Lundi 1er octobre 2007 (jour 131)
Il a plu une bonne partie de la nuit et le ciel est bien bas ce matin. Nous choisissons de ne pas aller au Mont St-Helens, car il est à près de 90 km et le temps est trop incertain. Nous sortons les cartes et évaluons ce que nous pouvons faire en fonction du temps qu’il nous reste, soit environ deux mois et demi. Comme le Canada, les Etats-Unis sont vastes et il faut faire des choix.
Nous piquons au sud vers Portland, en Oregon. En route, nous faisons le plein d’essence, l’épicerie et trouvons un centre de recyclage. Nous pouvons enfin nous débarrasser des journaux et brochures touristiques que nous avons accumulés depuis plus d’un mois. Juste avant Portland, nous sommes chaleureusement accueillies au centre d’information touristique. La dame qui nous renseigne est en VR à temps plein depuis un an, après avoir vendu sa maison. Avec son mari, ils passent six mois en Oregon et six mois en Arizona.
Nous réservons un site dans un camping pour VR, à moins d’un kilomètre de là, puis nous nous rendons en ville. Après avoir stationné Westy, nous nous promenons un peu près de la rivière Willamette qui est traversée par pas moins de 11 ponts! Nous prenons un trolley sur rail pour nous rendre au Pionneer Courthouse Square, une grande place au centre-ville. Nous allons dans une grande librairie qui vend des livres neufs et usagés. C’est très grand et bien aménagé. Nous ressortons de là avec six livres usagés pour 50 $ et deux cartes géographiques neuves. Nous retournons à Westy à pied et retournons nous installer au camping vers 19h00.
Comme il fait doux et encore en peu clair, nous préparons un plat de légumes, poulet et riz. Je fais cuire les oignons et les brocolis dehors. Ça fait longtemps que nous n’avons pas eu une soirée avec une température aussi clémente. Il doit faire environ 16 ºC.
Je mets ce journal à jour et je prépare une partie de la mise en ligne du blogue.

Portland est reconnue pour son plan d’urbanisme et son réseau de transport. Par exemple, les transports en commun sont gratuits dans tout le centre-ville. Il y a des pistes cyclables partout dans la ville et, sous ce pont (photo de gauche), il y a une passerelle réservée aux cyclistes et aux piétons. La dame du centre touristique nous dit que plus de 5000 cyclistes l’utilisent chaque jour. Si vous agrandissez la photo, vous verrez que la passerelle est relevée pour laisser passer le bateau.
Mardi 2 octobre (jour 132)
Nous nous réveillons sans condensation dans Westy. Il y a des autobus scolaires qui passent dans le coin, car il y a un parc de maisons mobiles qui jouxte le camping. Après le petit déjeuner, je mets le blogue à jour et nous quittons le camping vers midi. Nous retournons à Portland. Colette veut aller visiter le musée d’art de Portland, mais je me sens trop fatiguée pour y aller (ça fait deux nuits que je dors mal). Je lis dans Westy pendant que Colette se réjouit les yeux et nourrit son âme d’artiste.
Colette
Le musée fait face à un joli parc long de plusieurs pâtés de maisons. Sur quatre étages avec une passerelle qui le relie à un autre édifice, le musée est imposant. Les plafonds sont hauts, la déco intérieure est intéressante. Il y a de nombreuses galeries et pour tous les goûts! Je passe vite dans celles d’art abstrait, des impressionnistes et de la renaissance française. Il y a de nombreux tableaux portraits du genre la Mona Lisa… il y a aussi des tableaux de Renoir, Toulouse-Lautrec et Monet.
Le musée compte aussi une galerie d’argenterie anglaise, une salle de sculptures grecques et autres objets antiques, ainsi qu’une section complète d’art asiatique (japonais, chinois et aussi coréen). Je manque la section d’art contemporain, mais tombe enfin dans la section d’art amérindien (du subarctique, de la côte ouest, des plaines et des bois «woodlands»). Je suis toujours autant sous le charme des œuvres des peuples Tlingit et Haida (Nord-ouest). Ils m’inspirent. Il y a aussi des collections d’objets sculptés du Mexique et du Pérou. J’y passe un bon moment.
Je reconnais que le musée recèle de vrais trésors (matériaux rares, précieux et plusieurs pièces et tableaux datent de plus de deux cents ans!) C’est grand : j’ai demandé mon chemin trois fois. Bref, ça valait le 10 piastres!
Nous nous rendons ensuite au International Rose Garden. Bien que les roses aient quelque peu souffert en ce début d’automne, elles restent très belles et certaines exhalent un divin parfum. Nous avons aussi une belle vue sur la ville, car nous sommes à flanc de colline. Pour quitter Portland, nous passons à travers le très grand parc Washington en empruntant une étroite route sinueuse.
