203)

Mansfield (Ohio) – Syracuse (New-York) : 650 km (400 miles)

Je me réveille vers 2h30. Je vérifie la température en regardant notre réveil : il fait 15ºC! Je mets le chauffage, puis je l’arrête vers 6h30. Colette, une chance, a bien dormi malgré la fraîcheur ambiante… Après avoir déjeuné, nous quittons sans regrets cet hôtel qui a grand besoin de rénovations. Je mentionne la possible non sécurité des fils électriques au gérant, mais j’oublie de lui parler de l’isolation déficiente.

Nous partons vers 10h00 et je prends le volant. Il fait beau et froid et la chaussée est sèche. Nous contournons Cleveland (Ohio). À partir de là, nous roulons sur l’autoroute 90 vers l’est en longeant le lac Erie. Nous nous arrêtons dans un McDo à Geneva (Ohio) pour dîner. Colette y mange des croquettes de poulet, je me prépare un sandwich au jambon, Vache-qui-rit et coriandre pour plus tard. Colette prend le volant. Nous arrivons en Pennsylvanie, où la 90 devient une autoroute à péage. Ici, il y a de la neige au sol. « Ça fait maison! s’exclame Colette avant d’ajouter : je ne pensais pas que je serais si contente de voir de la neige! »

Une centaine de kilomètres plus loin, nous arrivons dans l’état de New York. Ici, pas de neige au sol, juste de la belle herbe verte, du moins durant les premiers 30 kilomètres environ. Nous contournons la ville de Buffalo et roulons toujours vers l’est, mais nous sommes maintenant au sud du lac Ontario. Colette remarque quelque chose que nous n’avons pas vu depuis très longtemps : un camionneur québécois de la compagnie Robert Transport. « Je suis tout énervée, s’exclame-t-elle. Je pense que je lui donnerais un bec. Il doit s’appeler Jean-Claude. » Pour Colette, tous les camionneurs s’appellent Jean-Claude.

Autre chose qui attire notre attention : un restaurant Tim Hortons près duquel nous nous arrêtons pour faire le plein d’essence. Nous changeons à nouveau de chauffeur et je conduis les 130 km qui nous séparent de Syracuse (New York). Nous choisissons un autre hôtel dans notre livret de coupons, mais cette fois-ci nous sommes beaucoup mieux servies, pour seulement 9 $ de plus qu’hier soir. La chambre du Knights Inn est grande, propre, jolie et bien isolée : tout un contraste! En prime, la réceptionniste est très aimable.

Nous nous installons donc dans notre dernière chambre d’hôtel du voyage, puisque demain nous allons coucher chez Jessica à Ottawa. Colette commence à réaliser que le voyage achève. De mon côté, je n’y pense pas. Vendredi sera bien assez tôt pour y songer. Aujourd’hui, j’ai quand même commencé à faire une liste manuscrite de toutes sortes de choses : les moments forts du voyage (couple et individuels), les rencontres les plus sympas, les meilleurs campings, les plus beaux sentiers, les accessoires indispensables, ceux qui nous ont facilité la vie, etc. À venir!


Notes du jour

- Cette affiche était dans le lobby de l’hôtel Mansfield Inn. Ça dit en gros qu’en Ohio, on ignore certains des amendements (droits) enchâssés dans la constitution américaine en interdisant de fumer dans les endroits publics, mais qu’on utilise le premier amendement pour permettre à des pédophiles d’exercer certaines de leurs activités, comme le téléchargement de pornographie infantile. L’art de l’amalgame au service d’un esprit tordu…

- Le prix de l’essence aux États-Unis durant notre voyage a varié de 2,75 $ le gallon (72 ¢/L) à 3,75 $ le gallon (98 ¢/L). La consommation de Westy a varié de 16 L/100 km à 20 L /100 km.

