Tobermory, Ontario
Nous nous sommes levées vers 10h15 (!). Faut dire, à notre décharge, qu’une petite pluie a tambouriné sur le VR une partie de la nuit et que le chauffage m’a réveillée à plusieurs reprises. La nuit a cependant été moins froide qu’hier. Colette avait réglé le chauffage à 15 degrés de façon préventive.
Nous défaisons le lit pour monter la table à l’arrière. Je prépare le thé, le café et les toasts dehors et nous déjeunons à l’intérieur. Je continue mon roman policier et Colette consulte des cartes et des documents touristiques. Bref, nous savourons toutes les deux une de nos activités préférée.
Pendant que je gambadais autour de ce beau lac sablonneux dont les bords sont jonchés de belles roches calcaires plates, Colette explorait les autres sites de camping et en repérait un ou deux plus intéressants que le nôtre parce que plus proches de l’eau, mais finalement nous sommes restées au même endroit.
Nous sommes allées à Tobermory vers 16h00. Le centre d’accueil du parc marin venait de fermer. Nous sommes donc allées dans un petit café-resto très sympathique et nouvellement ouvert au village. Délicieuse soupe au poulet et surtout, internet sans-fil gratuit. Nous en avons profité pour alimenter notre blogue. Le texte a bien été publié, mais pas les photos. C’est peut-être le pare-feu du café-resto qui empêchait le transfert des photos.
Nous allons prendre le ferry vers l’île Manitoulin demain ou après-demain.
Lundi 28 mai (jour 6)
Tobermory – île Manitoulin
Le sentier est accidenté et très varié, passant sur des plages de grosses roches sur lesquelles il n’est pas toujours facile de marcher, dans le bois où en haut de falaises qui surplombent la baie. Il y a pas mal de couleuvres ici dans le parc. Nous les surprenons parfois alors qu’elles se chauffent au soleil. Elles se déplacent très vite. Vers 11h00, nous nous séparons. Colette retourne vers le stationnement et je continue. Le sentier devient encore plus accidenté dans la portion plus boisée.
C’est magnifique ce sentier qui pique à droite, à gauche, en bas, en haut et qui débouche tout à coup sur une baie de roches plates et d’eau turquoise. Je dérange des huards, ou du moins de gros oiseaux qui ressemblent à des huards. Nous expérimentons encore avec les walkies-talkies, mais, juste avant que je rebrousse chemin le contact ne se fait pas : le pic rocheux que je viens de contourner fait probablement obstacle.
Je suis à l’avant du bateau en ce moment, confortablement installée avec le laptop sur les genoux et droit devant, je ne vois que de l’eau! C’est comme une mer intérieure! Le ferry peut accueillir 618 passagers et 143 autos de taille standard. Il compte 42 membres d’équipage.
Ahhhh ! Première douche depuis six jours. Nous relaxons en pensant (un tout petit peu) à la journée de demain. Il y a en effet pas mal de choses à faire sur l’île : sentiers de randonnée, chutes, réserve indienne. Il y a sur l’île la seule réserve « non cédée du Canada » : Wikwemikong (la baie du castor). Les indiens Odawa n’ont pas signé en 1862 le traité qui cédait tous les territoires amérindiens au gouvernement canadien en retour de 100 acres de terre par famille et de la création d’un fonds dans lequel le surplus de la vente des autres terres de l’île serait déposé. L’île est habitée par des descendants des Odawa, des Ojibwe et des Potawoni.
Mardi 29 mai (jour 7)
Île Manitoulin
Colette me fait remarquer que ça fait maintenant un mois que nous sommes en congé. Un mois! Quel privilège! J’ai pensé plusieurs fois à mes collègues de travail depuis le début de la semaine, Colette également.
Nous quittons le camping d’Uncle Steve pour nous rendre à un sentier de randonnée nommé, je n’ai pas su pourquoi, Cup and Saucer. Ce sentier longe des falaises vertigineuses, hautes de 300 mètres et plus. Il est très accidenté sur quelques courtes distances, mais en gros, il longe
Au retour, j’ai hésité un peu, mais je me suis finalement engagée dans ce qui est annoncé comme « Adventure trail, very steep, at your own risk ». Je me suis essayée parce que cette portion du sentier ne fait que 0,5 km. Et j’ai adoré ça. C’est vrai que certains endroits sont très abrupts, mais le sentier est très bien aménagé et sécuritaire pour quelqu’un en forme. J’ai quand même sué pendant au moins 20 minutes pour parcourir ce demi-kilomètre qui longe le bas d’une paroi rocheuse : échelles de bois, passages rocheux s’approchant un peu de l’escalade, passages étroits. J’ai retrouvé Colette presque deux heures plus tard, le corps plein de sensations et le sourire fendu jusqu’aux oreilles : j’avais eu du fun!
