jeudi 13 septembre 2007

De Prince Rupert à Prince George

Dimanche 9 septembre (jour 109)

Encore un lever tardif, vers 9h30. Il fait très beau. Une biche avec ses deux petits traverse une partie du camping, ce qui énerve les chiens de notre voisin, qui sont dans un gros VR. Après le petit déjeuner, nous remplissons notre réservoir d’eau et j’essaye encore une fois de trouver la source du bruit sous Westy, mais je ne vois rien qui branle. Avant de quitter le camping, nous envoyons un courriel au frère de Renée, qui habite près de Prince George, afin de vérifier si nous pouvons passer lui dire bonjour. Hier, nous avons choisi de ne pas aller aux Îles de la Reine Charlotte, territoire des indiens Haïdas : c’est un deuil un peu difficile à faire pour moi, mais le temps et l’argent nécessaire (il faut prendre un autre ferry) pour aller passer deux ou trois jours à cet endroit ne cadrent pas avec le reste du voyage.

Nous allons visiter le Museum of Northern British Columbia. Le bâtiment, construit comme les « longhouses » (habitations traditionnelles amérindiennes) est superbe et ses collections d’art amérindien, dont l’art Haïda sont magnifiques : masques, paniers, sculptures en argilite, etc. Avant de quitter Prince Rupert, nous piqueniquons avec vue sur la mer et le port et achetons un sous-plat et un poivrier sculptés de motifs amérindiens.

Nous nous arrêtons ensuite à quelques kilomètres de la ville pour marcher dans le sentier qui mène à Butze Rapids. Nous traversons une forêt humide spectaculaire avec ses grands arbres moussus. Le soleil arrive à peine à percer, tant ces arbres sont hauts et fournis : ils peuvent atteindre 70 mètres de haut! Il y a là des aulnes et des épinettes de Sitka. Aucun signe de l’automne ici, tout est vert. Les rapides Butze sont réversibles, car ils sont créés par les marées. Nous faisons une boucle de 5 km et ne cessons de nous extasier sur cette forêt impressionnante qui a l’air d’être enchantée : lutins, elfes et autres créatures magiques pourraient surgir derrière ces troncs énormes et ces souches gigantesques.

Nous prenons la route vers Prince George vers 18h00, c’est-à-dire pas mal plus tard que prévu. Les paysages sont superbes, car nous longeons le large fleuve Skeena et de l’autre côté de la route, il y a ces pentes abruptes et boisées. Nous nous arrêtons à Terrace vers 20h30. Nous mangeons un hamburger chez A&W et hésitons à aller plus loin pour camper : il y a un parc provincial 15 km plus loin, le camping municipal de Terrace et… le stationnement du WallMart. Finalement, ce sera le camping municipal. Il fait déjà nuit, nous ne voyons pas grand-chose, mais les sites sont spacieux. Le responsable du camping nous dit que des Québécois sont au camping : ils sont ici pour la récolte de champignons, qu’ils envoient directement au Québec.

Lorsque nous nous rendons aux toilettes pour nous brosser les dents, il fait nuit noire et le ciel est rempli d’étoiles. Il fait doux.

Lundi 10 septembre (jour 110)

Lorsque nous émergeons vers 9h00, il fait très beau et nous pouvons constater que le camping est très beau, avec ses grands sites boisés. Pour 14 $, c’est une aubaine. Nous allons déjeuner chez Tim Horton, puis nous reprenons la route pour quelques kilomètres. Nous nous arrêtons au parc provincial de Kleanza Creek pour aller admirer le canyon. Le sentier fait 2 km aller-retour et mène à un endroit tranquille au bord du torrent. Nous prenons le temps de méditer et de faire quelques exercices d’étirement au soleil.

