mardi 12 juin 2007

Du Géant endormi au lac aux eaux claires (Riding Mountain national park)

Lundi 4 juin (jour 12)

Parc Prov. Sleeping Giant

Colette
Longue nuit de sommeil. Les cerfs broutent toujours autour. Nous reprenons la routine du matin (café, thé, toasts sur le feu de bois). Françoise entreprend un long sentier vers midi. J’ai plutôt envie d’écrire au laptop et de dessiner. Je ferai un bout de sentier aussi mais pas encore plus de 4 km au total.

Françoise
Le sentier Sea Lion longe une petite plage de galets idyllique puis aboutit à un observatoire qui permet d’admirer la magnifique formation rocheuse appelée Sea Lion. Encore une fois, il fait très beau et chaud. Je poursuis plus loin et marche environ une heure dans la forêt. Je dérange un très beau pileated woodpecker, qui ne se laisse pas admirer. Je m’ennuie un peu sur ce sentier plat, j’ai hâte d’arriver à l’eau. Je mange mon sandwich au bord d’une grande baie de galets avec des îles au loin. Le sentier continue jusqu’à Thunder Bay, environ 35 km plus loin, mais je rebrousse chemin pour retrouver Colette au sentier Sea Lion. Nous prenons quelques minutes pour méditer.

En quittant le magnifique parc du Géant endormi, nous voyons deux ours noirs, un moyen et un gros et plusieurs cerfs. Nous en sommes toutes éblouies, et aussi un peu impressionnées. Ces ours dégagent une telle impression de puissance… et l’un d’eux ne s’est même pas sauvé en voyant arriver notre VR. Il y avait même un autre automobiliste arrêté de l’autre côté…

En route pour Thunder Bay, nous nous arrêtons pour acheter du poisson fumé, du gouda local et du pain bio. Nous nous arrêtons aussi dans un magasin d’améthystes : j’achète un bracelet, Colette un petit pendentif et un ours en hématite. Il y a en effet des mines d’améthystes dans le coin. C’est assez rare semble-t-il puisqu’il y en aurait dans environ huit autres pays seulement, notamment en Amérique du Sud.

Nous passons la nuit dans un camping Koa pour avoir la connexion internet et nous prenons quelques heures pour trier nos photos et mettre notre blogue à jour. Nous trouvons ça laborieux et nous allons essayer de rendre ça moins exigeant. En attendant, c’est quand même bien d’avoir quelques nouvelles par courriel.

Il fait froid, car un vent du nord s’est levé. Comme nous l’a rigolotement dit le propriétaire du commerce d’améthystes, ce vent chasse toutes les mouches noires et les moustiques au Minnesota, de l’autre côté du lac Supérieur.

Cette nuit, le train siffle encore. Comme dans l’Ouest, nous ne sommes jamais très loin de la voie ferrée.

Mardi 5 juin (jour 13)

Thunder Bay

Aujourd’hui et demain, comme vous le verrez, nous avons décidé de remettre l’économie de Thunder Bay en route en faisant quelques dépenses locales…

Après avoir fait le plein de gaz propane au camping, nous nous rendons au centre d’information touristique. Nous cherchons un endroit pour déjeuner et un concessionnaire Dodge pour faire remplacer le module des phares de jour de Westy. Nous retenons la suggestion des crêpes finlandaises et tombons sur un resto pas mal fréquenté : Hoito (photo ci-dessous repiquée dans le site internet du resto). Les crêpes sont effectivement très bien, assez proches des crêpes bretonnes, légèrement plus épaisses cependant. Il y a plusieurs habitués. Ils arrivent au comptoir où nous sommes assises et la serveuse sait quoi leur apporter : un thé pour cette vielle dame qui ne dira pas un mot, une soupe et un verre de lait pour ce monsieur qui ne peut pas se servir de son bras droit, des crêpes et du café pour un autre. Nous échangeons quelques mots avec un monsieur à la retraite.