Pour finir la journée en beauté, nous avons mangé du poisson local dans un restaurant de Little Current, un petit village à la sortie de l’île Manitoulin. J’ai pris du white fish et Colette du pickerel (walleye). Un vrai délice!
Nous restons sur l’Île Manitoulin, car je souhaite aller au Centre de santé de Wikwemikong. Il
Nous sommes toujours aussi enchantées du confort que nous procure Westy et de la rapidité avec laquelle nous nous installons et nous repartons d’un camping. Colette l’aime tellement qu’elle le photographie sous toutes ses coutures. Elle aime aussi les animaux, ce qui fait que nous avons au moins cinq photos d’un couple de bernaches avec leurs petits. Je dois insister un peu pour qu’une seule soit mise en ligne dans Picasa…
Mercredi 30 mai (jour 8)
Île Manitoulin - Parc provincial Chutes
Je me lève vers 7h00. Il a fait doux cette nuit : nous n’avons pas utilisé le chauffage. Je fais mes exercices d’assouplissement et d’étirement pendant près d’une heure dehors au son du clapotis du lac et des cris des bernaches qui entraînent leurs petits à avancer en file indienne. Les goélands sont de la partie aussi. C’est le bonheur de pourvoir ainsi prendre le temps dans des conditions idéales.
Vers 8h15 je téléphone au Centre de santé de Wikwemikong, je parle à un guérisseur traditionnel qui n’a pas l’air sûr de vouloir me rencontrer, mais qui m’accorde finalement un
Voici le lien vers l’entrevue qui a été publiée dans PasseportSanté.net
http://www.passeportsante.net/fr/Actualites/Nouvelles/Fiche.aspx?doc=2007081499
Nous quittons l’île Manitoulin en passant par Little Current. Nous mettons de l’essence et faisons une épicerie à Espanola.
Ce matin, Colette a rempli notre réservoir d’eau propre et nous profitons d’un terrain vague en arrière de la station d’essence pour vider notre eau grise. Ça prend évidemment deux tuyaux différents : le vert pour l’eau grise et le blanc pour l’eau propre. Colette exécute l’opération avec ses gants de travail et se trouve très sharp! Nous avons maintenant exécuté toutes les manœuvres relatives à notre VR. Nous savons comment faire fonctionner le frigo au gaz, à
Nous campons près de Massey, au parc provincial Chutes, qui comme son nom l’indique, abrite des chutes. Moins spectaculaire que la chute Bridal Weil, la principale chute n’en est pas moins agréable, car sa base la rivière se prélasse et on peut s’y baigner. Un groupe de jeunes en profite d’ailleurs. Le camping est presque désert. En revenant d’une petite promenade, je cueille de jeunes feuilles de pissenlit que je mange en salade quelques minutes plus tard. Nous savourons des côtelettes d’agneau avec un peu de vin. Comme nous avons aussi pris une Mike’s Hard Lemonade, nous sommes un peu « paffes ». Il fait chaud.
Nous nous endormons au son de la chute.
Jeudi 31 mai 2007 (jour 9)
Massey (Chutes) – Sault Ste-Marie : 256 km
Je me lève de bonne heure et je vais me baigner dans un méandre de la rivière non loin de la chute. L’eau est moins froide que celle de Bridal Weil. J’observe les oiseaux matinaux qui vaquent à leurs occupations et qui volent au ras de l’eau.
Colette est allée prendre une douche et donne 9 sur 10 aux installations sanitaires du parc. Après le déjeuner, nous faisons une petite randonnée dans le sentier des chutes. Il y en a sept dans le parc. Nous longeons la rivière qui dévoile des endroits magnifiques : lys des bois à profusion, méandres paresseux, rochers qui ressemblent à du bois séché, sentier tapissé d’aiguilles de pins. Nous méditons près d’une des chutes.
