jeudi 30 août 2007

Le sud-ouest de l'Alaska : mer, montagnes et glaciers

Jeudi 23 août (jour 92)

Après une bonne nuit de sommeil, nos mésaventures d’hier nous semblent moins graves. Nous partons vers 11h30 vers Homer, une petite ville complètement au sud de la péninsule de Kenai En chemin, nous prenons un auto-stoppeur qui nous semble sympathique. Martin est un Suisse-Allemand qui voyage au Yukon et en Alaska depuis le mois de juin et qui prévoit retourner chez lui en septembre. Beau genre pour mes filles, mais elles sont en amour ailleurs.

La conversation est intéressante et la route très belle. Ça nous prend environ quatre heures et demie pour arriver à Homer, avec un arrêt pour manger une bonne salade au saumon frais dans Westy. En arrivant, nous voyons la mer pour la première fois depuis le début de notre voyage. C’est impressionnant.

Nous décidons de coucher dans un bed and breakfast pour deux jours, d’une part pour fêter nos trois mois de voyage, d’autre part, parce que le temps est maussade et très humide. Comme Homer est une destination touristique très prisée, les prix sont assez élevés et les places limitées. Nous optons donc pour le Halcyon Heights (Colette vous a envoyé le lien), un endroit cosy et luxueux, qui offre une vue superbe sur la baie et les glaciers, lorsque le temps est dégagé.

Nous nous installons, nous jasons un peu avec nos hôtes, puis nous allons manger notre délicieux restant de riz, légumes et dinde dans Westy. De retour dans la chambre, Colette regarde la télévision en zappant parmi les dizaines de canaux. Pendant qu’elle prend un long bain et une douche, je regarde un documentaire fascinant à CNN au sujet de différents preachers américains qui influencent leurs disciples sur le plan politique. Certains les encouragent à voter pour des candidats qui soutiennent Israël, qui sont contre les cours d’éducation sexuelle à l’école, contre le mariage entre conjoints de même sexe et qui sont convaincus que l’homme a été créé par Dieu.

Je vous passe les détails, mais la façon dont ces hommes et ces femmes s’appuient sur la bible comme la Seule Vérité Possible (Darwin n’a rien compris selon eux) me met vraiment mal à l’aise. Mais ces gens ont un réel pouvoir et font beaucoup de lobbysme. Qui sera le prochain président des Etats-Unis? Le vote chrétien pourrait être déterminant.

Vendredi 24 août (jour 93)

Nous prenons notre petit déjeuner vers 8h30, avec une vue superbe sur la baie : le temps n’est pas complètement dégagé, mais suffisamment pour voir les pics et les glaciers de l’autre côté de la baie. Nous parlons avec les propriétaires : ils ont acheté cet endroit l’année passée de quelqu’un qui tenait le B&B depuis 19 ans. Lui a bourlingué pas mal et fait plusieurs métiers (armée, informatique, professeur) et elle est une Canadienne d’origine chinoise, arrivée à Vancouver il y a seulement 10 ans.



Je réserve une excursion en kayak pour demain, puis nous allons à un belvédère situé plus haut dans la colline : la vue est spectaculaire, car malgré un plafond nuageux, il y a un peu de soleil qui éclaire les glaciers. Nous descendons en ville. Nous achetons une bâche, car nous avons oublié la nôtre dans un camping à Fairbanks. Nous allons manger dans un restaurant local : soupe au bœuf et légumes pour moi et assiette de rôti de bœuf pour Colette. Je fais ensuite réparer mon verre de lunette qui est tombé après que je me sois assise dessus…

Nous nous rendons au « Spit », une étendue de terre étroite qui s’avance dans la baie. Pour la première fois depuis le début, nous sentons l’odeur de la mer. Le temps s’est éclairci et, au risque de me répéter, la vue sur la baie et les glaciers est fantastique. Nous nous promenons à pied près du port de plaisance et entrons dans différentes boutiques d’art : sculptures en pierre à savon, en os de baleine, en ivoire de lion de mer, etc.

Nous retournons à notre B&B vers 17h00 et je prends le temps de mettre le journal de voyage à jour, pendant que Colette regarde avec beaucoup d’intérêt une émission de plan, rénovation et décoration de maison. Je prépare mon lunch pour mon excursion de kayak demain. Nous relaxons et profitons de toutes ces commodités et de cette soirée confortablement installées. Dodo vers 23h15.