Toujours en route vers le sud, nous roulons environ 120 km. Près du parc où nous nous rendons, il y a plusieurs plantations de sapins de Noël et aussi quelques vignes. Nous installons au Silver Falls State Park qui offre des sites avec eau et électricité pour 16 $, une vraie aubaine! Il pleut. Après avoir mangé avec plaisir le restant du plat cuisiné hier, nous regardons un film avec Keanu Reeves et Sandra Bullock : La maison sur le lac. Nous nous attendions à un petit film fleur bleue, mais c’est un peu plus intéressant que ça, car les deux personnages principaux ne vivent pas dans la même année, tout en étant en mesure de communiquer par lettre.
Comme toutes les histoires qui jouent sur l’espace-temps, c’est intriguant, et nous re-regardons certaines scènes parce que nous n’avons pas tout compris.
Mercredi 3 octobre (jour 133)
Il a plu une partie de la nuit. Ce matin, le ciel est partiellement dégagé. Nous nous préparons pour aller marcher sur le sentier des 10 chutes. Voilà qu’il se met à pleuvoir, mais comme nous avons de bons manteaux de pluie, nous ne nous laissons pas décourager. Colette marche le premier mile avec moi, puis retourne au stationnement par un sentier abrupt. Je continue, car je veux voir les dix chutes de ce sentier. Je marcherai en tout environ 12 km, sous la pluie, le soleil et même quelques grêlons. Colette se déplace avec Westy et me rejoint à une des chutes (North falls).
Le sentier est bien aménagé et très bien indiqué. Les chutes sont toutes belles et certaines sont spectaculaires. Leur hauteur varie de 27 à 178 pieds (de 8 à 54 m) et on peut passer derrière certaines d’entre elles. Les trombes d’eau qui dévalent les Twin falls, les Middle North falls et les North Falls font un bruit d’enfer : on croirait entendre des F18 décoller. Je rejoins Colette dégoulinante de pluie, mais bien contente de ma randonnée.
Nous reprenons l’autoroute 5 vers le sud. Dans les champs qui bordent l’autoroute, il y a des moutons. Nous pensons peut-être dormir dans un motel ce soir, mais finalement, un peu avant Eugene, nous nous arrêtons pours la nuit dans un camping pour VR qui offre tout ce dont nous avons besoin pour seulement 26 $ : électricité, douches, laverie, internet sans fil. Je prends une bonne douche gratuite et bien chaude. Nous faisons le lavage. Colette met Picasa à jour, j’écris le journal et hop, au lit!
Observation. L’Oregon semble être très orienté VR. Nous avons vu beaucoup de concessionnaires, des endroits qui font le stockage, d’autres qui vendent des pièces, qui font l’entretien et les réparations.
Jeudi 4 octobre 2007 (jour 134)
Une fois n’est pas coutume, nous déjeunons chez Dennys, ce matin. C’est mieux que chez McDonald’s, mais hou là là que c’est salé! Nous faisons ensuite une épicerie chez Safeway, une chaîne d’épicerie chez qui nous sommes membres depuis le début du voyage. À la caisse, c’est une petite machine qui nous rend la monnaie en pièces, tandis que la caissière nous remet les billets, curieux non?
Nous prenons la route vers l’ouest, pour longer la côte. Pendant 90 miles (144 km), nous traversons des paysages de campagne. Lorsque nous arrivons près de l’Océan pacifique, c’est l’émerveillement devant les dunes et les immenses plages sur lesquelles les vagues viennent se briser. La vue est d’autant plus belle que la route surplombe la mer de haut. Nous sommes à Florence, Oregon ! Colette a regardé cet endroit sur la carte depuis des années. Elle voit enfin de quoi ça a l’air.

Nous allons visiter la Sea Lions Cave (caverne des lions de mer), une attraction locale. On nous prévient que les lions de mer sont dans la mer et non pas dans la caverne, mais que la caverne vaut le coup d’œil et le 9 $ que ça coûte pour y aller. Disons que c’est décevant, même si le site est bien aménagé et qu’un ascenseur permet de descendre jusqu’à la caverne. Celle-ci est sombre et très fraîche. Les vagues qui viennent se fracasser sur les rochers sont impressionnantes.
Nous remontons à l’air libre et nous pouvons observer des lions de mer dans les vagues de l’océan, des pélicans et des guillemots. Il fait très beau. Je suis étonnée qu’un tel endroit soit une propriété privée, mais il s’agit probablement d’un droit acquis. En effet, cet endroit a été acheté en 1880 à l’État par le capitaine qui l’a découvert. Il a ensuite cédé la propriété à une famille, qui en 1932, a ouvert cette attraction et l’exploite depuis.
Nous nous installons dans le Honeyman State Park. Plusieurs parcs de l’État de l’Oregon offrent des sites pour les RV avec électricité et même branchement à l’égoût. C’est une première pour nous depuis notre départ, car aucun des campings non privés dans lesquels nous avons séjourné n’offraient cette possibilité. Un autre signe que la culture du VR est plus ancienne ici qu’ailleurs.
Nous piquons au sud vers Portland, en Oregon. En route, nous faisons le plein d’essence, l’épicerie et trouvons un centre de recyclage. Nous pouvons enfin nous débarrasser des journaux et brochures touristiques que nous avons accumulés depuis plus d’un mois. Juste avant Portland, nous sommes chaleureusement accueillies au centre d’information touristique. La dame qui nous renseigne est en VR à temps plein depuis un an, après avoir vendu sa maison. Avec son mari, ils passent six mois en Oregon et six mois en Arizona.
