jeudi 2 août 2007

De Whitehorse à Dawson City

Dimanche 29 juillet (jour 67)

Carmacks –Dawson City

Fidèles à notre rythme tranquille, nous prenons la route vers 12h30, après avoir vidé notre réservoir d’eau grise dans l’égout du camping et fait une vérification compète de Westy.


La route est magnifique et nous nous arrêtons à plusieurs endroits pour admirer la vue, particulièrement à Five Fingers Rapids sur le Yukon. Je descends vers le fleuve par un sentier aménagé avec des escaliers, car la descente est raide. La majesté du fleuve Yukon ne cesse de me causer une profonde émotion.



Nous traversons plusieurs sites où il y a eu des feux de forêt : 1998, 1995, 1958. Selon les endroits, la végétation qui reprend le dessus est différente, mais je ne suis pas en mesure d’identifier les arbres. Je me sens pas mal ignorante…


La route traverse des paysages qui rappellent un peu les Badlands : pente de collines dénudées, avec des arbres sur la crête, mais on voit que la roche est friable, gravelleuse. Plusieurs parties de la route sont en gravelle. Il pleut très fort par moments et, tout à coup, c’est fini, nous roulons sur une route sèche! Les averses ne durent pas par ici et il fait plein soleil lorsque nous arrivons à Dawson City. Bien que ce village soit un peu plus au nord que Whitehorse, il y fait souvent plus chaud (5 degrés de plus).

Nous nous installons dans un camping qui est à distance de marche de tout et nous ne sommes pas les seuls : touts les modèles de VR sont ici, du nôtre, qui est le plus petit, au plus monstrueux. Disons que ça nous change des campings où on ne voit pas son voisin et où on ne l’entend pas. Mais ça fait notre affaire, car il y a une connexion internet sans fil gratuite et elle fonctionne bien. Nous allons manger une délicieuse soupe aux carottes-curry-lait de coco au restaurant Klondike Kates, tenu par une Québécoise. De retour au camping, nous lisons nos courriels (c’est toujours un grand plaisir d’avoir de vos nouvelles) et je commence à mettre le blogue à jour.
Colette couve quelque chose : elle n’a presque plus de voix et se sent fatiguée. Faut dire qu’elle a conduit toute la journée!

Lundi 30 juillet (jour 68)

Encore une belle grasse matinée, car nous émergeons vers 10h30. Faut dire qu’il fait jour au moins jusqu’à minuit ici. Je mets le blogue à jour. J’essaye de comprendre pourquoi le blogue déforme les photos verticales que je mets en ligne dans la colonne de gauche, mais je ne trouve pas le bobo.

Colette se repose, je lis. Je prépare des légumes pour faire un sauté au tofu pour demain. Puis, de 19h00 à 20h00, je vais voir une présentation de la vie de Robert Service, le barde du Yukon. C’est très bon et très divertissant, car le conteur a beaucoup d’entregent et de talent. Nous sommes assis sur des estrades dehors et les parapluies sont fournis, car il pleut pendant environ la moitié du spectacle. Ce Robert Service a écrit environ 2000 poèmes et c’est un plaisir que sa vie de saltimbanque soit ainsi évoquée. En passant, il est né en Grande-Bretagne et est arrivé au Canada vers l’âge de 18 ans : il voulait devenir cow-boy! Après avoir exercé divers métiers, et erré sans domicile fixe aux Etats-Unis, il travaille dans une banque qui le transfère à Whitehorse, puis à Dawson. C’est là que ses amis, conquis par son talent de conteur, le convainquent de soumettre ses œuvres à un éditeur. Succès instantané et redevances assurées jusqu’à la fin de ses jours, Robert Service quittera Dawson en 1912 et vivra de nombreuses années en Europe où il se mariera. Il est enterré en Bretagne, où il avait acheté une maison.

Au retour, je fais cuire tous les légumes que j’ai coupés : ça sent bon!

Mardi 31 juillet (jour 69)

Dawson City

10h30. Je laisse Colette se reposer et, avec mon bâton de marche, je monte vers le Midnight Dome, le point culminant de Dawson. Eh, bé les amis, c’est à pic ça, et ça grimpe longtemps. Au Centre d’information on m’avait dit que c’était à pic, mais on ne m’avait pas précisé qu’il fallait avoir une chèvre de montagne parmi ses ancêtres pour survivre à cette grimpette de près de deux heures… Faut dire que la vue de là-haut est imprenable. Ouais, je sais, il y a une route pavée qui y mène et j’aurais pu économiser ma sueur, mais que voulez-vous, je n’aurai pas toujours 49 ans, alors autant le faire maintenant, non?

Comme le temps est couvert, les photos ne rendent pas justice à la beauté du paysage : la rivière Klondike se jette dans le Yukon et on voit très bien à quel endroit leurs eaux se mélangent. Les montagnes environnantes et à perte de vue sont magnifiques et d’où je suis, je vois très bien le début de la fameuse route qui rejoint la Alaska Highway qui s’appelle Top of the World (tout un programme…). Je redescends par un autre chemin, un peu plus long mais aussi très à pic et je suis de retour au camping après plus de trois heures et demie de randonnée.

À 15h00, nous nous rendons au Centre culturel Dänojà Zho (Dänojà Zho = Long time ago house) pour un spectacle de danse, court mais très bon. Il est présenté par la Raven Spirit Dance Society et est intitulé Luk T’äga Näche’ – Salmon girl dreaming. Ce centre présente la culture des Tr'ondek Hwech'in, une nation amérindienne autonome basée à Dawson.


Il y a aussi une exposition de photos et de textes au sujet des Écoles résidentielles dont le but était de « civiliser » les Autochtones en retirant les jeunes de leur milieu et en les scolarisant dans des pensionnats tenus par des religieux. Une catastrophe sociale qui a débuté en 1892 et a été dénoncée dès 1908, mais qui s’est poursuivie jusque dans les années 1960. Pas de quoi être fiers… Si le sujet vous intéresse, le site web de l’expo est très complet (photos, textes, vidéos) : http://www.lesenfantsdevenus.ca/fr/home.html.


Nous allons manger chez Joe : Colette savoure la chaudrée de poisson (avec des frites!) et je mange un filet de saumon. Au retour, Colette met la galerie de photos à jour, pour le plaisir de vos yeux. Pendant ce temps-là, je prends le temps de m’étirer longuement, un must après la randonnée et je finis le traitement préventif des courbatures par une douche bien chaude et des granules homéopathiques.

Aucun commentaire: