mardi 21 août 2007

De Fairbanks à Anchorage

Lundi 13 août (jour 82)

Fairbanks (Alaska)

Le temps est grisonnant, avec du soleil intermittent. Nous découvrons qu’une connexion internet couvre ce camping, ce qui n’était pas prévu. De plus, après un essai, nous nous rendons compte que le téléchargement des photos dans le blogue est très rapide. J’en profite donc pour mettre à jour notre journal de bord en ligne. Même si la connexion est bonne, c’est toujours une opération assez longue qui peut prendre de deux à trois heures. Je m’améliore côté mise en page en variant la taille et le positionnement des photos, avez-vous remarqué?

C’est un peu difficile de prendre une décision pour la suite des choses à cause du temps maussade qui est prévu pour les prochains jours, mais nous choisissons finalement de réserver trois jours de camping au parc Denali, à environ 200 km au sud de Fairbanks.

Après avoir réglé le problème du blocage de notre carte de crédit en appelant la banque Scotia et avoir fait le plein d’essence, nous mangeons un délicieux repas dans un restaurant thaïlandais, pour un prix très raisonnable. Je fais aussi des photocopies de mon tableau de dépenses journalières : sur ces feuilles, je note toutes nos dépenses au jour le jour, comme je le fais toujours durant nos vacances estivales. Ça nous donne un portrait fidèle et ça nous permet de voir si nous respectons notre budget et quel montant nous pouvons prévoir pour une dépense spéciale comme un vol en avion ou une traversée en ferry.

En route vers Denali, la route offre des paysages spectaculaires et nous sommes en moyenne montagne après à peine 15 km de route. Nous nous arrêtons pour prendre une photo et je m’aperçois que des voyageurs essayent de réparer un panneau de leur VR, mais qu’ils n’ont pas d’outils notre boîte à outils au premier plan). Je leur propose les nôtres, ce qui leur permet de réparer le panneau tordu par un passage dans un trou. C’est drôle, parce que ce sont trois hommes et nous deux femmes, nous leurs fournissons les outils. Nous essuyons quelques averses très localisées.

Nous arrivons au parc de Denali vers 18h30. Le temps s’est dégagé et il y a plus de bleu et de soleil dans le ciel que de nuages. Nous allons faire un tour au Centre des visiteurs et réservons un tour guidé en autobus pour le lendemain après-midi. Le parc de Denali fait 6 millions d’acres (environ 24 000 km2, aussi grand que l'État du Massachusetts) et une route de 90 milles y pénètre. Mais elle n’est pas ouverte aux véhicules individuels afin de préserver la tranquillité de la faune. Il y a donc un système de navettes gratuites et payantes (au-delà de 20 milles) pour accéder à certains endroits du parc.

Mardi 14 août (jour 83)

Il faisait beau vers 6h00 ce matin, mais ça c’est gâté et il pleut. Petit matin tranquille. Nous déjeunons tard et préparons un lunch pour notre excursion guidée dans le parc. Les navettes gratuites et payantes qui sillonnent le parc toute la journée peuvent être arrêtées n’importe où pour embarquer ou débarquer, ce qui permet aux randonneurs de marcher où ils veulent. Nous avons plutôt choisi d’embarquer dans un bus un peu plus confortable qui offre une excursion guidée avec un chauffeur naturaliste.

Comme il fait mauvais, nous jonglons avec l’idée de reporter notre excursion au lendemain, mais, comme le temps sera aussi incertain, nous embarquons finalement dans le bus à 13h30. Nous nous rendrons à Toklat : l’excursion prendra huit heures en tout pour faire environ 150 km, car le bus roule à environ 30 km/heure et nous nous arrêtons souvent, soit pour nous dégourdir les jambes, soit parce qu’il y a quelque chose à observer : lagopèdes qui se promènent le long de la route, faucon, mouflons d’Amérique perchés sur des crêtes vertigineuses avec leurs petits, caribous aux panaches impressionnants. Le chauffeur est équipé d’une super caméra qui lui permet de zoomer sur les animaux que nous apercevons au loin. Le clou de la journée sera ce grizzly bien costaud visible de la route. Il est en train de manger des baies à flanc de montagne et la caméra nous permet de bien le détailler. C’est quelque chose de voir ce gros animal de près (désolées, la photo est floue). Nous apprenons qu’un ours mange entre 60 et 70 livres de baies par jour et fabrique avec ça environ sept livres de gras par jour en automne pour préparer son hibernation.