Comme il fait doux et encore en peu clair, nous préparons un plat de légumes, poulet et riz. Je fais cuire les oignons et les brocolis dehors. Ça fait longtemps que nous n’avons pas eu une soirée avec une température aussi clémente. Il doit faire environ 16 ºC.
Je mets ce journal à jour et je prépare une partie de la mise en ligne du blogue.
Mardi 2 octobre (jour 132)
Colette
Je reconnais que le musée recèle de vrais trésors (matériaux rares, précieux et plusieurs pièces et tableaux datent de plus de deux cents ans!) C’est grand : j’ai demandé mon chemin trois fois. Bref, ça valait le 10 piastres!
Comme toutes les histoires qui jouent sur l’espace-temps, c’est intriguant, et nous re-regardons certaines scènes parce que nous n’avons pas tout compris.
Mercredi 3 octobre (jour 133)
Observation. L’Oregon semble être très orienté VR. Nous avons vu beaucoup de concessionnaires, des endroits qui font le stockage, d’autres qui vendent des pièces, qui font l’entretien et les réparations.
Jeudi 4 octobre 2007 (jour 134)
Une fois n’est pas coutume, nous déjeunons chez Dennys, ce matin. C’est mieux que chez McDonald’s, mais hou là là que c’est salé! Nous faisons ensuite une épicerie chez Safeway, une chaîne d’épicerie chez qui nous sommes membres depuis le début du voyage. À la caisse, c’est une petite machine qui nous rend la monnaie en pièces, tandis que la caissière nous remet les billets, curieux non?
Nous nous installons dans le Honeyman State Park. Plusieurs parcs de l’État de l’Oregon offrent des sites pour les RV avec électricité et même branchement à l’égoût. C’est une première pour nous depuis notre départ, car aucun des campings non privés dans lesquels nous avons séjourné n’offraient cette possibilité. Un autre signe que la culture du VR est plus ancienne ici qu’ailleurs.
Pendant que je téléphone à Gaël, Colette nous prépare un super bon souper avec les pâtes à l’encre de calmar que nous avons achetées à Seattle. Elle faire revenir des oignons et ajoute une sauce rosée à la vodka et les derniers morceaux de saumon en conserve que Connie nous a donnés. Nous savourons le tout avec une coupe de vin rouge. Miam!
Anecdote. À l’épicerie ce matin, j’ai acheté des « Heirloom tomatoes », c’est-à-dire des tomates provenant de graines très anciennes, non manipulées. Le goût et la texture de ces grosses tomates un peu difformes sont tout simplement divins. Une expérience gustative exceptionnelle.
Vendredi 5 octobre 2007
Vers 14h00, nous prenons la route, sans trop savoir où nous nous arrêterons pour la nuit. Nous admirons les dunes qui bordent la côte. À cet endroit, le bord de mer est un parc national sur plusieurs dizaines de kilomètres. On peut admirer le paysage à plusieurs endroits et des sentiers dans les dunes permettent de rejoindre le rivage un ou deux miles plus loin.
Nous nous arrêtons à Coos Bay, car Colette veut vérifier si une de ses amies rencontrées au Nouveau-Brunswick, habite encore dans le coin. Elle ne trouve rien dans le bottin téléphonique, mais grâce à internet, nous trouvons son adresse et son numéro de téléphone. Colette l’appelle et lui parle, mais au bout d’à peine deux minutes, la ligne coupe inexplicablement et après, c’est le répondeur qui prend l’appel.
Colette revient au camping et moi aussi, mais nous ne nous voyons pas. Comme je ne vois personne dans Westy, je retourne à la plage en pensant y trouver Colette, m
Colette rappelle son amie Sandra. Nous sommes invitées à aller coucher chez elle demain soir : elle n’habite plus à Cooa Bay, mais à Eugène, où nous étions… hier matin. Je mange la dernière tomate Heirloom avec juste du sel et de l’huile d’olive et Colette finit les pâtes en sauce : nous sommes toutes les deux enchantées par notre souper.
Ça fait quatre nuits que je dors très mal. Mon sommeil est intermittent, jamais profond et je suis très fatiguée à partir de 3h00 l’après-midi. Exactement comme lorsque j’ai commencé mes insomnies à l’automne 2006. Alors, je ne prends pas le risque de laisser ça s’envenimer et je prends un Ativan avant de me coucher.
Samedi 6 octobre (jour 136)
J’ai bien dormi et je me sens mieux. Le temps est nuageux ce matin. Comme nous devons reprendre la route vers le nord-est, nous choisissons de passer la journée ici, car il a des sentiers qui longent la côte. Nous décidons de laver à fond le plancher de Westy, car sa couleur originale n’est plus apparente.
Je poursuis le sentier, toujours en admiration devant les décors créés par l’érosion du roc et devant la puissance des vagues.