- C’est dommage, mais tant au Canada qu’aux États-Unis, les touristes, les randonneurs du dimanche et les automobilistes jettent toutes sortes de déchets où on s’attendrait à un respect absolu de la beauté des lieux et de la fragilité de l’écologie animale, végétale et minérale.

mardi 11 décembre 2007

Memphis, Tennessee

Samedi 8 décembre (jour 199)

Memphis

Nous nous rendons compte d’un vice caché de l’hôtel vers minuit, lorsque nos voisins reviennent de leur soirée et se mettent à rire et à parler fort. Je les entends même à travers mes bouchons. Je vais frapper à leur porte pour leur dire que nous essayons de dormir à côté et ils baissent le ton. Je me rendors, mais pas Colette entendra leurs ébats amoureux peu de temps après et aussi, vers 7h00…

Je me lève vers 7h30 et je laisse Colette récupérer un peu de sommeil. Nous allons déjeuner vers 9h30. Le café est correct et il y a des différentes céréales Kellogg’s, du jus, du pain et même de quoi faire ses propres gaufres. Ça manque de yogourt ou de fromage, mais bon, c’est gratuit, alors je fais avec. Il y a sur la table un contenant de gras liquide qui ressemble à du beurre plus ou moins fondu et un contenant de sirop de maïs. Mieux vaut juste regarder…

Je demande si le son autour de la piscine peut être baissé. La réceptionniste me dit qu’elle va vérifier, car il a déjà été baissé. Quelques minutes plus tard, la musique est arrêtée, alléluia! Colette part pour Graceland vers 10h30. Elle y va seule pour plusieurs raisons, la principale étant que je risque de lui gâcher son plaisir et l’autre, que j’ai besoin de me poser et de prendre mon temps. Je m’installe donc pour écrire le journal, que j’ai négligé depuis quelques jours. Il fait chaud et humide à Memphis.

Deux heures plus tard, Colette revient, pour prendre une pause et pour manger un morceau. Je refais une super salade avocat-pamplemousse-vinaigrette au yogourt et nous complétons avec du poulet froid. Lorsque Colette repart, je sors avec Westy pour aller faire le lavage. Il y a une laverie à environ deux kilomètres de l’hôtel m’a dit la réceptionniste, mais je ne la trouve pas.

Une femme me donne des indications précises et je me retrouve dans la plus grande laverie que j’aie jamais vue. Je sélectionne une laveuse frontale à 2 $, puis je vais lire dehors assise sur le marchepied de Westy, parce c’est pas mal bruyant. Ça me coûte juste 1 $ pour le séchage, avec en prime, un spectacle inusité pour moi : une machine à laver qui essaye de se sauver au cours du cycle d’essorage en bousculant bruyamment ses semblables : quel vacarme!

Je vais ensuite faire le plein d’essence, puis une petite épicerie. Je suis toujours étonnée que les fruits et les légumes soient si chers aux États-Unis. Ça coûte le même prix ou plus cher qu’au Canada, malgré le fait que beaucoup soient produits ici. Et c’est d’autant plus surprenant dans le Sud des Etats-Unis. Les oranges, les melons, le raisin, les pamplemousses, les avocats, sont généralement plus chers qu’au Canada. Les produits laitiers, en revanche, sont moins chers.

Colette

Je me rends à pied aux guichets de Graceland qui sont tout près. En fait, de l’hôtel, nous voyons Graceland. La file n’est pas très longue. J’ai le choix pour le type de visite : «VIP», «Platinum», «Mansion tour». Le VIP permet de tout voir en évitant les files d’attente. Comme il n’y a pas grand monde, la visite Platinum s’avère mon choix pour 30 $. On me remet un casque d’écoute pour un tour auto-guidé audio de la maison avec choix de huit langues. Je débute en français, mais comme il y a des extraits de présentation par Elvis lui-même, je le remets en anglais pour entendre directement mon idole!

Elvis a acheté Graceland en 1957, à l'âge de 22 ans. Il y aura habité 20 ans. La maison est restée la même depuis 1977. La décoration, les meubles, etc. sont donc très années «1970» avec tapis sur les planchers, les murs et au plafond. C’est en effet «une grande maison» et non pas un château (Celebrities have castle, Elvis had a home). Toutes les pièces étaient utilisées, «habitées». Différent de ces châteaux où certaines pièces ne servent jamais. En ce 8 décembre, Graceland est décorée pour Noël. Les nombreuses draperies sont rouges plutôt que bleu royal, la rampe d’escalier est bordée de poinsettias.