Vers la fin du voyage, lorsque nous arrivons à la rivière Savage, des autos sont arrêtées. Un renard roux est tout près de la route et un homme avec un gros appareil photo essaye de l’approcher. Il prend plein de photo et essaye toujours de s’approcher de plus près en s’approchant doucement, accroupi, ce qui lui donne un air comique : il a l’air d’un membre du SWAT qui veut coincer un gros méchant. Le renard s’éclipse vers la montagne, mais voilà qu’il réapparaît sur la route après avoir fait un cercle dans les broussailles. Il est un peu plus près et monsieur SWAT recommence à cliquer et à essayer de s’approcher. Le renard s’assoit, ce qui donne l’impression qu’il prend la pause : c’est rigolo.

Le plaisir de l’excursion, c’est aussi le parc lui-même, même si le temps nuageux rend les paysages un peu moins spectaculaires : la route de terre, de boue et de gravelle serpente à flanc de précipices par endroit et longe des rivières qui semblent minuscules tant les vallées creusées par les glaciers sont énormes.

Nous passons une autre nuit dans le parc au camping de Riley Creek. Les réservations de camping, de navettes et de bus doivent être faites au moins un jour à l’avance et parfois plus tant le parc est populaire : plus de 400 000 visiteurs par année.

Mercredi 15 août (jour 84)

Nous nous rendons au centre des visiteurs du parc. Nous y voyons un film superbe sur le parc. Ce dernier est le seul parc américain patrouillé en hiver par des rangers se déplaçant en traîneaux à chiens. L’automne, qui arrive fin août, avec la première neige et les couleurs flamboyantes de la toundra est un spectacle saisissant et j’espère un jour pouvoir faire du ski de fond ou de la raquette ici. Ça ne vous étonnera pas si je vous dis qu’à chaque fois que je fais une randonnée, où que je sois depuis le début du voyage, je m’imagine en train de la faire en raquettes ou ski de fond.

Pendant que Colette se promène dans la section exposition du centre des visiteurs, j’écris un peu du journal de voyage. Plusieurs personnes nous félicitent de tenir notre blogue à jour, mais nous le faisons autant pour vous que pour nous. Pas question en effet de laisser s’envoler les souvenirs du voyage de nos rêves. Et pour les photos dans Picasa, ça nous permet de les classer et de garder les meilleures au fur et à mesure. Imaginez, nous en avons pris plus de 2000 depuis notre départ. Si nous devions faire le tri au retour, quel casse-tête!

Après avoir pris un bon lunch au restaurant du parc (délicieux ragoût de caribou d’élevage), nous faisons une randonnée guidée dans le parc durant environ 1h30, puis nous nous rendons au camping de Savage river, qui est plus loin dans le parc, soit à environ 20 milles de l’entrée. Sur cette section, la route est asphaltée, mais la vitesse est limitée quand même : ça fait vraiment drôle de rouler à 40-50 km/h, mais ça permet d’apprécier le paysage qui, au risque de me répéter, est remarquable.

Nous prenons du rosé au coin du feu, grignotons un restant de saumon sockeye, des chips et du fromage. Le temps est assez dégagé, le camping est tranquille et beaucoup plus bucolique que celui de Riley creek. Ici, des geais gris guettent les restants de repas et essayent même de les prendre avant que nous les mangions! Il y a aussi des lièvres qui habitent dans le coin. Ils nous guettent du coin de l’œil quand nous allons faire pipi dans le bois. Nous en profitons pour finir la bouteille de rosé et veiller au coin du feu en lisant jusqu’à ce que la nuit et la fraîche nous forcent à rentrer.


