Nous nous rendons au Mather Point pour admirer la vue sur le Grand Canyon, puis nous allons faire un tour au Centre des visiteurs pour nous renseigner sur les randonnées. Un tour au Magasin général nous permet de voir que l’épicerie est très bien approvisionnée. Il y a aussi une partie magasin de sport. Colette essaye des bottes de randonnée pendant que j’examine les bâtons de marche en me demandant si je vais en acheter une paire, car nous prévoyons de faire un bout de sentier ensemble demain.
- 1450 miles de long (2333 km).
- Prend sa source au Colorado et se jette dans le golfe de Californie au Mexique.
- 76 pieds (21 m) à 300 pieds (91 m) de large
- 35 pieds (11 m) de profondeur en moyenne, mais atteint 100 pieds (30 m) par endroits.
- 11 000 pieds (3350 m) de dénivellation entre sa source et son embouchure.
- Il parcourt 277 miles dans le Grand canyon, avec une dénivellation de 2200 pieds (671 m).
Nous marchons un autre 1,8 km et reprenons la navette jusqu’au Hermit’s point, afin de voir le coucher de soleil.
Soirée tranquille. Souper, vaisselle, tri de photos, jasette. Colette se couche vers 21h30, moi vers 23h115, après avoir mis le journal à jour et avoir lu. Je lis un roman passionnant qui se passe durant et après la Deuxième guerre mondiale à Londres : The Night Watch, de Sarah Waters. Comme il fait relativement doux, je prends le temps de m’étirer dehors sous les étoiles en faisant des mouvements de Qi Gong.
Mardi 6 novembre (jour 167)
Nous entamons notre descente vers 11h15. Des mises en garde déconseillent de descendre dans le fond du canyon et de remonter dans la même journée. Bien des gens sur-estiment leurs capacités et sous-estiment la chaleur, qui augmente au fur et à mesure qu’on descend.
Le sentier commence par une série de lacets. Il est très sablonneux ou plutôt poudreux, ce qui soulève de la poussière. Surtout lorsqu’on croise un convoi de mules. Ce sentier a été tracé pour les besoins des mineurs, qui charriaient leur matériel avec des mules. La tradition est restée et nous croiserons plusieurs convois. Certains comptent des touristes, d’autres seulement des mules chargées.
C
Mais ne croyez pas que ce type de déplacement est de tout repos : il faut être en forme (et peser moins de 90 kg (200 lbs)) pour passer quelques heures sur le dos d’une mule dans le Grand Canyon! Il ne faut pas non plus être incommodé par la poussière et les odeurs fortes, parce leurs excréments et surtout leur urine sentent assez fort! Dans le sentier, les mules ont la priorité : les randonneurs doivent impérativement se tenir immobiles sur le côté interne du sentier et les laisser passer.
E
Je commence à remonter vers 14h00. Les lacets se succèdent et ne se ressemblent pas, me permettant de redécouvrir le paysage sous un autre angle que durant la descente. Sable poudreux rouge ou jaune pâle, parois vertigineuses, ombre et soleil. J’ai chaud, mais c’est raisonnable,
Ça fait bizarre de terminer une randonnée en montant à pic, mais c’est l’essence du Grand Canyon. J’arrive en haut vers 16h15. Je prends deux navettes pour revenir au Magasin général afin de rapporter les bâtons de marche, puis je marche jusqu’au camping. Nous avons essayé de rester en contact avec les walkie-talkies, mais la communication n’était pas bonne, probablement à cause des nombreux obstacles rocheux du canyon, mais aussi parce que mes piles commençaient à être faibles. Colette est en pleine préparation du souper, mais comme les douches ferment à 18h00 et ne sont pas sur place, nous casons les plats et allons prendre une douche bien méritée.
Nous mangeons avec appétit un délicieux souper de nouilles au thon, lime, pesto, tomates séchées, oignons et pois mange-tout.
Colette est tellement enthousiaste, qu’elle parle de faire une autre randonnée dans le canyon demain. J’en suis baba! Pour ma part, je ne suis pas sûre que je serai assez reposée pour ça, mais nous laissons aller et choisissons de refaire le point demain matin.