Juste avant de déjeuner chez Hoito (ça fait asiatique plutôt que finlandais, non?), nous nous rendons compte que le bouton qui désarme le système anti-démarrage s’est brisé. Nous le retrouvons à terre… décidément, Westy fait des siennes. Nous pouvons encore démarrer en insérant une allumette en bois dans le trou où était le bouton, mais disons que ce n’est pas pratique…

Le gérant du service du gros concessionnaire Dodge réussit à nous placer entre deux clients : nous attendons une heure et la réparation dure 35 minutes. Durant ce temps, nous profitons de la connexion internet sans fil de la concession. Comme il nous a donné une adresse pour le système anti-démarrage, nous nous y rendons. Richard de Auto Trenzz, nous donne rendez-vous pour le lendemain matin. Nous passons la nuit au parc provincial de Kakabeka Falls, à environ 30 km de Thunder Bay. Les chutes sont magnifiques. Nous nous préparons un bon souper pour nous remonter le moral : oignons, ails, piments rouges et maïs avec du riz basmati, du poisson fumé et une coupe de vin.

Parlant de vin, nous goûtons à un vin pinot noir français que nous avions acheté à Sault-Sainte-Marie. Particularité : il n’est pas dans une bouteille, mais dans un genre de tétrapak (boîte de carton). Nous l’avons pris pour la commodité du format (500 ml), mais avec beaucoup de réticence, car du vin, c’est dans du verre que ça se conserve. Les tétrapaks, c’est bon pour les jus, non?. Mais ce vin est finalement très correct. Seul bémol : il a transité par la Californie avant de se retrouver sur les tablettes ontariennes.

Note : chaque jour nous croisons sur la route deux ou trois courageux cyclistes qui sont équipés pour le camping, avec force sacoches de transport. Certains ont même une petite remorque. À coté de ça, notre voyage c’est pas mal pépère.

Petites mésaventures Westyennes

Depuis notre départ, nous avons oublié trois ou quatre fois de mettre le loquet qui bloque la porte du frigo. Nous avons vite compris combien ce petit accessoire est indispensable, car trois fois le contenu du frigo a revolé sur le plancher à l’occasion d’un virage à gauche. Rien de grave et rien de cassé, même pas la bouteille de Mike’s!

Autre surprise : le détecteur de fumée de notre maison sur roues est très sensible. Nous devons être vigilantes quand nous nous faisons des toasts dans la poêle, sinon, l’alarme se déclenche et, en plus, une voix féminine se met à crier dans les deux langues : FIRE – FEU !!!!

Aussi, nous continuons à nous cogner la tête à certains endroits, par exemple lorsque nous passons de l’arrière vers les sièges avant. Même Colette oublie parfois de baisser suffisamment la tête et lâche quelques sacres.

Mercredi 6 juin (jour 14)

Thunder Bay – Dryden (parc Aaron) : 401 km

Nous arrivons à 8h30 chez Auto Trenzz et repartons vers 9h30. Nous faisons une épicerie et allons vérifier nos courriels à la bibliothèque. Nous avons en effet réalisé hier que notre assurance-maladie et notre assurance voyage ne sont pas en vigueur… Il y a eu un malentendu entre la SSQ et l’employeur de Colette. Quelqu’un s’en occupe et nous espérons que tout rentrera dans l’ordre au plus vite…

Nous retournons admirer les chutes du parc Kakabeka, puis prenons la route vers Dryden. Je conduis. La route est presque toujours droite, la végétation nordique, les villages, quand il y en a, quasi fantômes. Parfois, il n’y a personne sur la route pendant plusieurs kilomètres.

Nous changeons d’heure à environ une heure de Thunder Bay. Nous sommes maintenant à l’heure centrale (central time).