Nous reprenons la route et nous arrêtons pour manger au bord d’un petit lac : Seeley lake. Nous mangeons une «salade estivale» composée par Colette : romaine, morceaux d’orange, lanières de poulet et vinaigrette à la poire (Choix du Président). Nous voyons des glaciers au loin et le lac est surplombé par un pic appelé Roche de Boule. Nous jasons avec un Québécois qui habite dans l’Ouest depuis longtemps. Dans le coin, il y a des mines d’or et il y a beaucoup de prospection en cours. La mine de Novagold à Galore Creek devrait commencer à extraire de l’or, du cuivre et de l’argent en 2012. Pour l’instant, une route de 120 km est en construction et elle comprendra un tunnel de 4 km de long. C’est une compagnie québécoise (!) qui a obtenu le contrat de la route.

Juste avant d’arriver à Smithers, notre étape du jour, nous nous arrêtons pour aller admirer les Twin Falls : deux chutes de 150 mètres qui sont alimentées par le glacier Kathlyn. Malheureusement, nos photos ne sont pas très bonnes, car le soleil avait déjà disparu derrière les montagnes.

Au centre d’information touristique nous nous renseignons sur les campings et les sentiers de randonnée. Nous allons ensuite faire une petite épicerie, entre autres pour acheter de la viande hachée, car nous voulons manger du spaguetti ce soir. Cette fois-ci, nous avons tous les ingrédients nécessaires et, une fois rendues au camping municipal, nous faisons une grosse quantité de sauce dont nous congelons la moitié. Colette se pourlèche les babines. Une petite conversation avec le responsable du camping nous permet de savoir qu’ici aussi les mines sont bien présentes, mais aussi le plantage d’arbres, ce qui attire chaque été des Québécois dans le coin.

Une fois la vaisselle faite, nous faisons le tri de nos photos des derniers jours et je mets ce journal à jour. Il est minuit, Colette dort depuis au moins une heure et demie.


Mardi 11 septembre (jour 111)

Ce matin, nous nous préparons pour aller faire une randonnée. Nous préparons notre lunch, chargeons le sac à dos de toutes sortes de choses (vêtements chauds, eau, lunch, jumelles, etc) et hop, en route vers le centre de ski. Mauvaise surprise, la route qui y mène est non seulement en gravelle, mais c’est la pire que nous ayons pris depuis le début du voyage. Plus planche à laver que ça, tu meurs. Une chance qu’elle ne fait que 8 km!

Une fois arrivées en haut, ça nous prend 20 minutes trouver le début du sentier, car il n’y a aucune indication. Après, ça va mieux : la vue est magnifique rapidement, car le sentier monte de façon abrupte au début. Nous traversons la prairie alpine déjà aux couleurs de l’automne puis, nous arrivons au Lac Crater après 90 minutes de marche. Ce petit lac est superbe et… glacial! La vue sur les montagnes Telkwa est imprenable : sommets, glaciers.

Nous mangeons notre lunch bien installées à l’abri du vent. Colette prend le chemin du retour, pendant que je continue pour me rendre jusqu’à un point de vue. Comme il n’y a aucune indication et pas de sentier tracé, car c’est très rocailleux, je tâtonne un peu pour finir par me rendre compte que je ne suis pas dans la bonne direction. Une chance que je vois bien, en bas, le sentier par lequel nous sommes montées : je le rejoins en coupant par la pente de rocaille, ce qui est très exigeant pour me genoux.

Colette communique avec moi par walkie-talkie. Elle pense avoir vu un ours, ce qui lui a donné des émotions fortes. Une chance qu’il a vaqué à ses affaires et ne s’est pas préoccupé d’elle. Elle voit ensuite un cerf. De mon côté, je ne verrai pas d’animaux et je la rejoindrai une heure plus tard. Nous prenons la route et nous arrêtons dans un parc provincial superbe, au bord d’un lac. Comme il y a des douches, ce qui est rare dans un parc provincial, nous en profitons, car la randonnée nous a donné chaud et nous a fatiguées. Nous mangeons avec appétit le restant de spaghetti et hop, au lit! Nous entendons les huards sur le lac.

Je me réveille au milieu de la nuit pour un pipi : le ciel est si étoilé, que ça me donne le vertige!