Samedi 25 août (jour 94)

Nous nous levons tôt pour rassembler nos effets et déjeuner à 8h00. Nous quittons le B&B à 8h30 pour nous rendre directement au point de départ de l’excursion.

Colette : Il fait plein soleil sur la baie et la colline. Le ciel est bleu comme nous ne l’avons pas vu depuis longtemps. Je reste là, sur le spit, à marcher sur la grève, à regarder les bateaux passer et apprécier le soleil. Je fais plusieurs croquis et me décide à aller manger une chaudrée de palourdes au resto pas loin. Vers 14h30… le temps change ! La brume couvre tout le rivage. On n’y voit qu’à 50 pieds devant soi. Je quitte cet endroit pour faire un petit tour et me rend à nouveau au centre d’information pour des précisions sur les sentiers accessibles dans les environs. Il fait si beau que je ne souhaite pas m’enfermer au musée. Cette visite sera pour demain ou un autre jour. Il y a aussi le centre marin qui semble valoir le détour… mais je préfère retourner au spit et y respirer l’air salin. C’est samedi… et il y a plein d’animation. Lecture, marche et farniente sont à mon programme jusqu’au retour de Françoise.

Françoise : L’excursion commence par la traversée de la baie de Kachemak en bateau-taxi. Lorsque nous arrivons de l’autre côté (Peterson bay), on nous fait une démonstration de comment pagayer adéquatement (ç’a l’air si simple quand c’est lui qui le fait…), comment diriger le kayak et de quoi faire si jamais on se retrouve le bec à l’eau. En gros, faut se grouiller d’en sortir, parce qu’elle est frette : plusieurs glaciers se déversent dans cette baie… Le temps est superbe et il n’y a quasiment pas de vent, ce qui me rassure, car je n’ai aucune expérience en kayak de mer.

Pour faire du kayak au sec, il faut commencer par mettre une jupe qui s’adapte à l’ouverture, puis enfiler un gilet de sauvetage. Il faut ensuite embarquer dedans, ce qui n’est pas évident lorsqu’on est sur un quai (une chance qu’ils tiennent le kayak !), ajuster la jupe et vogue moussaillon! Nous sommes six plus Aimie, notre guide. Deux kayaks doubles avec des Hollandais dedans, trois kayaks simples : la guide, un Américain et moi-même, un peu stressée de partir ainsi à l’aventure pour une journée.

J’essaye d’apprivoiser la technique de pagayage, mais ce n’est pas toujours évident : bien que le système de direction soit très simple : pousser le pied droit pour aller à droite, je suis parfois mêlée ou je pousse trop fort, ce qui demande une correction de trajectoire. Une chance que le rythme de l’excursion est très relaxe.

Dès le début, nous voyons un aigle à tête blanche. C’est un animal imposant et, une fois repéré, facile à observer, car il reste perché sur son arbre. En revanche, prendre une photo quand on est en kayak, c’est pas de la tarte. Il y a bien une petite poche dans le gilet de sauvetage, mais même avec un appareil accessible, il faut être prudent. D’abord, en kayak, il ne faut pas se pencher sur le côté, ni faire de mouvements brusques. Et puis, même quand tu es arrêtée, le kayak bouge un peu sur l’eau, il y a la pagaie, etc. Bref, j’ai pris toutes les photos sans trop savoir ce que ça allait donner, parce que je dois à chaque fois remettre l’appareil à dans la petite poche, et reprendre la pagaie pour rester avec le groupe.

Notre guide nous emmène explorer la China Poot bay. Après environ une heure et demie, plusieurs de mes muscles rouspètent, mais je sens que je pagaye un peu mieux et j’apprécie la beauté de cet endroit : l’eau est verte, le temps est calme et au beau fixe, les montagnes et les glaciers nous surplombent à l’horizon. Nous nous arrêtons pour manger dans une petite baie. Nous reprenons nos pagaies et observons d’autres aigles à tête blanche et deux ou trois phoques. Mes poignets et mes avant-bras se demandent parfois s’ils vont survivre à cette excursion, mais voilà que nous nous arrêtons pour prendre une marche jusqu’à un point de vue. En revenant, je demande à Aimie combien de temps nous devrons pagayer avant de rentrer : environ une heure tranquillement me dit-elle, ce qui me rassure.