Tout le long de la visite, j’entends des extraits de chanson d’Elvis et plusieurs écrans télé nous passent aussi des extraits de spectacles. Le terrain de la maison est très grand. Je n’y vois pas de cheval, mais, près des clôtures blanches, des panneaux nous avisent de ne pas perturber ces animaux. Il y a plusieurs bâtiments extérieurs et les espaces de garage. Je ne passerai pas en détails toute la visite. Juste la visite de la maison m’a pris deux heures! J’ai aimé les salles où étaient exposés les costumes d’Elvis et les innombrables disques platine ou or témoignant des millions de disques vendus.

Après ma pause de dîner, je me suis rendue au musée où sont conservées les automobiles d’Elvis et ses deux avions privés. Une autre salle comporte une cinquantaine de ses «jumpsuits» de spectacle et celle appelée «Elvis after dark» évoque sa vie nocturne, désordonnée et excessive.

À la fin de chacune de ces parties, il y a un «giftshop» bien sûr. Je me réserve les achats pour la fin. J’achète finalement le DVD de la visite de Graceland (disponible seulement à Graceland) qui contient en prime plusieurs extraits de spectacles. Avis aux intéressés qui ne veulent pas se payer le voyage, mais qui sont amateurs dans l’âme.

J’ai aimé faire la visite seule, prendre mon temps et observer tout ces gens qui étaient là, de tous les âges. J’avais 10 ans quand Elvis est mort. Je me rappelle que ce jour là je mangeais du spaghetti au souper… Jeune, j'écoutais mes «records en vinyl sur mon pickup», je faisais des «imitations» d’Elvis avec un micro sur pied en bois fait main par mon grand-père. Je me couchais tard pour regarder ses spectacles à la télé dans les années 70… que de bons souvenirs. Elvis repose à Memphis, dans le jardin de méditation adjacent à sa maison sur le terrain de Graceland.

Colette revient de Graceland vers 17h30, enchantée, avec une tasse, deux CD et un DVD. Nous profitons du four à micro-ondes et mangeons les plats congelés que j’ai achetés à l’épicerie. Nous nous couchons vers 21h30. Je prends un comprimé pour dormir.

Notes du jour

- Je vois souvent le slogan suivant sur les autoroutes : « DWI, you can’t afford it. »
Cela veut dire « L’ivresse (ou drogue) au volant (Driving While Intoxicated), ça coûte très cher». Aux États-Unis, il y a même des avocats spécialisés dans le domaine : http://www.dwi.com/

- Aux États-Unis, les côtés des routes et des autoroutes sont scarifiés. Lorsqu’on roule sur ces bandes, ça fait du bruit et ça vibre, ce qui prévient l’automobiliste distrait ou fatigué qu’il quitte la chaussée. Sur beaucoup de routes régionales, il y a aussi de petits réflecteurs fixés à intervalles réguliers sur les lignes jaunes, qui sont très utiles pour la conduite de nuit. Nous n’avons pas ça au Québec : est-ce à cause du gel et de la neige? Parlant de routes, celles des États-Unis sont beaucoup mieux entretenues que celles du Canada et du Québec en particulier.

Dimanche 9 décembre (jour 200)

Memphis (Tennessee) – Bowling Green (Kentucky) : 450 km (280 miles)

À 4h00 du matin, le réveil de la chambre voisine nous réveille, puis le téléphone. Colette a de la difficulté à se rendormir. De mon côté, je somnole. Nous nous levons vers 8h00 et entamons le processus de chargement de Westy. Nous allons déjeuner et cette fois-ci j’apporte mes ingrédients : pain, fromage, hummus, thé. Je prends quelques photos de Colette dans le lobby, un rituel pratiqué par tous les clients de cet hôtel.

Nous quittons les lieux vers 10h30 et prenons la direction nord-nord-est, vers Nashville. Cette portion de l’autoroute s’appelle l’Autoroute de la musique. Ici, presque tous les arbres ont perdu toutes leurs feuilles. Il fait encore humide et chaud ce matin. Nous nous arrêtons vers 13h15 pour manger. Nous complétons notre sandwich maison au jambon par une frite de chez McDonald. Je prends un peu de café, car je suis très amortie. Une chance que Colette est en forme, car je somnole sur le siège du passager. Nous contournons Nashville un peu plus loin par le nord-ouest, C’est une grosse agglomération.