Mercredi 12 septembre (jour 112)
Je me lève de bonne heure et je vais marcher au bord du lac qui émerge à peine de la brume matinale : de gros huards sont tout près du bord. Ils plongent avec grâce dans l’eau et se déplacent rapidement. Il y a aussi des canards sur le lac et des merles d’Amérique qui picorent sur la rive. L’endroit est paisible et nous prenons le temps de méditer après le petit déjeuner. Il fait très beau, mais frais ce matin : la nuit a été froide.

Nous voilà en route vers Vanderhoof, un village d’environ 5000 habitants, où habite le frère de Renée. Le paysage change graduellement et les montagnes laissent place à des collines et à la plaine. Nous passons un énorme moulin à scie : l’industrie forestière est très active ici, et d’autant plus que la forêt est infestée par le dendroctone du pin : pour ne pas perdre tout le bois, il faut donc couper en cinq ans ce qui aurait du être coupé en plusieurs dizaine d’années! Avis aux intéressés : ils cherchent de la main d’œuvre à 23 $ de l’heure.

Nous arrivons à Vanderhoof vers 14h30, après avoir franchi le cap des 18 000 km depuis notre départ. Nous apprenons au Centre d’information touristique qu’en plus de la foresterie, les mines et l’agriculture (élevage notamment) font aussi partie des ressources du coin. Vanderhoof est également connu pour ses 43 églises, ce qui en fait l’endroit où le ratio église/habitant est le plus élevé au monde. La sympathique personne du Centre d’information nous précise tout de même que seulement 1 600 personnes ont déclaré appartenir à une communauté religieuse. Bref, il ne faut pas trop se fier aux apparences, mais, Gérald, le frère de Renée nous dira plus tard que ces 1 600 personnes sont probablement des personnes TRÈS pratiquantes.

Comme la connexion internet est très bonne au camping, j’en profite pour mettre notre blog partiellement à jour, puis vers 17h00, nous nous pointons chez nos hôtes. Gérald habite à Vanderhoof avec Nathalie, sa femme et ses quatre enfants depuis sept ans. Il est professeur de langue et elle donne des cours de piano, en plus de voir à la bonne marche du quotidien familial. C’est le chantier chez eux, car ils sont en train de construire une grande rallonge en avant de la maison. Nous mangeons un bon repas avec eux et ils ont bien des choses à raconter : ils n’ont pas souvent de visiteurs avec qui ils peuvent parler français! Nous retournons au camping vers 22h30 avec des croissants maison de Nathalie.

Jeudi 13 septembre (jour 113)

La nuit a été frisquette : la propriétaire du camping me dit qu’il faisait – 2,6 ºC ce matin. Le gazon est en effet encore un peu givré. Après le petit déjeuner, Colette prend une bonne douche chaude pour se réchauffer les os, puis nous faisons un lavage, pendant que nous répondons à nos courriels.

Vers 12h30, nous allons chercher Nathalie, car nous l’avons invitée à manger au restaurant avec nous. Une bonne jasette entre femmes nous permet de mieux nous connaître. Après ce bon repas, nous allons laver Westy, qui est plein de bibittes écrasées. Ouf, ça prend un bon bras pour passer le savon, la brosse, puis rincer le tout avec le jet sous pression!

Nous prenons la route vers Prince George, qui est à 95 km de là. Un petit tour dans la ville d’environ 80 000 habitants nous permet de nous repérer. Avant d’aller nous installer au camping, nous allons au Centre d’information touristique et nous faisons une épicerie. Le camping est bien organisé et propre, mais il est très près de la grand-route et il y a pas mal de circulation. Je continue à mettre le journal et le blogue à jour, car j’ai accumulé du retard. Dodo vers 22h30. Note : nous avons changé de côté de lit : je dors maintenant du côté de la porte arrière pour que Colette soit plus au chaud la nuit.