Nous nous arrêtons pour la nuit au parc provincial Aaron, environ 20 km avant Dryden. Westy continue à faire des siennes, car il se met à pleuvoir et il y a une grosse fuite à l’arrière! C’est la gouttière arrière qui se remplit et déborde sur le joint de la porte. Nous installons une bâche et changeons l’inclinaison de Westy, pour que la gouttière puisse se vider vers l’avant. Ça marche, mais comme nous ne sommes pas au niveau, nous nous demandons si le frigo va continuer à fonctionner! Il pleut pas mal et nous nous endormons au son des gouttes qui tambourinent.

Ce sera notre dernière nuit en Ontario qui mérite une mention d’excellence pour le nombre de ses parcs provinciaux (328!) et de ses haltes routières, et la qualité de leur aménagement.

Jeudi 7 juin (jour 15)

Dryden – Winnipeg : 373 km

La pluie nous accompagne tout le long de cette étape. Colette conduit durant la première partie du trajet. Le paysage change brusquement lorsque nous arrivons au Manitoba, environ 3000 km après notre départ de Montréal. À l’approche de Winnipeg, c’est de plus en plus évident : nous sommes dans les prairies : plus de route taillée dans le roc, plus de rivières agitées et beaucoup moins de lacs. Et du vent qui rend la conduite exigeante.

Nous passons la nuit dans un camping situé tout près de Winnipeg. Pas très bucolique, mais pratique. Il y a là plusieurs gros VR immatriculés dans d’autres provinces ou états. Ah, le voyage transcanadien : nous ne sommes pas les seules à avoir eu la piqure!

Le temps s’est éclairci, mais il y a du vent et il fait très frais.
Colette appelle ses grands-parents mais oublie qu’il est 22h20 à St-Donat et non 21h20 ! Au Manitoba, il fait encore soleil. Nous profitons de cette froide soirée pour regarder les deux premiers épisodes de la saison 5 de 24 Heures. Trépidant dès les premières minutes!

Note. Nous avons croisé aujourd’hui un très curieux véhicule à pédales : un genre de bobsleigh (ou un kayak ponté) dans lequel deux personnes semblaient pédaler. Vraiment étrange cette fugitive vision.

Vendredi 8 juin (jour 16)

Winnipeg (Saint-Boniface)

Après une matinée tranquille nous nous rendons en ville : ça nous fait drôle de voir autant de monde et surtout autant d’autos. En aussi peu que deux semaines, nous avons perdu l’habitude des foules…

Nous passons une agréable après-midi à Saint-Boniface. Nous nous rendons sur la promenade Taché (en l’honneur de Mgr Taché, allié de Riel), nous y revoyons la pierre tombale de Louis Riel et la façade de la Basilique de St-Boniface. L’ancien couvent des Sœurs grises est devenu un musée qui retrace l’histoire de Louis Riel, défenseur des droits des Métis et personnage central de la création du Manitoba. Nous passons un moment dans la maison où a grandi Gabrielle Roy (de 1909 à 1937). Rachetée en 1998, elle a été restaurée de la façon la plus fidèle possible. Résultat remarquable, à la hauteur du talent exceptionnel de cette femme déterminée.

Nous terminons notre après-midi urbaine à La Fourche (The Forks, du coté de Winnipeg), endroit historique où se rencontrent la rivière Rouge et la rivière Assiniboine : haut lieu de la traite des fourrures et de troc entre les tribus amérindiennes. Aujourd’hui, il s’agit d’un lieu très animé avec scène en plein air, un marché et de nombreuses boutiques.

Colette en a déjà assez de la «ville». Il semble que nos quelques visites, principalement à St-Boniface, nous aient contentées. Nous nous rendons donc au parc provincial de Bird’s Hill à environ 30 km de Winnipeg. C’est un très grand parc et comme c’est la fin de semaine et qu’il fait beau, il y a du monde. Ce n’est pas complètement plein, mais c’est de loin le camping le plus achalandé depuis notre départ. C’est très familial et très bicyclettes.