Note du jour. Dans les provinces anglophones et aux États-Unis, les campings qui s’affichent sur des pancartes ou dans des guides touristiques, précisent qu’ils offrent des « hot showers ». Ça me fait sourire à chaque fois. Cold shower, anybody?
Mercredi 7 novembre (jour 168)
J’ai mal dormi et je suis un peu comateuse ce matin. Je propose à Colette de prendre une journée mollo : lavage, trouver une connexion internet. Elle accepte en proposant de sortir du parc pour aller voir un film Imax sur le canyon. Une grosse brassée de lavage et de séchage plus tard, nous voilà en route pour Tusayan, un petit village situé à la sortie sud du Canyon, à quelques kilomètres d’où nous campons. Il y a là le Centre d’information National Geographic, où un film Imax est projeté toutes les heures, et une connexion internet sans fil gratuite et rapide.
Nous dînons dans Westy avant d’aller voir le film, spectaculaire, comme tous les films Imax. Nous apprenons qu’il y a 4000 ans un peuple aujourd’hui disparu vivait dans le Canyon et construisait des abris en briques cuites : les Anasazis. On ne sait pas pourquoi ils se sont éteints : famine, sécheresse, décimation par un autre peuple (il y aura une version différente de cette histoire à Mesa Verde).
Le film Imax reconstitue une partie de son expédition de 1869 : fallait avoir le cœur bien accroché et un grain de folie pour se lancer dans cette folle aventure qui a duré 79 jours! Trois de ses hommes, effrayés par la dangerosité des rapides ont fini par le quitter en espérant sortir du canyon à pied. On ne les a jamais revus, mais Powell et le reste de la troupe sont sortis des gorges deux jours plus tard… Il y a bien des choses à dire sur l’histoire du Grand Canyon, mais je vais m’arrêter là.
Après le film, nous mettons en ligne le blogue et les photos de notre séjour au Lac Powell. Nous revenons au camping après avoir fait une épicerie au Magasin général. Souper, vaisselle, journal, photos et hop au lit vers 21h30.
Le recyclage constitue un défi à bien des endroits. C’est en Alaska que ça a été le plus difficile et aussi dans les endroits où le recyclage est bien implanté dans les foyers, car il faut alors trouver le dépôt. Une fois trouvé, ce dépôt peut se révéler très « picky ». Par exemple. A Fairbanks (Alaska), on ne pouvait y déposer que les plastiques identifiées 1 et 2. Une mention très bien revient au Yukon, du moins à Whitehorse. Autre mention très bien : Safeway, qui recycle les sacs en plastique.
Jeudi 8 novembre (jour 169)
Le jour où les Rangers ont failli partir à ma recherche…
Colette. L’étape visée totalise 3 miles (4.8 km) aller-retour soit le «1,5 Mile Resthouse».
J’arrive à 12h10 à l’étape visée. La terre y est rouge et de la «Resthouse» j’ai une bonne vue d’Indian Garden et du sentier qui mène à Plateau Point. C’est calme. Les randonneurs que je croise sont plus équipés et plusieurs ont sans doute campé en bas du canyon. Je ne reste que 20 minutes, le temps de dîner. J’ai froid, je n’ai pratiquement pas de soleil sur la portion de sentier que je fais. J’entreprends la remontée.
Une fois en haut, je m’occupe de notre hébergement pour ce soir. Les hôtels sont pleins, sauf un, mais à 150 $ la nuit, je préfère retourner au camping. Je me récompense avec des chips et une Mike’s. Je fais quelques préparatifs d’itinéraires pour les jours qui viennent et j’installe une nappe sur la table afin d’indiquer que le site est occupé. Je vais ensuite m’installer au stationnement de la Plaza vers 17h00 pour accueillir Françoise. J’en profite pour téléphoner au Québec. J’ai essayé plusieurs fois de contacter Françoise par walkie-talkie, mais sans succès.
Pendant ce temps…
J’arrive à Indian Garden vers 13h30. C’est une petite oasis où coule le ruisseau Bright Angel. Il y a là un camping, des toilettes, de l’eau et des tables à pique-nique. Les toilettes sont des toilettes à compost : très propres et pas d’odeur, c’est extra! Je prends le temps de manger et je me demande si je continue ou pas.