Après plus de 450 km de route, nous décidons de nous arrêter à Bowling Green (Kentucky) et d’y camper, pour bénéficier d’une autre nuit qui s’annonce douce. Nous nous installons vers 16h00 dans un camping KOA qui nous coûte seulement 27 $, un record de bas prix. Nous relaxons. Pour souper, nous mangeons le restant de plat tofu-courgettes-curry-quinoa en l’adoucissant avec du yogourt nature et en y ajoutant le restant de poulet.

La pluie s’est mise à tomber dehors, parfois accompagnée d’éclairs au loin. Nous avions prévu le coup et placé Westy légèrement en pente vers l’avant pour que l’eau s’évacue adéquatement. Colette réalise qu’elle ferme nos petits rideaux peut-être pour la dernière fois et elle en a la larme à l’œil. Dernière nuit de camping? Peut-être que oui, peut-être que non, mais nous savons bien que la neige et le froid nous attendent à Montréal et peut-être avant.

Pendant que Colette fait la vaisselle, je mets le blogue en ligne. Colette fait ensuite une mise en ligne de photos et nous nous couchons vers 22h00. À cause de la pluie, j’ai installé notre toilette de secours (la chaudière) pour la nuit.

Citations du jour

- Colette, décrivant le grand nombre de camions parfois très proches les uns des autres sur l’autoroute : « Il y a des motons de vans ». Traduction pour les Français de France : « Il y a des grumeaux de camions ». Jolie image.

- Colette, couchée, et fatiguée par sa journée de conduite, essaye en vain de me dire quelque chose : « Je vais arrêter de parler, sinon, tu vas encore me citer! ». C’est sûr, hi, hi!

Note du jour

Vous pensiez que j’avais oublié? C’est parce que vous me connaissez mal! Je vais aujourd’hui tout vous dire au sujet de l’interdiction des stations d’essence self-service en Oregon. Et même plus, parce qu’en fait, un autre État américain interdit aux consommateurs de se servir eux-mêmes : le New Jersey!
Et c’est en vigueur depuis les années 1940, car à l’époque les autorités craignaient que les automobilistes manipulent les carburants de façon inadéquate. En Oregon, le Department of Environmental Quality voulait aussi éviter les débordements d’essence polluants causés par des clients inexpérimentés.
Les deux états continuent à appliquer ces règlements pour aussi éviter que les clients se sauvent sans payer. En Oregon, en 1982 et en 2003, deux projets de loi en faveur des stations self-service ont été rejetés.

lundi 10 décembre 2007

Du Texas au Tennessee

Jeudi 6 décembre (jour 197)

Caddo Mills (Texas) – Hot Springs (Arkansas) : 420 km (261 miles)

Camping Koa, Caddo Mills (Texas)

Il a fait froid cette nuit et il fait froid ce matin dans Westy : 12ºC. Heureusement que le chauffage, récemment réparé, fait rapidement monter la température. Comme mes nuits sont courtes depuis plusieurs jours, je me sens fatiguée, mais le moral est bon. Dehors, il fait beau, mais le vent est fort et froid. Après avoir déjeuné, nous faisons le plein de propane et quittons le camping vers 10h00.

Nous voici à nouveau dans une mer de gros camions. Je ne sais pas si les chauffeurs sont bien payés, mais il y a de la job en masse pour eux. Plusieurs camions affichent un numéro de téléphone pour ceux qui veulent proposer leurs services. D’autres affichent un petit texte affirmant que leurs chauffeurs sont à la maison toutes les fins de semaine. À voir circuler touts ces monstres qui engouffrent des centaines de litres de diesel tous les jours, je me sens moins coupable de l’impact écologique négatif de la consommation de Westy, quelque chose qui me turlupine depuis le début du voyage.

Nous nous arrêtons dans une très grosse station-service juste avant de quitter le Texas. Après avoir fait le plein et lavé le pare-brise (enfin un liquide qui contient un détergent efficace), nous mangeons dans Westy. Nous sommes stationnées près d’une pesée pour camions : celui-ci transportait un tank. Nous reprenons la route et arrivons en Arkansas. Les plaques de cet état affichent le slogan suivant : The Natural State.