Vendredi 14 septembre
(jour 114)

Une autre nuit froide. Colette, qui dort toute recroquevillée la nuit en réaction au froid, a une épaule douloureuse et des tensions dans le dos. Je fais plusieurs appels téléphoniques pour essayer d’obtenir un rendez-vous pour un massage, et, finalement, je tombe sur quelqu’un qui a de la place pour nous deux aujourd’hui! Il y a décidément beaucoup de chiens qui campent avec leur maître et certains ne restent pas sous la table comme le montre cette photo.

Nous déjeunons, nous vidons notre réservoir d’eau grise et nous rendons chez la massothérapeute pour midi. J’écris ce journal pendant que Colette est à son rendez-vous et j’attends mon tour avec impatience, car moi aussi j’ai une épaule sensible et le dos tendu. La masso placotte de tout et il n’en faut pas long pour que nous en apprenions sur sa famille et ses activités. D’un élan généreux, elle remet à Colette un contenant de crème pour appliquer sur son épaule les prochains jours et tant qu’à y être un pot de saumon mariné et un pot de compote de pomme, tous les deux faits maison!

Mais ce n’est pas fini! Lorsque je sors de mon massage, qui m’a fait beaucoup de bien, Connie me donne du pain de grains entiers fait par un boulanger du coin, du bœuf haché congelé produit par une ferme locale, de la salade…

La masso (Connie Erickson) placotte de tout : famille, activités, voyages. D’un élan généreux, elle remet à Colette un contenant de crème pour appliquer sur son épaule les prochains jours et tant qu’à y être un pot de saumon mariné et un pot de compote de pomme, tous les deux faits maison! Mais ce n’est pas fini! Lorsque je sors de mon massage, qui m’a fait beaucoup de bien, Connie me donne du pain de grains entiers fait par un boulanger du coin, du bœuf haché congelé produit par une ferme locale, de la salade…

Nous nous arrêtons pour une pause repas au parc Connaught Hill. Au menu, salade de laitue romaine, tomates et fromage feta : miam! Les arbres sont magnifiques : hauts et droits, ils dominent la ville. Il y a un jardin de fleurs aussi et c’est très relaxant d’être à cet endroit. Il faut beau et chaud. Nous allons faire un saut à la bibliothèque pour vérifier nos messages, puis prenons la route vers 17h45.

Je prends le volant, chose que je n’ai pas faite depuis plusieurs jours. Colette aime toujours autant ça conduire, mais quand elle est fatiguée, elle me laisse le faire : la conduite est répartie environ ¾ - ¼ . À peu près à 20 km de Prince George, un ours traverse la route. Lorsqu’il nous entend arriver, il se met à courir. Quelle puissance et quelle vélocité : il ne sert vraiment à rien de courir pour se sauver devant un ours!

À 100 km de Prince George, nous campons au parc provincial de Ten Mile Lake. Les sites sont superbes, privés et entourés de grands arbres, mais il commence déjà à faire noir. Je fais cuire des filets de sole dehors, à la brunante. Le fond de l’air est frisquet. Souper, vaisselle, lecture et hop, sous les couvertes, heu, non dans les sacs de couchage…

mercredi 12 septembre 2007

Le Inside Passage en ferry (Alaska)

Jeudi 6 septembre (jour 106)

Nous sommes debout à 6h45 et, après un petit déjeuner rapide, nous préparons nos bagages : en plus de notre linge, nous avons besoin d’un peu de vaisselle, de provisions, de bouteilles d’eau glacée pour garder notre petite glacière bien froide le plus longtemps possible et du laptop. Une chance que la cabine que nous avons louée fournit la literie et les serviettes.

Comme nous sommes organisées et très prévoyantes en ce qui concerne notre estomac, nous préparons aussi deux sandwichs au jambon pour calmer notre faim durant le temps d’attente avant l’embarquement. Colette a même le temps de faire une mise à jour en mettant en ligne les photos prises lors de notre excursion dans la baie Northwestern.

J’ai évidemment aussi prévu d’apporter des capsules de gingembre, du gingembre confit et des granules homéopathiques contre le mal de mer. Nous avons même commencé à prendre ces granules hier, pour prévenir ce malaise très désagréable.