Jeudi 16 août (jour 85)

Petit matin tranquille et grisonnant. Quel privilège, jour après jour de pouvoir prendre son temps pour déjeuner, rêvasser, faire une petite vaisselle, passer un coup de petit balai dans Westy. C’est généralement moi qui fais le café, le thé et les toasts dans la poêle le matin. Je fais la vaisselle, Colette l’essuie et la range et elle arrange aussi le coin lit pour que ce ne soit pas trop fouillis. C’est aussi Colette qui vérifie que tout est ok avant de prendre la route : hublot du toit fermé, frigo barré, fenêtres fermées, frigo sur le gaz ou la batterie auxiliaire, etc.

À 11h30, nous commençons à marcher sur un sentier qui longe la rivière Savage. En moins d’une heure, le temps s’est considérablement éclairci et il fait chaud, alors que nous étions parties avec polar et coupe-vent. Arrivées au pont qui traverse la rivière, nous poursuivons à droite et je décide de grimper un surplomb qui n’a pas l’air trop à pic. Ouais, ça a toujours l’air plus facile de loin. J’arrive néanmoins en haut après une bonne suée et je vois que la piste est beaucoup plus praticable de l’autre côté du pont. Et en plus, il faut maintenant que je redescende, ce qui, dans ce cas est nettement plus délicat que de monter. Je me demande parfois pourquoi je me mets dans des situations comme ça. J’imagine que mon côté aventureux refuse de décrocher et je dois dire qu’une montée d’adrénaline reste une sensation intéressante.

J’arrive saine et sauve en bas et nous traversons la rivière pour poursuivre le sentier de l’autre côté. Le ciel est complètement dégagé maintenant. Nous nous rendons jusqu’à un point de vue qui permet de voir assez loin. La rivière serpente longtemps et se perd dans les montagnes environnantes. Au loin, nous voyons des sommets plus hauts. Après une collation de Vache qui rit, de barre granola et de biscuits au sésame, nous nous séparons, après avoir ouvert nos walkie-talkie. Colette rebrousse chemin, tandis que je décide de gravir une autre pente, en espérant avoir une meilleure vue. Et voilà que ça recommence! Ce qui avait l’air d’une ascension raisonnablement difficile, devient plus ardu que prévu, car je dois traverser d’épais buissons d’arbustes. Et ça monte, et ça monte. Et quand je pense avoir atteint le sommet, ce n’est jamais tout à fait ça. Mais il fait beau, et je suis seule face à l’immensité et à la rivière.

Je m’assois quelques minutes pour me reposer et profiter de l’endroit. Je vois le sentier qui serpente au-dessous. Jusqu’où va-t-il? J’aimerais bien poursuivre, mais je n’ai plus rien à manger et ce ne serait pas raisonnable. Je rebrousse donc chemin en contournant la colline pour redescendre en terrain dégagé et je rejoins Colette vers 17h00.

Cet après-midi de plein-air nous a enchantées. Colette a beaucoup aimé ce sentier assez facile, qui donne quand même l’impression d’être au bout du monde, car nous étions seules pendant une partie de la randonnée. Ce qui est remarquable aussi, c’est que la végétation étant basse et les couleurs déjà changeantes (l’automne arrive vite ici!), on voit très bien le relief environnant. Nous retournons au restaurant près du Centre des visiteurs et nous nous régalons d’un ragoût de caribou.

Nous quittons le parc Denali pour nous rendre au village où nous entrons dans plusieurs magasins de souvenirs. Comme il se fait tard et que nous sommes fatiguées, nous décidons de coucher sur-place plutôt que de prendre la route. Nous passons donc la nuit dans un camping qui ressemble plutôt à un parking de VR sur de la gravelle en arrière d’une rangée de magasins, mais bon, ça ne change pas grand-chose quand on fait juste dormir. De plus, il y a une connexion internet, ce qui nous permet de vérifier nos courriels.