Samedi 9 juin (jour 17)

Winnipeg – Hecla Island : 191 km

Nous passons une matinée tranquille. Nous partons ensuite vers le nord vers le nord, en direction du parc provincial de Hecla, situé sur une île du lac Winnipeg à environ 180 km de la ville. En chemin, nous nous arrêtons un moment à Gimli, un endroit ou dans les années 1870, sont venus s’installer des Islandais.

L’arrivée au parc Hecla est spectaculaire : nous avons l’impression de quitter le « continent » et d’arriver dans un endroit quasi vierge, loin de tout. Il faut en effet faire une quinzaine de kilomètres dans un environnement de marais à perte de vue avant d’apercevoir un signe de présence humaine.

Nous nous préparons un bon souper que nous prenons avec du vin rouge et… tout à coup, un renard sort de la forêt derrière notre emplacement de camping et se dirige directement vers notre table. Il semble intéressé par notre souper. Comme Colette est un peu effrayée (c’est beau un renard.. mais à 5 pieds-1,5 m de distance, c’est plutôt anormal et pas rassurant…) et que cette familiarité m’inquiète à cause de la rage, je frappe dans mes mains, ce qui éloigne l’animal. Il est très maigre. Nous apprendrons le lendemain que les renards sont assez familiers sur l’île et qu’ils ne sont pas porteurs de la rage. Nous regrettons un peu de l’avoir fait fuir, mais nous n’étions pas sûres. Pour arriver si assurément sur nous ce cette façon, un ex-campeur a dû lui donner à manger.

Nous marchons jusqu’à la plage, derrière laquelle il y a un magnifique marais. On y entend toutes sortes de chants et j’aperçois un gros oiseau dans le ciel. Héron? Non, j’apprendrai demain que c’est un pélican de Floride qui vient passer l’été ici, avec une bande de copains à lui.

Nous regardons deux autres épisodes de 24 heures.

Dimanche 10 juin (jour 18)

Parc provincial Hecla

Après le déjeuner, nous faisons une grosse vaisselle, car nous avions négligé celle d’hier soir et nos ressources sont limitées!

Nous nous rendons au village d’Hecla pour 11h30 pour une visite guidée. Nous apprenons alors que cet endroit a été colonisé dans les années 1870 par des Islandais venus chercher refuge au Canada après l’éruption du volcan Hecla dans leur pays. Après un premier hiver terrible, le plus froid qu’ait jamais connu le Manitoba (-40 celsius), ils ont connu une épidémie de variole. Pas découragés pour deux cennes, ils ont persisté et la communauté s’est organisée autour de la pêche et de la foresterie. Ces deux activités n’étant plus économiquement viables du tout, le village a fermé l’école en 1970. L’île est un parc provincial depuis 1975. Environ 20 personnes habitent encore ici à l’année longue.

Nous allons faire la piste du Grassy Narrows Marsh. Colette part d’un côté, moi de l’autre. Je fais la boucle de 7 km en espérant voir un orignal, mais ce gros animal timide ne se montrera pas. En revanche, même si nous ne les avons pas vus sur le moment, nous nous aprecevons que nous avons ramené de petites bébittes, qui ressemblent à si méprendre à des morpions et qui s’accrochent à notre peau avec acharnement! J’en trouve trois bien agrippés dans le creux de mon nombril et Colette au moins une dizaine un peu partout sur elle. De retour au camping, nous nous déshabillons pour toutes les repérer et nous en débarrasser, ce qui n’est pas une mince affaire, car ces bibittes ne sont pas écrasables, à moins d’être placée sur une surface dures et d’être attaquées avec un objet dur comme une bouteille de bière. Les joies de la nature sont parfois bien impénétrables…

La journée a été grise, avec quelques rares éclaircies. Il pleuviote depuis 18h00 environ. Le début de ma nuit est très frustrant, car un moustique me harcèle : il arrive toujours au moment où je vais m’endormir. À plusieurs reprises, j’allume pour essayer de le trucider, mais il disparaît… Colette m’endure avec patience…

Lundi 12 juin (jour 19)

Hecla – Parc national de Riding Mountain : 400 km

Je règle enfin son compte à ce moustique insomniaque (illustration trouvée dans internet) .
Nous passons une bonne partie de la journée à rouler vers l’ouest du Manitoba sur des routes rectilignes et tranquilles bordées d’étangs. Nous traversons le lac Manitoba à un endroit nommé, bien justement, Narrows. Nous apercevons dans certains champs non cultivés des abris bleus ou orange : nous apprendrons plus tard que ce sont des abris pour les ruches, car il se produit beaucoup de miel dans le coin.