Nous arrivons au terminal vers 9h00, quelques minutes avant que le ferry arrive en provenance de Skagway. Nous attendons patiemment notre tour d’embarquer en regardant les autres véhicules récréatifs autour de nous. Nous grignotons notre sandwich parce que nous avons faim, mais aussi pour être sûres d’avoir l’estomac plein, ce qui est une autre façon d’éviter le mal de mer.

Une fois stationnées dans la soute du ferry, nous sortons nos nombreux bagages de Westy et allons chercher la clef de notre cabine. Celle-ci compte deux lits superposés, un petit bureau et une salle de bain avec toilette et douche. Nous n’avons pas de fenêtre, car toutes les cabines avec fenêtre étaient prises lorsque nous avons réservé.

Nous explorons l’intérieur et l’extérieur du bateau. Il fait gris, il pleuviote et c’est frais. Nous nous réfugions dans la grande salle à l’avant du bateau (observation lounge). C’est dommage que le temps soit si gris, car le paysage autour est caché par les nuages. Nous voyons deux baleines, mais nous ne pouvons les observer que rapidement, car le ferry avance vite.

Nous mangeons notre délicieux plat de riz, crevettes et légumes dans la salle à manger, puis nous allons voir un film : A Good year, avec Russel Crowe, basé sur un roman de Peter Mayle. Le film est moyen, mais divertissant. Je fais la sieste pendant que Colette lit, puis, devinez quoi? C’est le temps de souper! Nous mangeons une soupe aux tomates en boîte avec des biscuits, du pain et de la Vache qui rit. Colette prend une portion de frites pour compléter le tout et je l’aide un peu à les manger. Nous allons voir un autre film : Spider Man 3. Le scénario est nul et les acteurs, peu convaincants. Seuls les effets spéciaux sont dignes de mention.

Nous nous couchons de bonne heure pour profiter du confort de notre cabine.

Vendredi 7 septembre (jour 107)

Après une bonne nuit de sommeil, que faire? Déjeuner, bien sûr! Colette achète des toasts et un café et nous complétons avec nos provisions : camembert, Vache qui rit et pain. Nous faisons ensuite une liste de nos dépenses personnelles depuis le début du voyage, car Colette veut noter les différents souvenirs qu’elle a achetés jusqu’à présent.

Nous regardons un autre film, mais cette fois-ci dans notre cabine et sur notre laptop : The King’s men, avec Sean Penn et Jude Law. Intéressant : ça raconte l’ascension d’un gouverneur de la Louisiane dans les années 1950.

Comme il est déjà 14h00, il est grand temps de manger. Deuxième service de notre plat de crevettes, avec bâtonnets de carottes en entrée. Petite vaisselle dans le petit lavabo de la petite salle de bain. Et nous voilà à l’avant du bateau : je mets à jour ce journal de voyage pendant que Colette écoute de la musique avec le iPod. Seule ombre au tableau, le temps toujours gris, brumeux et pleuviotant qui nous empêche de bien voir le fameux Inside passage, composé d’étroits passages entre des bandes de terre, souvent montagneuses.

À 18h15, le ferry arrive à Petersburg, pour un arrêt d’environ 45 minutes. Nous allons prendre une courte marche sur le plancher des vaches. À chaque fois que le ferry fait escale (cinq ports entre Haines et Prince Rupert), il y a un « car deck access », ce qui signifie que les passagers ont accès à leur véhicule. Il y en a aussi un ou deux dans la journée, notamment pour les personnes qui ont des animaux à bord : chiens ou chats.

Comme il y a de l’agneau au menu du restaurant du bateau ce soir, nous en prenons une assiette que nous partageons : c’est bon! Nous nous retirons ensuite dans nos quartiers pour regarder un autre DVD. Nous revoyons avec plaisir le film The Mandchourian Candidate, avec Denzel Washington et Meryl Streep.