La vue sur le Colorado est superbe et apaisante. Ça donne envie de rester là ou d’aller le voir de plus près, mais ce sera pour une autre fois, car je dois rebrousser chemin si je veux rentrer avant la nuit. Zut! Après avoir marché plus d’un kilomètre, je me rends compte que j’ai oublié ma veste en polar à Plateau point! Ma veste, ce n’est pas grave, mais la carte d’assurance-maladie dans la poche intérieure, c’est plus embêtant… J’y retourne presque au pas de course, je récupère ma veste. Dernier coup d’œil au fleuve vert et hop, direction le haut du canyon.
Je prends quand même le temps de m’étirer quelques minutes à Indian Garden, d’où j’entame la montée vers 15h15. À 16h30, je suis à l’arrêt appelé «
Seule? Pas tout à fait. Dans le dernier kilomètre, je dépasse un jeune homme. Il me demande comment je vais. Je lui dis que tout va bien pour moi. Il me dit qu’il est fatigué, mais sa voix est bonne. Il fait presque noir et je ne vois pas son visage. Je le dépasse et poursuis mon chemin. Au bout de quelques minutes, je me rends cependant compte que je marche beaucoup plus vite que lui et ça m’inquiète. Je me dis qu’il est peut-être à bout de forces.
Nous faisons connaissance en attendant la navette. Il s’appelle Nick et il peut bien être fatigué : il est parti depuis ce matin 7h30 et il s’est rendu à Phantom Ranch! Il est lui aussi dans un « road trip », commencé fin août et retournera chez lui pour les Fêtes. Il voyage avec un Honda Element dans lequel il a un lit. Il vient de finir ses études en psychologie. Tout le long du trajet, je cherche à rejoindre Colette, mais je n’y arrive pas.
Je prends une Mike’s canadienne pour souligner mon exploit. C’est ma plus longue randonnée à vie, mis à part une marche de 25 km sur le bord d’une route italienne quand j’avais 17 ans. Je prends encore le temps de m’étirer avant de me coucher. Colette est très heureuse de sa journée et moi aussi. Nous nous couchons vers 21h30.
Vendredi 9 novembre
Vers 1h00 du matin, quelque chose me réveille. J’entends des bruits bizarres, puis plus rien. Je vais aux toilettes et là, je vois deux hommes en train de travailler dans les toilettes : ménage et menues réparations. Je demande à l’un deux s’ils travaillent toujours la nuit. Il me dit que non, mais qu’il va y avoir une inspection bientôt. C
Nous dormirons mal le reste de la nuit. Je me lève vers 7h30, car je suis bien réveillée. Je rédige le journal de voyage pendant que Colette récupère un peu de sommeil. Vers 9h30, quelqu’un frappe sur la vitre de Westy : c’est notre voisin qui nous rapporte, devinez quoi? La nappe et les deux pinces!
Nous quittons le camping vers 10h30 et allons à Tusayan pour profiter de la connexion internet. Je téléphone à Jessica et j’envoie deux courriels. Nous mangeons une salade dans Westy et nous faisons du café pour nous tenir réveillées sur la route.
Nous refaisons un bout de chemin dans la réserve Navajo : je m’aperçois alors que la clôture de chaque côté de la route est en fil de fer barbelé, ce qui me déprime encore plus. Nous bifurquons vers le nord-est et nous arrêtons à Kayenta vers 17h00. Une fois n’est pas coutume, c’est moi qui ai conduit aujourd’hui. Nous sommes toutes les deux épuisées et choisissons de coucher à l’hôtel, car il n’y a pas de camping ici et nous ne voulons pas conduire le soir.
Pour 78 $, le Best Western nous procure une grande chambre avec tout le confort moderne et le fameux « déjeuner continental ». Je prépare une salade de laitue romaine avec tomates. Nous ouvrons une boîte de saumon fumé acheté en Alaska et une boîte d’asperge. Nous mangeons le tout en regardant un film à la télévision : Bourne Identity, avec Matt Damon. Je prends une longue douche et Colette fait de même. Je suis bien trop fatiguée pour écrire le journal.
Note du jour. Presque à chaque fois que nous faisons le plein d’essence,
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