La densité de la population est sûrement très faible dans le coin. Nos apercevons quelques rares fermes et troupeaux de vaches. Il y a aussi quelques réserves amérindiennes avec des noms évocateurs comme "Ebb and Flow First Nations". Cependant, lorsque nous apercevons leurs habitations ou commerces au bord de la route, ce n’est pas très inspirant. L’énergie est éteinte, du moins en apparence. C’est plutôt déprimant.

Nous passons à Se-Rose du Lac… rien à voir vraiment… nous décidons de faire l’épicerie ailleurs. Nous faisons une halte provision dans une petite ville appelée Dauphin avant de nous rendre dans le parc national de Riding Mountain. Cette « montagne » qui culmine à environ 350 mètres est visible de très loin dans la plaine manitobaine. Le parc fait 55 km du nord au sud. Il est trois fois plus grand d’est en ouest.

Au détour d’une allée de camping, nous surprenons une femelle orignal en train d’allaiter son petit. L’appareil photo est trop loin, dommage.

Après cette journée très chaude, nous arrivons fatiguées au camping. Quelle bonne occasion de savourer une Mike’s avec des chips. Je savoure aussi des olives, achetées à prix fort à Winnipeg. Un écureuil pas timide du tout s’approche tout près : il aime beaucoup les miettes de chips qui sont tombées par terre, même celles au poivre et à la lime!

Nous faisons la vaisselle et nous éffouérons devant deux autres épisodes de 24 heures. Je passe le début de la nuit à essayer d’exterminer LE moustique qui m’empêche de m’endormir… À chaque fois que j’allume, il disparaît… Je capitule et je mets mes bouchons. Je me rendrai compte demain qu’en fait ces lâches étaient TROIS à s’acharner sur mes oreilles. Je me venge avec violence et délectation. À la guerre comme à la guerre! Colette est toujours aussi calme.

Au milieu de la nuit l’orage éclate : un festival de pluie, de tonnerre et d’éclairs. Pas de fuite dans Westy, car nous avions prévu le coup et la gouttière est dans la bonne inclinaison. Colette se lève deux fois pour s’assurer deux fois plutôt qu’une que les fenêtres de notre propriété motorisée sont fermées.

Mardi 13 juin (jour 20)

Parc national de Riding Mountain

Grasse matinée et petit déjeuner tranquille dehors, car il fait beau et chaud. Nous nous rendons au minuscule et charmant village de Wasagaming. Il y a là quelques restaurants, des boutiques de souvenirs et objets d’art, pavillon amérindien, etc. Un grand parc public longe les berges du lac Clear. Une plage y est aménagée. On peut y louer des embarcations… Colette s’y sent comme à North Hatley (douce présence de Carole Arès en moins !).

Nous marchons sur un sentier au bord du lac. Le temps se couvre, il pleuviote de temps en temps et le lac et très calme. Colette retourne au village après 30 minutes de marche et je poursuis le sentier. Nous nous retrouvons 1h30 plus tard pour manger dans un petit resto sympa (Whitehouse Bakery) pendant que notre linge propre est en train de sécher à la Loondromat du coin.

Ma perception du temps est altérée : il passe à la fois vite et lentement, mais surtout, le temps est flou. Quand j’essaye de me rappeler de ce que nous avons fait la semaine passée, tout se mélange dans ma tête. Heureusement que jusqu’à présent j’ai pris des notes tous les jours ou tous les deux jours.