Samedi 8 septembre (jour 108)

Nous nous levons tard, après une autre bonne nuit de sommeil. Il faut dire que sans hublot vers l’extérieur on pourrait dormir toute la journée ! Une autre journée très grise. Nous nous remontons le moral en prenant un petit déjeuner chaud vers 10h00 : pain doré pour Colette et crêpe pour moi. Nous observons quelques baleines, dont une qui a un comportement étrange : nous la voyons pendant quelques minutes sortir sa queue de l’eau et taper à la surface, comme si elle avait la tête prise dans quelque chose et qu’elle voulait se libérer.

Nous profitons d’un « car deck access » pour transférer une partie de nos bagages dans Westy.
Le gros ferry se faufile lentement dans des passages étroits. Avant d’arriver à Prince Rupert, le capitaine nous signale la présence du dernier phare habité dans le Inside Passage : il est situé sur une île. Tous les autres phares sont automatisés. Nous prenons notre dernier service de riz aux crevettes et légumes. Nous avons pu le conserver au froid dans notre glacière, car j’ai pu remplir des contenants de glace, grâce à la machine à glace du bateau, qui sert pour les boissons gazeuses.

Nous arrivons à Prince Rupert à 13h00, heure de l’Alaska, 14 heures, heure de la Colombie-Britannique. Le temps de sortir du bateau et de passer la douane canadienne (douanier charmant), il est 15h00. La photo ci-contre montre comment les douaniers se sont adaptés au passage des énormes VR : rigolo!

Nous nous rendons au centre d’information touristique de Prince Rupert, flânons dans un magasin ou deux. Le temps s’est éclairci et il fait presque beau maintenant. Nous allons faire une grosse épicerie, achetons de la Mike’s et du vin rouge, puis allons nos installer au seul camping de Prince Rupert. Endroit agréable avec unétang et bordé par un boisé. Nous dévorons un poulet cuit et buvons du vin rouge. Ce Naked Grape est très bon : fruité et un peu astringent, à 8,79 $, c’est une affaire! Je suis un peu « guerlot » (Colette me trouve pas mal drôle), mais assez lucide pour aller vérifier nos courriels. Il y a un accès internet sans fil dans le camping, mais comme nous sommes loin de la source, je monte la côte et je m’assois sur une chaise dehors.

Après un peu de lecture, nous éteignons la lumière.

D'Anchorage à Haines

Dimanche 2 septembre (jour 102)

Extrait du journal de la veille
Il est 21h30 lorsque nous sortons du cinéma. Nous nous rendons au camping Golden nugget où nous nous étions installées lors de notre précédent séjour à Anchorage. Le bureau est fermé pour la fin de semaine. Nous vérifions nos courriels et nous allons nous coucher en nous disant que si nous nous réveillons de bonne heure, nous pourrions partir dans payer, ni vu ni connu. Nous mettons donc le réveil à sonner à 5h50.

Colette se réveille à 4h30 parce qu’elle a faim, ce qui me réveille. Nous prenons une douche et faisons notre lavage. Pendant que la laveuse et la sécheuse officient, nous faisons le tri des nombreuses photos prises durant l’excursion à Northwestern bay. Nous quittons le camping vers 6h45 sans avoir croisé personne et allons déjeuner chez McDo. Hum, je ne sais pas pourquoi j’ai cru un instant que ce serait acceptable. Curiosité locale : ce McDo a un petit salon avec sofas en cuir et cheminée. Ils offrent aussi un McKinley burger (même chose qu’un big mac avec une sauce différente).

Pendant que j’écris ce journal de voyage, Colette fait un petit somme en attendant que la Ulu Factory ouvre, car elle veut y acheter des étuis pour les ulus que nous avons achetés la dernière fois. Nous pensions partir tout de suite après ces achats, mais finalement nous irons faire un tour à un marché en plein air où plusieurs artisans sont présents. Résultat : nous quittons Anchorage vers midi.

