Dimanche 2 septembre (jour 102)Extrait du journal de la veilleIl est 21h30 lorsque nous sortons du cinéma. Nous nous rendons au camping Golden nugget où nous nous étions installées lors de notre précédent séjour à Anchorage. Le bureau est fermé pour la fin de semaine. Nous vérifions nos courriels et nous allons nous coucher en nous disant que si nous nous réveillons de bonne heure, nous pourrions partir dans payer, ni vu ni connu. Nous mettons donc le réveil à sonner à 5h50.

Colette se réveille à 4h30 parce qu’elle a faim, ce qui me réveille. Nous prenons une douche et faisons notre lavage. Pendant que la laveuse et la sécheuse officient, nous faisons le tri des nombreuses photos prises durant l’excursion à Northwestern bay. Nous quittons le camping vers 6h45 sans avoir croisé personne et allons déjeuner chez McDo. Hum, je ne sais pas pourquoi j’ai cru un instant que ce serait acceptable. Curiosité locale : ce McDo a un petit salon avec sofas en cuir et cheminée. Ils offrent aussi un McKinley burger (même chose qu’un big mac avec une sauce différente).
Pendant que j’écris ce journal de voyage, Colette fait un petit somme en attendant que la Ulu Factory ouvre, car elle veut y acheter des étuis pour les ulus que nous avons achetés la dernière fois. Nous pensions partir tout de suite après ces achats, mais finalement nous irons faire un tour à un marché en plein air où plusieurs artisans sont présents. Résultat : nous quittons Anchorage vers midi.

Toute l’après-midi, le paysage sera époustouflant : hautes montagnes, glaciers, rivières. Nous nous arrêtons à plusieurs endroits pour prendre des photos et pour admirer la vue : la Glenn highway est, après la Dempster, la route la plus spectaculaire que nous ayons parcourue. À partir de Palmer, elle longe la spectaculaire rivière Matanuska et permet d’admirer quatre chaînes de montagnes : Alaska range, Chugach moutains, Talkeetna mountains et Wrangell-St Elas mountains.

Nous faisons une halte pour admirer le glacier Matanuska. Le sentier que nous empruntons affiche les couleurs et les odeurs de l’automne : avec le beau temps chaud que nous avons eu à Homer et Seward où tout était encore vert, cette transition nous surprend.
Comme nous sommes réveillées depuis 4h30, nous décidons de nous arrêter assez tôt, soit vers 17h00. Nous nous installons dans un petit camping à Glennallen et nous couchons de bonne heure.
Lundi 3 septembre (jour 103)

Nous quittons le camping vers 9h00, après un petit déjeuner avec toasts sur les braises. Le temps est couvert avec quelques percées de soleil. Nous repassons à Tok où se trouve le Sourdough campground où Colette avait brillamment réussi un mois plus tôt à lancer une crêpe dans un seau. Elle va vérifier si la photo des champions de cette soirée a été affichée, mais elle revient déçue : les photos sont affichées jusqu’au 3 août et nous étions passées le 7 août… Nous dînons dans Westy puis reprenons la route.
Nous passons la frontière à Beaver Creek : la douanière, est accueillante et chaleureuse. Nous voici donc de retour au Canada, pour moins de 24 heures cependant puisque, à cause du découpage géographique bizarre dans ce coin, nous devons passer par là pour retourner en Alaska pour prendre le ferry jusqu’en Colombie-Britannique : c’est plus facile à comprendre si vous avez une carte. De plus, il ne faut pas oublier de changer l’heure : l’Alaska a une heure d’avance sur le Yukon.
Au Centre d’information touristique, nous parlons en français avec Gisèle Hébert, originaire de Sorel. Elle apprécie beaucoup sa vie ici : le rythme est plus mollo. Beaver Creek compte 80 habitants. Elle travaille l’après-midi au Centre touristique et le matin au motel en face. À Beaver Creek, elle n’est pas la seule à avoir deux jobs à temps partiel : par exemple, une femme est responsable de la banque deux jours par semaine et de la poste, les trois autres jours. Même bâtisse avec comptoirs distincts pour la banque et la poste. Nous échangeons aussi avec un sympathique couples d’Ontariens qui nous posent des questions sur notre véhicule.

Nous campons quelques kilomètres plus loin à Snag lake. C’est un tout petit camping gouvernemental, au bord d’un petit lac. Il fait très beau lorsque nous arrivons et nous sommes bien décidées à nous faire un bon souper : au menu, spaghetti à la viande de bison que nous avons sortie du congélateur ce matin. Nous nous apercevons cependant que nous n’avons pas de sauce à spaghetti. Comme nous n’avons pas non plus de spaghetti ( !), nous revoyons notre menu : ce sera des hamburgers de bison. Comme le bois est gratuit ici et qu’il est bien sec, je fais un bon feu et fais cuire les hamburgers sur la braise. Miam!