Nous partons vers 11h00, en direction de Sault-Sainte-Marie. La route est belle, car nous longeons le North Channel. Partout de petites baies sablonneuses ou recouvertes de petits galets. On s’arrêterait toutes les 10 minutes pour admirer et se prélasser au soleil! Il y a de fait, sur les routes de l’Ontario, de nombreux espaces aménagés pour une halte agréable : tables à pique-nique et toilettes bien entretenues.
Colette a préparé le souper avec un truc appelé Hamburger Helper, formellement interdit par ma religion. Vous savez, une préparation toute faite qu’on ajoute à du bœuf haché. Celui-ci s’appelle bœuf Stroganoff et même les pâtes sont fournies. Il faut aussi ajouter du lait. Comme le brûleur au propane que nous utilisons dehors n’a pas de réglage pour le mijotage, ce que réclame ce truc Stroga-machin, il faut le surveiller pour pas que ça brûle. À peu près 12 grosses mouches vertes se portent volontaires…
Je fais une grosse entorse à ma religion et je dévore mon assiette. C’est très salé, mais ça se mange, surtout que j’y ai ajouté un reste de piments verts cuits. Colette s’en tient à la version pas de légumes. Avec tout ça, nous nous couchons passé 23h00, ce qui est une mauvaise idée, parce que le lendemain matin, le train sifflera bien plus que trois fois vers 5h30 et suffisamment fort pour nous réveiller.
Vendredi 1er juin (jour 10)
Sault Ste-Marie – Parc Lac Supérieur : 141 km
Nous sommes un peu au ralenti après notre courte nuit. Il fait très chaud. Nous quittons le camping vers 10h30. À Sault-Sainte-Marie, de l’autre côté du pont qui enjambe la rivière Sainte-Marie, eh bien c’est Sault-Sainte-Marie, Michigan, USA. Curieux non, que les deux villes portent exactement le même nom francophone?
Nous allons à la galerie d’art Algoma annoncée à grands renforts de qualificatifs dithyrambiques dans la brochure de la ville. Il y a là deux expositions. Roberta Bondar, la première astronaute canadienne est originaire de Sault-Sainte-Marie est maintenant photographe. Ses œuvres sont magnifiques : http://www.artgalleryofalgoma.ca/pt3Exhibits.aspx?l=,1,230,643,712Il y a aussi une exposition d'une série de petites peintures faites en 2003 et en 2005 au Yukon par Nicole Bauberger et intitulée Listening to the Mountain . Elle a croqué les saisons qui changent et écrit ses réflexions au cours de plusieurs mois de camping dans ce lieu montagneux reculé. J’aime beaucoup et Colette aussi http://www.artgalleryofalgoma.ca/pt3Exhibits.aspx?l=,1,230,643,711
La beauté des paysages que nous traversons en direction du nord nous fait vite oublier cette mini-mésaventure. Nous longeons la Batchawana Bay, puis le Lac supérieur. C’est à couper le souffle. On se croirait au bord de la mer : il ne manque que l’odeur… Nous prenons de l’altitude et traversons des poches de brume. Il devait faire 28 degrés à Sault-Sainte-Marie, mais il n’en fait plus que 18 ou 20 ici.
Notre site est magnifique, mais le camping est situé tout près de la transcanadienne. Avec le refroidissement de température, nous dormirons les fenêtres fermées, ce qui atténue le bruit des véhicules.
Samedi 2 juin (jour 11)
Ce matin, Colette a entendu un bruit. C’était un peu sourd et régulier, comme un ballon qui rebondit au loin sur une surface dure. Après quelques minutes, je regarde dehors en pensant voir un enfant, mais non! Un gros pic-bois est perché sur un tronc d’arbre couché à moins de deux mètres de notre fenêtre. Il a la tête toute rouge et redresse ses plumes pour faire le coq de temps en temps. Nous le regardons attaquer le bois avec beaucoup de force.
Il doit avoir le cerveau bien accroché pour éviter les commotions cérébrales! Je le soupçonne aussi de faire des exercices de cou tous les matins et tous les soirs, vu qu’il n’y a ni ostéos ni chiros dans les parages… Nous l’aurions bien regardé très longtemps je pense, mais après cinq minutes, ce gros oiseau (pileated woodpecker) se fait chasser par un petit écureuil très territorial.