Toute l’après-midi, le paysage sera époustouflant : hautes montagnes, glaciers, rivières. Nous nous arrêtons à plusieurs endroits pour prendre des photos et pour admirer la vue : la Glenn highway est, après la Dempster, la route la plus spectaculaire que nous ayons parcourue. À partir de Palmer, elle longe la spectaculaire rivière Matanuska et permet d’admirer quatre chaînes de montagnes : Alaska range, Chugach moutains, Talkeetna mountains et Wrangell-St Elas mountains. Nous faisons une halte pour admirer le glacier Matanuska. Le sentier que nous empruntons affiche les couleurs et les odeurs de l’automne : avec le beau temps chaud que nous avons eu à Homer et Seward où tout était encore vert, cette transition nous surprend.

Comme nous sommes réveillées depuis 4h30, nous décidons de nous arrêter assez tôt, soit vers 17h00. Nous nous installons dans un petit camping à Glennallen et nous couchons de bonne heure.

Lundi 3 septembre (jour 103)

Nous quittons le camping vers 9h00, après un petit déjeuner avec toasts sur les braises. Le temps est couvert avec quelques percées de soleil. Nous repassons à Tok où se trouve le Sourdough campground où Colette avait brillamment réussi un mois plus tôt à lancer une crêpe dans un seau. Elle va vérifier si la photo des champions de cette soirée a été affichée, mais elle revient déçue : les photos sont affichées jusqu’au 3 août et nous étions passées le 7 août… Nous dînons dans Westy puis reprenons la route.

Nous passons la frontière à Beaver Creek : la douanière, est accueillante et chaleureuse. Nous voici donc de retour au Canada, pour moins de 24 heures cependant puisque, à cause du découpage géographique bizarre dans ce coin, nous devons passer par là pour retourner en Alaska pour prendre le ferry jusqu’en Colombie-Britannique : c’est plus facile à comprendre si vous avez une carte. De plus, il ne faut pas oublier de changer l’heure : l’Alaska a une heure d’avance sur le Yukon.

Au Centre d’information touristique, nous parlons en français avec Gisèle Hébert, originaire de Sorel. Elle apprécie beaucoup sa vie ici : le rythme est plus mollo. Beaver Creek compte 80 habitants. Elle travaille l’après-midi au Centre touristique et le matin au motel en face. À Beaver Creek, elle n’est pas la seule à avoir deux jobs à temps partiel : par exemple, une femme est responsable de la banque deux jours par semaine et de la poste, les trois autres jours. Même bâtisse avec comptoirs distincts pour la banque et la poste. Nous échangeons aussi avec un sympathique couples d’Ontariens qui nous posent des questions sur notre véhicule.

Nous campons quelques kilomètres plus loin à Snag lake. C’est un tout petit camping gouvernemental, au bord d’un petit lac. Il fait très beau lorsque nous arrivons et nous sommes bien décidées à nous faire un bon souper : au menu, spaghetti à la viande de bison que nous avons sortie du congélateur ce matin. Nous nous apercevons cependant que nous n’avons pas de sauce à spaghetti. Comme nous n’avons pas non plus de spaghetti ( !), nous revoyons notre menu : ce sera des hamburgers de bison. Comme le bois est gratuit ici et qu’il est bien sec, je fais un bon feu et fais cuire les hamburgers sur la braise. Miam!

Nous veillons un peu autour du feu. Nous allons admirer le lac sous la lumière du soleil couchant : il n’y a pas un souffle de vent et l’eau est comme un miroir dans lequel se reflète le paysage environnant. Nous échangeons avec de sympathiques Allemands qui explorent le Yukon et l’Alaska. Le ciel est complètement dégagé et la nuit s’annonce fraîche : nous enfilons une couche supplémentaire avant de nous coucher et je mets ma tuque (Colette porte sa tuque toutes les nuits depuis que nous sommes en Alaska).

Mardi 4 septembre (jour 104)

Lorsque je me lève pour aller faire pipi vers une heure du matin, le ciel est plein d’étoiles. Je me rendors facilement, mais lorsque nous émergeons, il a fait autour de 5ºC dehors et 7ºC dedans. Comme le chauffage ne fonctionne plus, car nous avons épuisé notre batterie auxiliaire, nous démarrons le moteur. Le temps de nous habiller et de prendre quelques photos du lac qui émerge du brouillard, nous prenons la route sans déjeuner vers 8h30.