Le premier campement de Blancs en Arkansas fut établi par les Français en 1686. Par la suite, le territoire fut sous autorité espagnole, puis à nouveau français, avant d’être racheté par les États-Unis en 1803. Cet état est un gros producteur de bauxite, un minerai essentiel à la fabrication de l’aluminium et compte la seule mine de diamants en territoire américain. Bill Clinton fut gouverneur de l’Arkansas, avant de devenir le 42e président des États-Unis.

Nous nous rendons dans une petite ville balnéaire appelée Hot Springs où, justement, Clinton a passé une partie de son enfance et adolescence. Il y a là des sources chaudes, très chaudes même (62ºC-143ºF). Près de 4 millions de litres d’eau émergent de 47 sources différentes. Cette eau provient d’une nappe phréatique qui n’a pas été localisée, mais on sait qu’elle est tombée sous forme de pluie il y a 4000 ans. L’eau s’enfonce graduellement dans la terre, ce qui fait augmenter sa température et la charge en minéraux (silice, calcium, magnésium, notamment) ; elle rejaillit par une faille. Sans goût et sans odeur, elle est très agréable à boire et sécuritaire telle quelle. Comme le statut de Réserve naturelle, conféré aux sources en 1832, empêche, entre autres choses, la vente commerciale de cette eau, plusieurs fontaines publiques permettent de remplir gratuitement petits et grands contenants.

La vente de l’eau n’est pas permise, certes, mais rien n’empêche de commercialiser des services connexes. L’eau chaude des sources est exploitée de façon très différente de celles que nous avons visitées jusqu’à présent. Au lieu d’avoir accès à un bassin public moyennant un droit d’entrée, la seule façon de prendre un bon bain très chaud consiste à aller dans une « Maison de bain » (bathhouse). Détail de la procédure demain.

Nous prenons le temps de repérer les lieux en nous rendant au Centre des visiteurs du parc, puis à celui de la municipalité. La rue principale, sur laquelle sont installés les hôtels et les spas, est superbe avec son charme suranné. Les bâtiments, qui datent du début des années 1900, ont une architecture qui rappelle un peu celle de Nice. Nous nous préparons à magasiner un hôtel un peu à l’extérieur, mais en prenant une rue pour rebrousser chemin, nous voyons un petit hôtel plutôt vieux. Je me renseigne à tout hasard et comme le prix est correct et qu’il y a un frigo et un four à micro-ondes, nous élisons domicile au motel Happy Hollow pour la nuit.

La chambre et le mobilier sont vieux, mais propres. Les deux appareils de chauffage d’appoint fonctionnent. Nous mangeons le plat de curry préparé à Austin par Colette, avec du quinoa blanc. C’est bon, mais plus épicé que prévu. Ça passe mieux avec un soda au gingembre de Whole Foods. La vie est bonne pour nous! De plus, nous avons pu sans aucun problème avoir accès à internet sans fil de notre chambre, mais je ne suis pas sûre que la propriétaire le sait et j’ai oublié de lui dire lorsque nous sommes parties.

Grâce à la collection de vidéos de la propriétaire, qui a l’air aussi vieux que son motel, nous regardons un film que nous avions bien aimé : Shall we dance? avec Richard Gere et Jennifer Lopez (2004). Il s’agit d’un « remake » très fidèle d’un sublime film japonais. Le réalisateur, Peter Chelsom, a eu la rare élégance de mettre, du moins dans la version vidéo, un extrait du début du film original (1996). Je vous conseille de regarder d’abord le film américain, puis de louer la version originale japonaise, plus sobre et en même temps plus éclatée (acteurs : Kôji Yakusho, Tamiyo Kusakari ; réalisateur :Masayuki Suo). Au Japon, la danse sociale avait mauvaise réputation avant la sortie de ce film. Elle se porte très bien depuis semble-t-il.

Notes du jour

- Les Amérindiens qui fréquentaient la région appelait le coin « La vallée des vapeurs ». Ils venaient profiter des propriétés médicinales de l’eau et s’y baignaient en paix, l’endroit ayant été décrété territoire neutre par les différentes tribus.