Au cours de cette dernière étape, nous pourrons observer une loutre de mer (un mâle) faire la sieste à la surface de l’eau. Il a enroulé une grosse algue tubulaire autour de lui pour ne pas dériver et il est confortablement allongé sur le dos, les pattes et la tête hors de l’eau : c’est craquant! Ces animaux mangent un quart de leur poids chaque jour (ils pèsent entre 60 et 70 livres) : crabes, huîtres, moules, palourdes, pieuvres, etc. Ils passent beaucoup de temps à entretenir leur fourrure.

Nous revenons à Homer vers 18h00 et je rejoins Colette qui est stationnée tout près. Nous nous installons dans un camping sur le spit, face à la mer : c’est pas donné (37 $ avec l’électricité), mais il fait si beau que ça nous tente de nous coucher et de nous réveiller au bord de l’eau. Pendant que Colette prépare le souper, je prends une douche. Je n’ai pas sué durant cette journée, mais l’eau chaude fait du bien à mes muscles endoloris par l’effort inhabituel. Je me demande comment je vais me réveiller demain…

Nous arrosons notre souper de pâtes au pesto avec un bon rosé bien frais. Le temps s’est rafraîchi. Nous sortons admirer le coucher de soleil, nous lisons et je n’ai aucune difficulté à m’endormir.

Dimanche 26 août (jour 95)

Je me réveille de bonne heure et lorsque je vois qu’il va faire beau, j’enfile mes vêtements par-dessus mon pyjama et je vais faire un tour dehors pour voir le soleil apparaître par-dessus les montagnes. Je vois partir plusieurs petits bateaux qui emmènent les touristes à la pêche : c’est le paradis des pêcheurs ici, comme partout en Alaska : les poissons sont énormes et faciles à prendre dans la baie. Un couple de pêcheurs est installé sur la plage avec trois cannes : madame remonte les poissons, monsieur les détachent de la ligne et relance la ligne à l’eau en avançant dans la mer avec ses grandes bottes. Ils remettent certains poissons à l’eau, comme celui-ci sur la photo dans la colonne de gauche.

Le soleil se pointe derrière les montagnes. Je ne suis pas la seule à l’admirer et à essayer de capter sa lumière avec mon appareil photo. Je retourne me coucher bien au chaud après cette petite marche frisquette. Il a fait froid cette nuit et il y beaucoup de condensation sur les vitres de Westy. Le soleil est suffisamment chaud à 10h00 pour que nous prenions notre petit déjeuner dehors.

Nous quittons le camping à midi. Colette appelle ses grands-parents. Ils vont assez bien et ont reçu de la visite inattendue d’un neveu (Réal), ce dont ils sont très heureux. Nous allons voir le centre d’information « Islands and Ocean » qui est bien aménagé et intéressant. Un documentaire sur les îles Aléoutiennes y est présenté : elles représentent un refuge pour des centaines d’espèces d’oiseaux qui viennent y nicher par millions. Certaines espèces ont longtemps été menacées par de prédateurs introduits par l’homme : renards pour la fourrure et rats, par inadvertance. Patiemment, les équipes de travail capturent les renards pour rétablir l’équilibre écologique naturel.

Nous discutons de la suite des choses : rester à Homer, ou s’en aller. Avec un peu de regrets de quitter un endroit aussi spectaculaire, nous choisissons de poursuivre notre route pour aller à Seward. Cette petite ville est aussi sur la péninsule de Kenai au sud-ouest de l’Alaska, mais elle est dans une autre baie, appelée « Resurrection Bay ».

Comme il est déjà 16h00, nous n’irons pas très loin. Nous traversons une nappe de brouillard en chemin. Le temps est gris et même pluvieux. Nous voyons une mère orignal traverser la route avec son petit derrière elle, mais nous n’avons pas le temps de prendre une photo. Nous arrêtons à peu près à mi-chemin entre Homer et Seward, à Kenai. Nous choisissons un camping avec vue sur la magnifique baie appelée Cook Inlet. Encore de l’eau, encore des glaciers et des montagnes, mais nous ne nous lassons pas de ces paysages.

Le temps s’est considérablement éclairci et il fait presque chaud. Nous allons marcher sur l’immense plage au bord d’une mer très calme et presque lisse : un phoque émerge ici et là et nous l’observons avec nos jumelles. Colette prend des photos, beaucoup de photos… Je marche dans l’eau : elle est froide et je n’ai pas ce qu’il faut pour me baigner, ni vraiment le goût d’ailleurs. En revanche, je vois des jeunes se baigner avec enthousiasme un peu plus loin et ça me rend jalouse. Je ne me suis pas encore baignée en Alaska et ça me manque, mais l’eau est trop froide pour moi ce soir et il commence à faire frais. Nous remontons au camping. Après avoir soupé, nous vérifions nos courriels et trions nos photos des derniers jours.