Nous nous arrêtons une heure plus tard pour déjeuner au bord du lac Pickhandle. Après avoir mangé des grill-cheese garnis de minces tranches de pommes, nous observons des rednecked grebes (grèbes jougris). Je me suis aussi un peu promenée près du lac et j’ai cueilli des canneberges sauvages.

Colette est au volant et la route est pas mal bondissante. Il lui faut souvent ralentir pour éviter que Westy et son contenu soient trop bousculés. Les paysages sont très beaux, agrémentés de couleurs automnales. Nous voyons une femelle orignal qui broute dans un étang et un ours noir qui traverse la route. Nous croisons très peu de monde et il y a très peu de services sur cette route. Dès que nous le pouvons, nous nous arrêtons pour téléphoner afin de réserver le ferry qui va de Haines (Alaska) à Prince Rupert (Colombie-Britannique). Il y a de la place dans le ferry de jeudi, ce qui fait bien notre affaire.

Nous dînons à Haines Junction, où se trouve le Centre des visiteurs du parc national de Kluane. Comme nous devons prendre le ferry après-demain et qu’en plus le temps est brumeux et pluvieux, nous n’explorerons pas ce parc. Le peu que nous en voyons en le longeant est magnifique, mais considérablement masqué par de gros nuages très bas. Ça ressemble un peu à la Dempster Highway au nord de Dawson city : hautes montagnes, moyennes montagnes, végétation basse. Nous longeons le lac Kluane sur plusieurs kilomètres : il est vert aqua et immense.

L’état de la route s’améliore et nous sommes moins secouées. Nous retraversons la frontière américaine environ 70 km avant Haines. C’est fou comme les douaniers américains sont froids et à la limite du désagréable. Le paysage change radicalement : la route est maintenant bordée de grands arbres et surplombée par des pentes abruptes : nous sommes dans une forêt humide côtière. Nous longeons la large rivière Chilkat pendant des kilomètres. À l’automne des milliers d’aigles à tête blanches viennent y « pêcher » le saumon qui vient y frayer.

Nous soupons au restaurant à Haines, village côtier et une des étapes du ferry de la Alaska Marine Highway, qui dessert le Inside passage jusqu’à Prince Rupert. Il pleut, les nuages masquent une partie des montagnes qui entourent la baie. Nous nous installons dans un camping avec électricité et douches et internet sans fil (Wifi).

Mercredi 5 septembre (jour 105)

Il fait gris et il pleuviote lorsque nous nous réveillons et il en sera ainsi toute la journée. Nous prenons une bonne douche avant de déjeuner. Je réponds à plusieurs courriels et je fais un peu de recherche sur deux personnes pour préparer une possible entrevue à Vancouver et une autre à Victoria.

Nous allons au terminal du ferry pour nous enregistrer pour le départ de demain. Nous allons ensuite observer les aigles à tête blanche près de la rivière. Environ 200 aigles sont des résidents permanents à Haines et, à l’automne, lorsque le saumon vient frayer, ils sont 3000 à venir festoyer.

Nous allons faire un petit tour en ville pour un dernier tour dans une boutique de souvenirs en Alaska. Nous faisons une épicerie en prévision de notre périple en ferry de deux jours et demi. Colette prépare la salade tomates, feta, saumon que nous allons manger pour souper et fait cuire du riz basmati pour le plat de résistance que nous allons apporter sur le ferry (il y a un four micro-ondes à bord). De mon côté, je fais cuire les légumes et les crevettes qui accompagneront le riz. Nous avons bien calculé notre coup, car notre frigo sera vide demain avant d’embarquer dans le ferry : en effet, le propane doit être fermé durant la traversée et puisque Westy ne peut pas être branché et cela épuiserait la batterie auxiliaire alors le frigo ne marchera pas.

Après souper, il est passé 21h00, Colette se couche et je mets notre blogue à jour, du moins jusqu’à notre départ de Seward vers Anchorage.