Nous passons un peu de temps au pavillon d’accueil qui abrite une exposition très bien faite sur les attraits du parc. Nos faisons quelques kilomètres sur la route afin de nous rendre à un sentier de randonnée appelé Pictographs. C’est un court sentier magnifique et escarpé qui aboutit dans une baie du Lac supérieur, au pied d’une falaise sur laquelle les indiens Odjiwés ont peint des animaux, des canots. Le Lac supérieur (Gi chi gamiing – grand lac) était un territoire habité par les Obdjiwés au moins 2000 ans avant que les colons arrivent avec leurs gros sabots. Des archéologues ont même daté des morceaux d’objets à 8000 ans avant JC!
Nous prenons la route et roulons durant 385 km. C’est moi qui conduit les 300 premiers kilomètres. La route est magnifique, bordée de rochers roses, ocres, de lacs, de baies majestueuses, de rivières, de ruisseaux. Ça rappelle un peu, par moments, le Cap Breton. Nous apercevons trois orignaux, dont un qui traverse la route environ 20 mètres devant nous. Nous faisons un arrêt au Canadian Tire de Marathon car nous avons constaté que nos phares de jours restent allumés même lorsque le moteur est coupé. Deux meccanos examinent le moteur, à la recherche du module défectueux. Ils le trouvent et le débranchent. En attendant d’aller chez le concessionnaire Dodge de Thunder Bay, il nous suffira d’allumer les phares pour être en règle.
Nous nous installons au Parc provincial Rainbow falls. Je pense enfin à poser la fameuse question concernant l’interdiction d’alcool et la fête de la Reine Victoria. J’ai un début d’explication qui ne me satisfait pas totalement, mais qui soulève un bon coin du voile. Cette règle a été mise en vigueur dans 28 pars provinciaux du sud de l’Ontario il y a environ cinq ans, après que des jeunes aient profité du long week-end pour camper dans les parcs, boire à profusion et devenir très dérangeants (rowdy).
Nous soupons dans le VR, because beaucoup de petites mouches. Maudit que c’est pratique cet espace confortable où nous pouvons lire, manger, écrire sur le portable, faire la vaisselle. Une petite pluie se met à tomber. Il est temps de penser à dormir, car il est 22h30.
Dimanche 3 juin (jour 12)
Parc Prov. Rainbow falls – Parc Prov. Sleeping Giant: 226 km
Colette
Premier matin de conduite sous la pluie. À Nipigon, la pluie cesse. Nous nous arrêtons au Centre d’information touristique. Françoise m’offre de prend un petit moment pour «arranger» L’essuie-glace côté chauffeur. Plus capable de le remettre en place… elle a brisé la «pinouche». Bon. Retourne à l’information pour l'adresse de notre ami fidèle : Canadian Tire. Nous sommes chanceuses, c’est dimanche et celui de Nipigon est ouvert. On y est. On achète un wiper de 19 pouces. Françoise tatônne un peu, je regarde les instructions et lui indique la façon de le poser. Ça va… mais après essai, il semble un peu court.
En chemin nous nous arrêtons au Canyon Ouimet. Le sentier mène à deux belvédères nous donnant une vue magnifique sur un canyon profond à donner un brin de vertige. On y voit une formation rocheuse ayant la forme d’une tête d’indien. De la route, le chemin sinueux menant au canyon fait 11 km. À certains endroits c’est très à pic. C’est sur la route du retour de ce sentier que nous voyons notre premier ours. Un bébé ours noir, en fait, sur le bord de la route. Contente de le voir quand je suis bien à l’abri…
Nous prenons le chemin pour le parc provincial Sleeping Giant (à environ 40 km à l’est de Thunder Bay). Sur le chemin du camping nous voyons plusieurs cerfs. Nous nous apercevrons plus tard qu’il y en a plein au camping… ils sont curieux et s’approchent de nous… pas besoin de passer la tondeuse sur les sites 148 à 160… ils y broutent l’herbe entre les départs et arrivées des campeurs. Ça a son charme de les voir si près avec leurs grandes oreilles et leur queue blanche, certains ont de petits bois de velours.
Le temps s’est éclairci… il fera beau demain.