Vendredi 17 août 2007 (jour 86)

Il fait beau aujourd’hui. Nous déjeunons dans un petit café, et, après bien des hésitations, nous réservons un tour d’hélicoptère avec atterrissage sur un glacier. Nous aurions aussi pu faire un tour d’avion près du mont Mckinley, le plus haut sommet d’Amérique du Nord, à plus de 20 000 pieds (près de 7000 mètres), mais finalement c’est le goût de vivre un vol d’hélicoptère qui l’a emporté. Impressionnant, en effet, car ce dernier peut s’approcher plus près des montagnes qu’un petit avion, car la souplesse de son hélice lui permet de mieux absorber les turbulences. C’est difficile de décrire ce que nous voyons du haut des airs et les photos dans Picasa vous donneront une meilleure idée. Colette est assise en avant et prend 210 photos durant la sortie! Ces montagnes, ces pics, ces rivières et ces glaciers majestueux forment un tableau grandiose qui me rend humble et admirative de la beauté du monde. Colette est aussi absolument enchantée par cette expérience, transportée par la magie et la puissance des paysages. allez voir les photos dans Picasa et attachez vos tuques avec de la broche!

Nous quittons le village de Denali vers 17h00, après avoir mangé une bonne soupe dans le petit café où nous avons pris notre petit déjeuner. En chemin, nos apercevons le fameux mont Mckinley, qui domine nettement les montagnes environnantes. Son sommet est tout blanc. Nous sommes chanceuses de le voir, car il est souvent masqué par les nuages.

Nous suivons le conseil de notre ami Sam (Edmonton) et nous nous arrêtons dans le petit village de Talkeetna, à environ 100 milles de Denali. Le propriétaire du camping est charmant et passionné de hockey. C’est un partisan des Sabres, car il habite Buffalo lorsque la saison est terminée. Nous rigolons un peu des déboires de nos équipes respectives. Le train qui relie Fairbanks à Anchorage passe à quelques mètres du camping et comme la voie n’est pas protégée, le chauffeur utilise son puissant sifflet la nuit et le matin de bonne heure. Faut se faire une raison, si la voie ferrée n’était pas là, il n’y aurait tout simplement pas de village ici. D’ailleurs, durant la journée, de nombreux touristes débarque du train pour prendre des autobus qui les emmènent à leurs hôtels de luxe un peu en dehors du village.

À Talkeetna, les deux principales activités touristiques sont les vols d’avion pour aller voir le mont Mckinley et des excursions sur une des trois rivières qui se rencontrent à cet endroit. La pêche est aussi très populaire dans le coin. Le minuscule village est sympathique et décontracté.

Samedi 18 août (jour 87)

Je tente encore une fois de localiser le bruit qui s'amplifie sous le camion et je pense avoir trouvé le bobo en enlevant une protectin en tôle qui branle, mais ce n'est pas ça. Après un départ tardif du camping, nous profitons du beau temps en nous promenant dans le village et en furetant dans les boutiques. Nous mangeons de très bons sandwichs chauds (flatbread) avant de prendre la route d’Anchorage.

Nous campons dans le parc Chugach, à Eklutna lake. Le camping est plein, car il est très populaire la fin de semaine puisqu’il est à 25 milles de la ville. Nous trouvons quand même de la place dans ce que les anglophones appellent l’overflow (débordement). C’est en fait dans la partie du parc où les gens viennent passer la journée sans camper, mais c’est très bien, car il y a des tables à pique-nique et des emplacements pour faire un feu.

Nous nous installons et, pendant que je fais un feu, Colette prépare, pour la première fois depuis le début du voyage, une enveloppe de nourriture déshydratée : soupe de lentilles. Nous sommes en effet à sec, car nous n’avons pas fait d’épicerie depuis que nous avons quitté Fairbanks.

Nous voilà bien installées et profitant du temps qui passe, lorsque le VR stationné un peu plus loin part sa génératrice, qui et très bruyante. Ça enlève bien du charme à l’endroit et ça me fait monter la moutarde au nez, mais rien n’interdit ce genre de bruit. Après environ 45 minutes, elle s’arrête, ce qui me soulage beaucoup. Pas de chance, elle repart vers 20h30 et ils ne l’arrêteront qu’à 22h00 pile, même si Colette essaye poliment de leur faire comprendre, après une heure de tintamarre que ça fait du bruit en stie ce truc. Mais comme ils en ont besoin pour regarder leur maudite TV, ils la font marcher le plus longtemps possible.