- Vu sur la route, un camion citerne plein de sirop de maïs (photo ci-contre)

- Vu en chemin une pancarte cool affichant le texte suivant
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[Santa Claus is coming to town
[Please don’t hit him
[Don’t drink and drive.
[_____________________

- Et une autre affichant ceci : c’est fou comme je tombe des nues quelquefois!
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[Microsurgical reversal vasectomy
[Money Back Guarantee1 713 REVERSE
[http://www.vasectomyreversal.com/
[____________________________

Vendredi 7 décembre (jour 198)

Hot Springs (Arkansas) – Memphis (Tennessee) : 305 km (190 miles)

Le café fourni dans ce petit motel est très bon, contrairement à celui de Studio 6, qui est un jus de chaussette infâme. Nous partons vers 10h00 et nous voilà à 10h15, enveloppées dans un drap à la façon romaine (voir photo plus bas), toutes nues en-dessous et prêtes pour l’expérience d’un Deluxe Bathing Package qui, pour 60 $ inclut bien des choses. Nous sommes à la Buckstaff Bathhouse, le seul établissement qui prend les clients sans rendez-vous. En été, la file d’attente s’étire dans la rue. En ce moment, c’est quasiment désert.

Ça commence par un bain très chaud d’environ 15 minutes dans une baignoire avec un tourbillon. Comme les installations sont vieilles, le tourbillon qui est à un bout de la baignoire, n’est pas vraiment bien placé, mais ce n’est pas très grave. Le 4 $ que nous avons payé pour le « gant Loofa » est une plaisanterie, car même si nous le gardons en partant, la personne qui nous accompagne, le passe très rapidement sur les jambes et le haut du dos. Curieux.

Mon accompagnatrice s’appelle Julie, une belle femme noire de 40 ans qui en paraît 35 à peine et qui travaille ici depuis 10 ans. Nous aurons un bel échange. Colette est accompagnée par Kathy, une femme noire aussi, âgée de 52 ans, employée depuis quatre ans. Après la baignoire, c’est le bain de siège durant 5 à 10 minutes, puis un bain de vapeur pas mal comique, car nous sommes assises dans une petite boîte avec la tête et le cou qui dépasse (vapor cabinet). Colette n’y reste pas longtemps, car elle trouve ça trop chaud.

Ensuite, on nous enveloppe les épaules dans des serviettes très chaudes, on nous met une serviette froide sur le front et on nous laisse reposer pendant 15-20 minutes. Prochaine étape : une douche fraîche (needle shower) avec plusieurs jets qui imitent la pluie. Ça fait du bien après toute cette chaleur. Enfin, toutes ramollies, nous voici prêtes pour les mains des massos. La mienne s’appelle Karen Love, celle de Colette, Rubben. Elles n’y vont pas de main morte, mais ça fait du bien, surtout qu’elles utilisent une huile chaude pour nous masser.

Karen est moitié Cherokee, moitié noire et notre échange sera très chaleureux. Elle fait ce boulot depuis 14 ans et me hugge à la fin du massage, qui a duré près de 30 minutes (en principe, c’est 20 minutes). Vous pensez que ça s’arrête là? Pas tout à fait. Le dernier traitement est un bain de paraffine hydratant pour les mains (cire chaude). Après avoir trempé les mains cinq fois dans de la paraffine, on laisse reposer le tout dans un emballage pendant 10 minutes et hop, on enlève le tout une fois refroidi, comme une deuxième peau. Colette me dit que ce type de soin est également dispensé au centre de réadaptation physique où elle travaille : appliquée sur différentes articulation, ce traitement contribue à soulager les symptômes de l’arthrite rhumatoïde.