Lundi 27 août (jour 96)

Il fait beau ce matin à Kenai. La mer s’est retirée loin dans la baie, changeant le paysage que nous avions découvert hier. Après un déjeuner au soleil, nous faisons la vidange du réservoir d’eau grise et j’y mets un produit qui digère les particules et élimine les odeurs, parce que ça un peu le diable dans le fond du trou de l’évier quand on y fait couler le l’eau. Nous faisons aussi le plein de notre réservoir d’eau. Nous allons faire un petit tour dans une toute petite église russe orthodoxe : c’est quand même incroyable de penser que l’Alaska a été vendu aux États-Unis en 1867, par la Russie!


Vers 11h30, nous retournons marcher sur la plage. La marée y a laissé des rigoles d’eau et des vaguelettes de sable. Et toujours ces glaciers en arrière-plan et ces montagnes qui trônent à l’horizon. J’enlève mes souliers : la mer est encore plus froide qu’hier, mais c’est agréable d’y tremper les pieds de temps en temps et marcher pieds nus sur le sable qui est parfois recouvert d’argile girise. Il n’y a presque personne sur cette immense plage et nous trouvons un coin tranquille pour méditer un peu. Nous revenons de notre ballade vers 14h00. Cette baie est la plus belle de la péninsule selon moi, à cause de la longueur de cette plage. Nous allons manger dans un petit café sympathique tout près du camping : soupe maison et sandwich.

Nous prenons la route vers Seward, notre prochaine destination, à environ 160 km. En chemin, nous nous arrêtons pour faire une épicerie et le plein d’essence. J’en profite pour appeler à la maison. Je parle à Gaël, puis à Jessica, qui prépare son déménagement à Ottawa : elle vient d’apprendre que l’appartement qu’elle va partager avec une autre étudiante est infesté par les punaises de lit, ce qui pourrait retarder la date de son installation. Avec notre appartement à Montréal qui vient d’être saupoudré pour exterminer des coquerelles, 2007 est sous le signe des bibittes envahissantes!

Plus nous nous approchons de Seward, plus le temps est gris, mais la route est quand même spectaculaire. Nous sommes entourées de montagnes et passons par-dessus de nombreuses rivières. Le lac Kenai, vert émeraude et immense vaut le coup d’œil (ci-dessus à droite). Nous nos arrêtons pour une mini-pause repas dans un site appelé Tern Lake picnic area. En sortant pour aller voir le petit cours d’eau qui passe là, nous nous rendons compte qu’il est plein de saumons qui le remontent : leur corps est tout rouge, parfois un peu tacheté de blanc et ils sont assez gros.

C’est la première fois que nous voyons ça et c’est fascinant. Lorsque le cours d’eau est peu profond, le haut de leur corps dépasse de l’eau et ils donnent des coups de queue pour se dégager. Un monsieur nous dit que ce sont des saumons sockeye.

Nous arrivons à Seward vers 20h00 et élisons domicile au camping municipal, qui donne directement sur l’eau : 12 $ pour un site simple, 25 $ pour un site avec électricité et eau, ce n’est pas cher. Au moment où j’écris ces lignes, un de nos voisins, qui, comme nous a choisi un site simple, a démarré sa tabarnouche de génératrice. Tout ça pour ne pas payer 25 $ pour un site électrique à quelques pas de là et en plus, faire chier tous ses voisins. Après environ une heure, il arrête son engin bruyant, mais un autre par le sien. Une chance qu’il est plus loin! Je termine la rédaction de ce journal vers 22h45. Allez hop, au lit!
Il y aura une éclipse de lune cette nuit. À Fairbanks, où le ciel sera clair, elle se doublera d’une aurore boréale, avec, en prime, des étoiles filantes. Ceux qui observaient le ciel entre 1h30 et 2h30 du matin en ont eu pour leur peine!