Nous veillons un peu autour du feu. Nous allons admirer le lac sous la lumière du soleil couchant : il n’y a pas un souffle de vent et l’eau est comme un miroir dans lequel se reflète le paysage environnant. Nous échangeons avec de sympathiques Allemands qui explorent le Yukon et l’Alaska. Le ciel est complètement dégagé et la nuit s’annonce fraîche : nous enfilons une couche supplémentaire avant de nous coucher et je mets ma tuque (Colette porte sa tuque toutes les nuits depuis que nous sommes en Alaska).
Mardi 4 septembre (jour 104)
Lorsque je me lève pour aller faire pipi vers une heure du matin, le ciel est plein d’étoiles. Je me rendors facilement, mais lorsque nous émergeons, il a fait autour de 5ºC dehors et 7ºC dedans. Comme le chauffage ne fonctionne plus, car nous avons épuisé notre batterie auxiliaire, nous démarrons le moteur. Le temps de nous habiller et de prendre quelques photos du lac qui émerge du brouillard, nous prenons la route sans déjeuner vers 8h30.

Nous nous arrêtons une heure plus tard pour déjeuner au bord du lac Pickhandle. Après avoir mangé des grill-cheese garnis de minces tranches de pommes, nous observons des
rednecked grebes (grèbes jougris). Je me suis aussi un peu promenée près du lac et j’ai cueilli des canneberges sauvages.
Colette est au volant et la route est pas mal bondissante. Il lui faut souvent ralentir pour éviter que Westy et son contenu soient trop bousculés. Les paysages sont très beaux, agrémentés de couleurs automnales. Nous voyons une femelle orignal qui broute dans un étang et un ours noir qui traverse la route. Nous croisons très peu de monde et il y a très peu de services sur cette route. Dès que nous le pouvons, nous nous arrêtons pour téléphoner afin de réserver le ferry qui va de Haines (Alaska) à Prince Rupert (Colombie-Britannique). Il y a de la place dans le ferry de jeudi, ce qui fait bien notre affaire.

Nous dînons à Haines Junction, où se trouve le Centre des visiteurs du parc national de Kluane. Comme nous devons prendre le ferry après-demain et qu’en plus le temps est brumeux et pluvieux, nous n’explorerons pas ce parc. Le peu que nous en voyons en le longeant est magnifique, mais considérablement masqué par de gros nuages très bas. Ça ressemble un peu à la Dempster Highway au nord de Dawson city : hautes montagnes, moyennes montagnes, végétation basse. Nous longeons le lac Kluane sur plusieurs kilomètres : il est vert aqua et immense.

L’état de la route s’améliore et nous sommes moins secouées. Nous retraversons la frontière américaine environ 70 km avant Haines. C’est fou comme les douaniers américains sont froids et à la limite du désagréable. Le paysage change radicalement : la route est maintenant bordée de grands arbres et surplombée par des pentes abruptes : nous sommes dans une forêt humide côtière. Nous longeons la large rivière Chilkat pendant des kilomètres. À l’automne des milliers d’aigles à tête blanches viennent y « pêcher » le saumon qui vient y frayer.
Nous soupons au restaurant à Haines, village côtier et une des étapes du ferry de la Alaska Marine Highway, qui dessert le Inside passage jusqu’à Prince Rupert. Il pleut, les nuages masquent une partie des montagnes qui entourent la baie. Nous nous installons dans un camping avec électricité et douches et internet sans fil (Wifi).
Mercredi 5 septembre (jour 105)
Il fait gris et il pleuviote lorsque nous nous réveillons et il en sera ainsi toute la journée. Nous prenons une bonne douche avant de déjeuner. Je réponds à plusieurs courriels et je fais un peu de recherche sur deux personnes pour préparer une possible entrevue à Vancouver et une autre à Victoria.
Nous allons au terminal du ferry pour nous enregistrer pour le départ de demain. Nous allons ensuite observer les aigles à tête blanche près de la rivière.

Environ 200 aigles sont des résidents permanents à Haines et, à l’automne, lorsque le saumon vient frayer, ils sont 3000 à venir festoyer.
Nous allons faire un petit tour en ville pour un dernier tour dans une boutique de souvenirs en Alaska. Nous faisons une épicerie en prévision de notre périple en ferry de deux jours et demi.

Colette prépare la salade tomates, feta, saumon que nous allons manger pour souper et fait cuire du riz basmati pour le plat de résistance que nous allons apporter sur le ferry (il y a un four micro-ondes à bord). De mon côté, je fais cuire les légumes et les crevettes qui accompagneront le riz. Nous avons bien calculé notre coup, car notre frigo sera vide demain avant d’embarquer dans le ferry : en effet, le propane doit être fermé durant la traversée et puisque Westy ne peut pas être branché et cela épuiserait la batterie auxiliaire alors le frigo ne marchera pas.
Après souper, il est passé 21h00, Colette se couche et je mets notre blogue à jour, du moins jusqu’à notre départ de Seward vers Anchorage.
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