Il est 12h15 lorsque je sors de là. Après avoir laissé des pourboires aux personnes concernées, nous allons dîner au restaurant Magnolia, juste en face : rôti de bœuf pour Colette et hamburger pour moi. J’ai bien aimé mon expérience, tant sur le plan physique qu’humain, Colette a apprécié, sans plus, car elle s'est senti un peu brassée de tous bords tous côtés. Imaginez ce que ça doit être l'été quand la foule envahit l'établissement! Nous n’avons malheureusement pas le temps de visiter le musée situé dans un ancien établissement de bain (Fordyce Bath House), ni d’aller explorer les sentiers du parc. Avant de quitter la ville, nous remplissons tous nos contenants d’eau. Colette est excitée, car notre prochaine étape est très importante pour elle : Memphis, la ville d’Elvis!!

En route vers cette ville mythique, nous rejoignons la 40, une autoroute qui traverse les États-Unis d’ouest en est. Il y a trois fois plus de camions que d’autos. Comme nous en avons pris l’habitude, nous changeons de chauffeur avant d’arriver à Memphis. Je laisse un camionneur en dépasser un autre et il me remercie en faisant clignoter ses veilleuses arrière : cool! Les couleurs de l’automne s’affichent ici beaucoup plus nettement qu’au Texas.Nous arrivons dans les environs de Memphis vers 17h00. Colette, le nez dans ses cartes et ses notes, sait exactement où nous allons : près de Graceland, où elle a repéré un camping pour VR, à deux pas de cet endroit mythique, où se trouvent la maison et le musée consacré à Elvis.

Finalement, nous nous arrêtons à l’hôtel Days Inn situé à côté de Graceland pour vérifier le prix d’une chambre. Sur un coup de tête, nous choisissons de réserver pour deux nuits, même si ça coûte 80 $ la nuit, taxes incluses. Au diable la dépense! Nous ne regrettons pas notre dépense et Colette est conquise, car la chambre est spacieuse et décorée de photos d’Elvis. On nous a de plus donné une chambre au bord la piscine en forme de guitare, mais cela vient avec un GROS inconvénient : les chansons d’Elvis jouent à pleine tête et on les entend un peu dans la chambre… J’appelle pour vérifier à quelle heure le « concert » achève : à 19h00, mais il reprend à 9h00 demain matin me dit-on.

Épuisée par mes courtes nuits, je me vois très bien me reposer dans cette chambre. Colette est en forme, car elle décide d’aller plutôt visiter un magasin juste à côté : Graceland Outlet Store. Elle n’y achètera rien, car c’est plutôt camelote. Je fais une délicieuse salade avocat pamplemousse avec huile d’olive, vinaigre et yogourt nature : miam! Je complète avec du pain et du fromage et Colette avec du poulet et des petits poids.

La télévision a tous les postes imaginables, plus deux consacrés exclusivement à des films dont l’acteur principal est bien sûr le King en personne. Nous regardons un peu de tout, dont une partie du film Cinderella Man. Je fais une bonne séance d’étirements avant de me coucher.

Notes du jour

- Nous avons franchi notre 30 millième kilomètre aujourd’hui!

- Voici une note que je veux écrire depuis longtemps. Les Nord-Américains sont familiers avec le système appelé Adopt a Highway, mais pas les Européens. Taraudée par la curiosité, je me suis renseignée en surfant sur le net. Il s’agit d’un programme de partenariat entre le ministère des transports et des citoyens afin de ramasser les déchets qui s’accumulent le long des routes.

Un groupe de citoyens, un commerce, une église, les employés d’une compagnie, peuvent adopter une portion de route (de 1 à 3 miles) pour une période variant de 2 à 5 ans. Soit ils assurent le ramassage eux-mêmes avec du matériel fourni par le ministère des transports, soit ils payent une organisation pour le faire. En échange, un panneau affiche le nom de la compagnie, du commerce, de l’église, de l’organisation (Sierra Club, Lions Club) ou même de la famille qui nettoie ou qui paye. J’ai pris comme exemple les panneaux du Colorado, car ils sont jolis.
Malheureusement, les programmes ne sont pas toujours efficaces ou pas assez fréquemment mis en application, car les bords de certaines routes affichant ces panneaux étaient jonchés de détritus.

Il existe une variante de ce programme au niveau municipal : Adopt a Street. Cette photo a été prise à Austin. Le sigle KAB signifie Keep Austin Beautiful. À Austin, les groupes adoptent au moins un demi-mile de rue durant au moins deux ans et nettoient au moins quatre fois par année.