Anchorage

Mardi 21 août (jour 90)

Je me lèvre vers 8h00 pour appeler le garage qui nous a été référé : il nous donne un rendez-vous pour demain à 8h00. Après un petit déjeuner étiré, nous nous rendons en ville pour faire une épicerie. Colette fait imprimer le journal de voyage et développer quelques photos pour envoyer le tout à ses grands-parents. J’achète du kava dans deux magasins de produits naturels : on ne peut pas acheter cette plante au Canada, mais elle est permise aux États-Unis. Tous ces achats prennent du temps, car il nous faut errer un peu en ville pour trouver les endroits appropriés. Nous prenons un lunch rapide dans Westy, dans le stationnement d’un centre commercial.

Nous allons faire un tour au bord d’un petit lac situé dans un parc de la ville. Il y a là des bernaches et de très beaux huards. Anchorage est une ville à l’architecture hétéroclite, qui compte son lot de maisons décrépies et quelques parcs de maisons mobiles. Il y a aussi de nouveaux quartiers et des maisons dans les collines environnantes. En passant, Anchorage est la plus grosse ville de l’Alaska (300 000 habitants), mais n’en est pas la capitale. C’est Juneau, qui jouit de ce statut, une ville beaucoup plus petite (32 000 habitants) et qui n’est pas accessible par la route! Autre caractéristique d’Anchorage : comme à Fairbanks, il y a beaucoup d’églises de toutes sortes. Au centre-ville, nous remarquons que certaines places de stationnement le long de la rue sont munies de prises permettant de brancher son auto.

Nous retournons vers 17h00 au camping et je me mets à la mise à jour du blogue, ce qui me prend un peu plus de deux heures. Nous faisons cuire un filet de saumon argenté (silver salmon) qui s’avère délicieux. Vaisselle, lecture et hop au lit, car il faut se lever de bonne heure pour être au garage à 8 heures demain.

Mercredi 22 août (jour 91)

Nous allons déjeuner chez Dennys avant d’aller au garage. La source du bruit n’est toujours pas identifiée, mais le frein à main fonctionne, les freins ont été nettoyés, le filtre à huile changé et les pneus, gonflés et « rotationnés ».

Nous retournons au centre-ville pour aller voir la baie. Le temps est gris, mais moins qu’hier. Ça doit être très beau quand il fait beau. Colette et moi avons un coup de coeur pour les oeuvres d’un artiste qui travaille la pierre à savon. J’achète une loutre de mer avec son petit sur le ventre et Colette achète un chasseur. Nous mangeons dans un petit restaurant asiatique sympathique, puis nous nous rendons ensuite à la Ulu Factory, un des endroits où sont fabriqués ces couteaux traditionnels avec une lame courbe et une poignée dans le milieu, sur le dessus.

Nous nous rendons ensuite au centre de recyclage, car nous avons accumulé des bouteilles de Mike’s, des plats et des bouteilles en plastique. Il n’y a pas ici de collecte sélective ni de cloches de dépôt. Il faut traverser la ville et se rendre dans un endroit plutôt déprimant rempli de containers accueillant les divers items recyclables.

Nous prenons ensuite la route vers le sud et choisissons, en route de nous rendre à Whittier, car des croisières d’une journée partent de là pour aller voir les nombreux glaciers de Prince Williams Sound. Mauvaise idée : d’une part, il faut payer 12 $ (aller-retour) pour passer dans un tunnel de 2,5 milles taillé dans le roc, d’autre part, il faut attendre, parce qu’il n’y a qu’une voie pour passer et, finalement, Whittier, originalement construite pour les besoins de l’armée est un village laid, surtout sous la pluie. Quant au seul camping qu’il y a là, aucune de nous deux ne veut y passer la nuit. En principe, il y a deux bed and breakfast ici, mais nous n’arrivons pas à les trouver. Résultat : nous rebroussons chemin. Il nous faut attendre 30 minutes avant de pouvoir rouler dans le tunnel. Comme nous sommes les premières dans la file et qu’il n’y pas de toilettes, Colette doit s’asseoir durant tout ce temps sur son envie de pipi. Nous sommes fatiguées, bougonnes et nous avons faim.

Lorsque nous arrivons dans un camping situé à quelques kilomètres de Whittier, ça nous prend un temps infini pour mettre Westy au niveau, sous la pluie. Puis, lorsque je veux le brancher, je me rends compte que la prise de courant n’est pas compatible avec la nôtre… Notre humeur est massacrée ou massacrante, choisissez. Je vais voir la propriétaire qui finit par trouver un adaptateur adéquat dans ses affaires. Ouf, nous pouvons rester là et manger au chaud! Il pleut toujours.