En plus, à 21h55, il arrive un couple avec un garçonnet d’environ quatre ans. Ils sortent du pick-up une espèce de jouet assez gros qui est une moto à quatre roues. Je me dit que faire rouler ça sur dans le stationnement ça va faire du bruit, mais c’est encore pire que ce que je pensais : ce bidule a un moteur électrique poussif qui fait un bruit très désagréable! La mère se tourne vers nous et nous dit, pour nous rassurer, qu’il ne jouera pas longtemps avec. Mais je suis tout bonnement estomaquée et je me dis que tous ces campeurs du dimanche devraient rester chez eux au lieu de venir faire du tintamarre dans les bois et faire chier les autres campeurs.

Heureusement que les gardiens du camping, qui discutaient avec nous au moment où la petite famille est arrivée, leur font comprendre qu’à partir de 22h00, c’est les « heures tranquilles » (quiet hours). La mère n’est pas très contente, mais respecte la consigne. D’ailleurs, on entendra son gamin parler et s’agiter jusqu’à au moins minuit.

Les gardiens du camping sont un couple à la retraite qui font ce travail depuis cinq ans en Alaska. Lorsqu’ils ont vu notre plaque du Québec, elle nous a dit « Bienvenue » en français et nous avons entamé la conversation. Elle a été élevée à Val d’or et lui a travaillé sur les chantiers des routes des grands barrages au Québec et ailleurs dans le nord. Les gens sont toujours surpris et admiratifs d’apprendre que nous sommes en voyage pour six mois. Ils apprécient que nous prenions notre temps pour visiter leur coin de pays.

Dimanche 19 août (jour 88)

Devinez ce qui nous réveille à 9h00 pile : la génératrice d’à côté. J’imagine qu’ils en ont besoin pour faire marcher le grille-pain et la cafetière… Nous nous levons et nous déplaçons de l’autre côté du stationnement, ce qui nous éloigne suffisamment du bruit, car il y un bel îlot d’arbres dans le milieu. Nous ne pouvions pas le faire hier soir, car on ne peut pas camper là.

Je fais un feu pour réchauffer l’atmosphère grise et humide de cette journée. Il pleuviote par moments,mais ça ne dure pas. Après quelques hésitations, je décide de faire une randonnée dans ce parc à flanc de montagne. Comme le sentier des Twin peaks est coté modéré à difficile et offre de beaux points de vue sur la vallée, je le choisis. Selon le dépliant, les gens en forme le montent en deux heures et le redescende en une heure. Il est en effet assez à pic par endroits et monte de façon continue. Au bout de deux petites heures je me retrouve en haut et c’est vrai que la vue est saisissante : les Twin peaks se dressent tout près, la vallée est remplie par le superbe lac Eklutna et des pics enneigés émergent au loin.

Passablement fatiguée par cette ascension, je m’installe à l’abri du vent froid pour manger mon lunch. Comme il y a pas mal de bleuets dans le coin, je me mets à en cueillir et après 45 minutes mon sac Ziploc est plein. J’agrémente mon pouding soya-chocolat d’une généreuse portion de bleuets et, après avoir mangé ce délicieux dessert, je reprends mon bâton de marche, et je retrouve Colette 90 minutes plus tard. Elle a profité de ma randonnée pour finir le volume cinq de Harry Potter, alimenter le feu et faire quelques croquis que j’aime beaucoup. Elle s’est inspirée de l’art amérindien local en dessinant un homme qui joue du tambour, par exemple.

