jeudi 13 décembre 2007

Du Kentucky à l'état de New-York, en passant brièvement par la Pensylvanie

Lundi 10 décembre (jour 201)

Bowling Green (Kentucky) – La Grange (Kentucky) : 225 km (140 miles)

Colette n’a pas très bien dormi. Moi, pas pire, mais je me réveille toujours très tôt et ne me rendors pas profondément. Je prends une bonne douche. En déjeunant, nous parlons de la possibilité de faire « hiverniser » Westy ici, si nous pouvons avoir un rendez-vous aujourd’hui. Cette opération consiste à évacuer sous pression toute l’eau accumulée dans les tuyaux, vider les réservoirs et y mettre de l’antigel pour éviter que le gel endommage les canalisations et les réservoirs.

Nous obtenons un rendez-vous chez Camping World pour 13h00. Je profite du temps qu’il nous reste pour préparer une prochaine mise en ligne du blogue. Nous quittons le camping vers 12h00 et allons repérer les lieux. L’atelier de réparation et d’entretien de VR est immense et comprend un magasin d’accessoires. Il y a aussi, juste à côté, un magasin d’équipement de plein-air : camping, chasse, pêche, etc. Colette va y faire un tour pendant que j’écris le journal de voyage dans l’agréable salle d’attente de Camping World.

Après une heure et une facture de 90 $, Westy est prêt à affronter l’hiver québécois. Nous ne pouvons plus utiliser l’évier, mais le véhicule reste fonctionnel pour le reste : frigo, poêle et chauffage. L’employé qui a fait l’hivernisation s’appelle Frank et il a passé 18 ans au Canada, dans la région de Calgary où il était pasteur… Très sympathique. Des ennuis familiaux l’ont ramené aux États-Unis.

Nous reprenons la route vers 14h30 et roulons jusque vers 17h00. Juste avant d’arriver à La Grange, nous changeons d’heure, même si nous sommes encore au Kentucky. Nous sommes maintenant à la même heure que le Québec. La nuit tombe et nous commençons à chercher un hôtel. En prenant la sortie pour aller chez Best Western, Colette voit, devinez quoi : un Wal-Mart! Comme il fait doux et que nous sommes d’humeur un peu aventureuse (avec modération, quand même), nous décidons de tenter l’ultime expérience de camping urbain : le stationnement d’un Wal-Mart ouvert 24 heures.

Nous faisons un tour au magasin pour vérifier où sont les toilettes. Nous nous installons dans un coin du stationnement près de la rue. Nous sommes le seul VR ce soir. Je fais revenir des piments verts et je les gratine dans la poêle avec un peu de cheddar râpé. Pendant que Colette écrit sa visite à Graceland dans le journal, je vais faire la vaisselle dans les toilettes du Wal-Mart, puisque nous ne pouvons plus utiliser l’eau dans Westy.

Je ne pense pas que ce soit vraiment permis, alors je fais ça très discrètement dans les toilettes au fond du magasin, car elles sont moins fréquentées que celles à l’entrée. Je transporte la vaisselle, le savon et le linge à vaisselle dans un sac en papier à poignées. Je reviens, ni vue, ni connue avec de la vaisselle propre et une bouteille pleine d’eau pour installer notre toilette de secours. Le magasin est ouvert 24 heures, mais il est un peu loin pour un pipi de nuit et un peu gênant pour un pyjama loose!

Je vais ensuite m’installer au Subway situé dans le magasin pour écrire le journal, car j’y ai repéré une table avec une prise électrique proche. Colette fait le tour du magasin et je la rejoins vers 20h30 dans Westy après avoir fait une petite épicerie. Nous nous couchons vers 22h00. L’endroit n’est pas plus bruyant que de nombreux campings situés en bordure de route, ni plus éclairé que certains autres.

Note du jour

- Vous vous souvenez de la photo dans la colonne de gauche qui montrait le panneau d’entrée dans le petit village d’Orderville en Utah? Nous avons oublié de vous dire qu’il y avait à l’entrée et à la sortie, une voiture de shérif, illustrant bien qu’on ne plaisante pas avec les flics à cet endroit. Lorsque nous sommes repassées par ce village en revenant de Bryce Canyon, nous nous sommes rendu compte, que ces voitures de police étaient en fait occupées par des… mannequins! Humour local où truc pour faire ralentir les touristes qui passent dans le village?


Mardi 11 décembre (jour 202)

La Grange (Kentucky) – Mansfield (Ohio) : 450 km (280 miles)

Colette se réveille vers 3h00, moi vers 4h00. Nous essayons de nous rendormir, mais nous n’y arrivons pas. Nous décidons donc de nous lever et de partir, après avoir vidé notre toilette de secours dans un banc de gravelle. Il est 5h30 et c’est moi qui conduis pendant environ deux heures. Il fait noir et il pleut. Nous dépassons Cincinnati (Ohio) et nous arrêtons près d’un McDo. Colette va y chercher un petit déjeuner et je me fais des toasts dans Westy avec mon menu habituel : hummus et fromage avec coriandre fraîche.

Comme nous sommes toutes les deux fatiguées, nous nous déplaçons dans un coin tranquille du stationnement et nous couchons. Nous pensions sommeiller 30 minutes, mais finalement, nous dormons de 9h00 à 11h00! Après avoir pris une collation, nous reprenons la route vers midi en direction de Colombus un arrêt obligé, non pas parce que c’est la capitale de l’État, mais parce qu’il y a là un Trader Joe’s, le dernier dont nous pourrons profiter avant notre retour au Canada. Il fait plus doux et le temps est plus clair. Nous arrivons à 13h45 et repartons à 15h30 repas de sushis compris. J’achète plusieurs produits fins afin que nous les savourions de temps en temps, juste pour nous rappeler quelques souvenirs.

Je rachète, entre autres, du gigot mariné comme celui que nous avions dégusté à Santa Fe dans notre super suite. Il est emballé sous vide et peut attendre jusqu’au 26 décembre avant d’être mangé. Quant à ces grignotises faites de farine de riz glutineux et d’algue nori, j’adoooore! Je suis gaga de ce magasin et je pense même à organiser un voyage d’une fin de semaine avec mes amies gourmettes pour aller faire un tour dans le Trader Joe’s le plus proche de Montréal. À suivre.

De Colombus, nous prenons la direction de Cleveland, mais nous nous arrêtons avant, à Mansfield, vers 17h00. Colette choisit un hôtel à partir d’un livret de coupons de réduction. Lorsque nous arrivons au Mansfield Inn, ça ne paye pas de mine, mais comme nous sommes fatiguées et que la chambre offre tout ce dont nous avons besoin pour 41 $ taxes comprises, nous nous disons que ça ira pour une nuit.

Lorsque nous nous installons, nous remarquons cependant quelques problèmes importants. L’isolation est ridiculement inexistante, l’air froid entre par le bas de la porte, le chauffage bruyant et les fils électriques sont branchés sur des prises multiples… L’état général de la chambre est le pire que nous ayons eu du voyage. Colette chatte quelques minutes avec sa mère avant que nous soupions. Je roule une serviette au bas de la porte et nous vaquons à nos occupations habituelles : courriels, peaufinage du journal, mise en ligne du blogue et des photos. Nous nous couchons tard : 23h30. Maudite télévision…

Note du jour

- Autre oubli, attribuable à une petite gêne… Nous avons acheté des chapeaux en cuir à Chama (Nouveau Mexique) de marque Minnetonka Mocassin. Étant donné le bas prix de ces chapeaux, j’avais demandé au commerçant s’il savait où ils étaient fabriqués, car l’étiquette n’en faisait aucune mention. Il avait été vague sur le lieu exact, mais avait laissé entendre qu’ils étaient fabriqués aux États-Unis. Meilleure chance la prochaine fois avons-nous appris dans un commerce de Santa Fe qui tenait les mêmes chapeaux. La vendeuse a été plus franche et nous a dit que l’usine de production était en Chine depuis plusieurs années… Avec une réduction de 30 %, nous avons payés nos chapeaux environ 35 $ chacun. Chez O’Farrell à Santa Fe, où on fait les chapeaux sur place, le premier prix est à 275 $ et à 1000 $ pour un couvre-chef sur mesure.

Mercredi 12 décembre (jour 203)

Mansfield (Ohio) – Syracuse (New-York) : 650 km (400 miles)

Je me réveille vers 2h30. Je vérifie la température en regardant notre réveil : il fait 15ºC! Je mets le chauffage, puis je l’arrête vers 6h30. Colette, une chance, a bien dormi malgré la fraîcheur ambiante… Après avoir déjeuné, nous quittons sans regrets cet hôtel qui a grand besoin de rénovations. Je mentionne la possible non sécurité des fils électriques au gérant, mais j’oublie de lui parler de l’isolation déficiente.

Nous partons vers 10h00 et je prends le volant. Il fait beau et froid et la chaussée est sèche. Nous contournons Cleveland (Ohio). À partir de là, nous roulons sur l’autoroute 90 vers l’est en longeant le lac Erie. Nous nous arrêtons dans un McDo à Geneva (Ohio) pour dîner. Colette y mange des croquettes de poulet, je me prépare un sandwich au jambon, Vache-qui-rit et coriandre pour plus tard. Colette prend le volant. Nous arrivons en Pennsylvanie, où la 90 devient une autoroute à péage. Ici, il y a de la neige au sol. « Ça fait maison! s’exclame Colette avant d’ajouter : je ne pensais pas que je serais si contente de voir de la neige! »

Une centaine de kilomètres plus loin, nous arrivons dans l’état de New York. Ici, pas de neige au sol, juste de la belle herbe verte, du moins durant les premiers 30 kilomètres environ. Nous contournons la ville de Buffalo et roulons toujours vers l’est, mais nous sommes maintenant au sud du lac Ontario. Colette remarque quelque chose que nous n’avons pas vu depuis très longtemps : un camionneur québécois de la compagnie Robert Transport. « Je suis tout énervée, s’exclame-t-elle. Je pense que je lui donnerais un bec. Il doit s’appeler Jean-Claude. » Pour Colette, tous les camionneurs s’appellent Jean-Claude.

Autre chose qui attire notre attention : un restaurant Tim Hortons près duquel nous nous arrêtons pour faire le plein d’essence. Nous changeons à nouveau de chauffeur et je conduis les 130 km qui nous séparent de Syracuse (New York). Nous choisissons un autre hôtel dans notre livret de coupons, mais cette fois-ci nous sommes beaucoup mieux servies, pour seulement 9 $ de plus qu’hier soir. La chambre du Knights Inn est grande, propre, jolie et bien isolée : tout un contraste! En prime, la réceptionniste est très aimable.

Nous nous installons donc dans notre dernière chambre d’hôtel du voyage, puisque demain nous allons coucher chez Jessica à Ottawa. Colette commence à réaliser que le voyage achève. De mon côté, je n’y pense pas. Vendredi sera bien assez tôt pour y songer. Aujourd’hui, j’ai quand même commencé à faire une liste manuscrite de toutes sortes de choses : les moments forts du voyage (couple et individuels), les rencontres les plus sympas, les meilleurs campings, les plus beaux sentiers, les accessoires indispensables, ceux qui nous ont facilité la vie, etc. À venir!


Notes du jour

- Cette affiche était dans le lobby de l’hôtel Mansfield Inn. Ça dit en gros qu’en Ohio, on ignore certains des amendements (droits) enchâssés dans la constitution américaine en interdisant de fumer dans les endroits publics, mais qu’on utilise le premier amendement pour permettre à des pédophiles d’exercer certaines de leurs activités, comme le téléchargement de pornographie infantile. L’art de l’amalgame au service d’un esprit tordu…

- Le prix de l’essence aux États-Unis durant notre voyage a varié de 2,75 $ le gallon (72 ¢/L) à 3,75 $ le gallon (98 ¢/L). La consommation de Westy a varié de 16 L/100 km à 20 L /100 km.

- C’est dommage, mais tant au Canada qu’aux États-Unis, les touristes, les randonneurs du dimanche et les automobilistes jettent toutes sortes de déchets où on s’attendrait à un respect absolu de la beauté des lieux et de la fragilité de l’écologie animale, végétale et minérale.

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