Vers 18h00, nous prenons la route d’Anchorage qui est a seulement 25 milles de là. Nous cherchons un camping indiqué dans notre Guide du camping en Alaska, mais, bien qu’il soit récent, il semble tout simplement avoir disparu dans un grand chantier de construction. Nous nous installons donc au Golden Nugget, un gros camping pour VR où il ya de nombreux montres commes celui montré ci-dessous. Lorsque nous arrivons, le bureau est fermé. Il n’est pourtant que 19h00, mais le bureau ferme à 18h00. C’est la première fois que nous voyons cela dans un camping commercial. De plus, il y a un numéro de téléphone en cas de besoin après les heures d’ouverture, mais ça ne répond pas…

Comme il y a beaucoup de place, nous décidons d’aller faire un tour de ville en auto pour reconnaître les lieux et nous faisons une épicerie de base. Je laisse un petit mot sur la porte du bureau du camping pour indiquer notre numéro de plaque et le site que nous avons choisi. Nous nous apercevons ensuite que ça prend un code pour entrer dans les toilettes… Quelqu’un le donne à Colette, mais ce n’est pas le bon. Elle essaye autre chose et heureusement, ça marche.

En revenant à notre site, nous jasons avec deux couples de Québécois qui sont installés juste à côté de nous. Ça fait longtemps que nous n’avons pas entendu parler français. Il y a très peu de Québécois et de Canadiens en Alaska. Le camping est rempli de gens qui viennent de partout aux États-Unis : Colorado, Texas, Michigan, Washington, etc. Et la plupart campent dans des monstres. Il y a aussi quelques vieux VR décrépis qui ne semblent même pas en mesure de rouler.

Nous soupons et regardons ensuite le DVD Harry Potter et la coupe de feu, car Colette aimerait bien aller voir le film qui vient de sortir adapté du volume qu’elle vient de finir. Il est bien tard lorsque nous nous couchons (1 heure du matin).

Lundi 20 août (jour 89)

Nous nous levons tard. Après avoir régularisé notre situation au camping et déjeuner, nous prenons le temps de faire un lavage. Colette en profite pour mettre des légendes dans les photos publiées dans Picasa, puis j’avance un peu le journal de voyage.

Westy a besoin d’un entretien : rotation des pneus, changement du filtre à huile, réparation du frein à main et vérification du bruit qui augmente, dont nous ne connaissons toujours pas la cause. La gérante du camping nous a remis une liste des compagnies qui font l’entretien et la réparation de VR. Vers 16h30, nous sommes au Centre d’information touristique pour que quelqu’un nous aide à repérer ces commerces sur le plan de la ville. Autre curiosité dans notre voyage, ce centre ferme à 17h00! À Fairbanks, ça fermait à 20h00 et à 19h00 en général dans les différents endroits que nous avons visités.

Nous allons chez Karen RV service, mais on nous explique qu’ici on ne fait que l’entretien de la partie VR du véhicule, pas de la partie mécanique. Le monsieur nous réfère à un atelier de mécanique où il envoie ses clients. C’est toujours plus rassurant d’avoir une référence que d’y aller au hasard.

Nous retournons au camping. Colette, qui s’ennuie d’entendre de la musique sort les haut-parleurs, les connecte au portable et nous crée une ambiance musicale très agréable Mes aïeux, Ferland, Elvis, Clémence, Enrico Macias, musique classique. Pendant ce temps, je coupe des légumes et je les fais rôtir dans la poêle. Nous avons déroulé l’auvent pour que je puisse cuisiner à l’abri de la petite pluie qui tombe. Nous savourons une Mike’s à deux, avec quelques grignotises. Colette prépare du riz basemati au curry et nous mangeons un délicieux plat de dinde, légumes (oignons, champignons, piment rouge, courgettes et brocoli) et riz avec une autre Mike’s à deux.

Il fait gris et humide à Anchorage et Colette trouve ça difficile et un peu déprimant. Une chance que nous avons du chauffage dans Westy et que la belle musique lui remonte le moral. Je rédige le journal de voyage pendant que Colette fait des croquis : un caribou, un orignal, un attelage de chiens de traîneau, un ours, une baleine, un Amérindien au tambour. Dodo vers 23h00.

Aucun commentaire: