dimanche 15 juillet 2007

Des sources chaudes au 60e parallèle

Jeudi 5 juillet (jour 43)

Miette Hot Springs – Edmonton : 350 km

Je me lève vers 7h00 et à 8h30, je commence le sentier qui mène vers le Col Sulphur et le Ruisseau Fiddle. Il mène à l’ancienne piscine et aussi à un endroit où l’eau affleure directement de la faille : c’est trop chaud pour même y laisser la main! Je poursuis mon chemin : ça grimpe. Deux kilomètres plus loin j’atteins le Col Sulphur, puis le sentier descend de façon très abrupte vers le ruisseau Fiddle. J’hésite, car je sais que je devrais remonter, mais finalement, après la descente, c’est la récompense : un beau ruisseau au creux d’une vallée encaissée.

Je rejoins Colette vers midi, très heureuse de cette randonnée de huit kilomètres. Durant ce temps, elle a gravé un cd de photos et de vidéo pour ses grands-parents et sa mère. Je retourne aux sources chaudes : il y a deux piscines chaudes et deux piscines froides et c’est bien agréable de profiter des contrastes de température.

Nous dînons sur une table à pique-nique et prenons la route vers Edmonton. Le décor change de façon brusque dès que nous quittons le parc national, c’est vraiment étonnant. Nous sommes maintenant sur une route entourée de vallons. Après 400 km de route, nous arrivons à Edmonton chez Sam, un ami de Sacha (collègue de travail de Françoise). Il nous accueille très chaleureusement. Nous allons manger dans un restaurant malaisien où la nourriture est délicieuse.

De retour chez lui, nous prenons une tisane avec une de ses amies qui habite le même bloc. Elle s’appelle Tania, est née au Canada de parents indiens. Elle est infirmière et c’est très intéressant de l’entendre parler de son travail à Edmonton, auprès des femmes qui viennent d’avoir un enfant. Nous nous couchons vers minuit. Le condo de Sam est grand et nous profitons d’une chambre et salle de bain pour nous toutes seules ! Sam nous dit que nous pouvons y passer la semaine si nous le désirons.

Vendredi 6 juillet (jour 44)

Edmonton

Après une bonne nuit de sommeil, nous petit-déjeunons avec Sam : il nous fait des saucisses des patates et des œufs, avec un bon café. Puis il nous emmène en auto faire un très grand tour dans Edmonton. Nous allons au fameux West Edmonton Mall. Nous mangeons de la nourriture chinoise achetée sur place. Nous visitons ensuite une partie du centre commercial : la piscine (avec des vagues), les glissades d’eau, les manèges, le spectacle avec une otarie qui fait toute sorte de choses très drôles, les flamants roses, les différents décors thématiques, etc.

Nous allons faire des courses dans un supermarché chinois. C’est une expérience très exotique de voir tous ces produits et c’est surprenant de voir que tout est présenté d’une façon très ordonnée et propre, contrairement aux petits magasins chinois que nous connaissons. Sam achète le nécessaire pour nous faire à souper. Nous achetons des litchis frais, du basilic, des kiwis et des mangues. Je fais un tour dans la section des plantes et autres substances médicinales, mais je ne comprends pas les étiquettes.

Sam nous prépare un délicieux souper et nous parlons de toutes sortes de choses : Sam est un homme très agréable et très intéressant. Il a été élevé à Lethbridge, ses parents sont nés en Chine et on émigré ici dans les années 1950. Sam est un canadien pure laine, sportif, cultivé et il a pas mal voyagé au Canada et aux États-Unis. Il a fait son post-doctorat en science (biologie moléculaire) à l’université Laval de Québec. Il est maintenant à son compte dans le domaine de l’informatique. Nous regardons deux ou trois épisodes de la série Buffy qu’il nous fait découvrir.

Sam va ensuite jouer au hockey et nous regardons les deux derniers épisodes de 24 heures que nous avons loués au club vidéo du coin. La fin nous déçoit parce qu’elle nous laisse en plan avec un Jack Bauer (le héros) capturé par les Chinois. Nous nous couchons encore trop tard…

Samedi 7 juillet (jour 45)

Edmonton

Par Colette.
Après un autre petit déjeuner animé par la conversation avec Sam, nous allons toutes les deux faire quelques courses à Edmonton : marché, Mountain Equipement Coop (où Françoise trouve toujours quelque chose à acheter), magasin d’aliments naturels (où Françoise peut passer des heures n’est-ce pas!), épicerie et essence. J’ai déjà tous mes repères dans la ville et je nous dirige sans détour à tous les endroits où nous voulons aller. Ils sont brillants à Edmonton : ils nous informent par de petites pancartes du nom des rues à venir avant les intersections, les avenues sont est-ouest et les rues sont nord-sud, ça rend les choses plutôt faciles.

Nous revenons vers 18h30. Sam nous prépare un autre repas asiatique délicieux : soupe aux boulettes de porc, plat de crevettes et plat de bœuf et tofu avec plein de légumes. Françoise écrit le journal des derniers jours pendant que nous regardons d’autres épisodes de Buffy. Sam nous sert un dessert asiatique chaud (boulettes de riz farcies). Françoise adore, mais moi, pas vraiment. Nous nous couchons encore une fois passé minuit. Sam est un oiseau de nuit et nous entretiendrait facilement jusqu’aux petites heures du matin ! Nous souhaitons nous lever tôt demain pour notre départ vers Slave Lake (250 km au nord d’Edmonton), puisque nous y avons rendez-vous avec un ami de Sacha et de Sam : Pierre-Étienne.

Dimanche 8 juillet 2007 (jour 46)

Edmonton – Slave Lake : 300 km

Après la préparation des bagages, le petit déjeuner rapide. les au-revoir et les remerciements à Sam pour son hospitalité, nous prenons la route à 10h30 pour Slave Lake. Nous y arrivons à 13h30 après avoir passé une zone où un feu de forêt a fait rage il y a quelques années sur près de 40 km. La majorité des arbres sont encore debouts, mais dénués de feuilles. Étrange paysage!

Nous rencontrons Pierre-Étienne au Tim Hortons de la ville. Un Français qui a fait ses études de pilote (licence commerciale) au Québec en 1999 et qui a immigré au Canada quelques années plus tard. Pas de famille au Canada, à part un oncle qui habite à Montréal. C’est un gars super sympathique qui est friand du nord canadien et des grands espaces. Il vient tout juste de débuter, en mai, un poste permanent de pilote commercial pour CanWest à Slave Lake. Il aimerait encore mieux retourner travailler à Yellowknife si une opportunité à long terme se présentait. Il adore piloter les hydravions, qui permettent de se poser sur les lacs.

Pierre nous fait faire le tour de la ville. Le prix des maisons est exorbitant. Ici, l’exploitation des ressources naturelles (pétrole, gaz et foresterie) constitue la principale industrie… et c’est en croissance. Pierre habite le sous-sol de la maison du chef de la RCMP du coin. Ici, nous ne verrouillons jamais la porte arrière ; Pierre y habite et n’a pas besoin de clé. Il se considère chanceux d’avoir pu trouver à se loger rapidement (chez Willie) puisque les logements sont rares et dispendieux.

Nous prenons l’apéro chez lui puis il nous invite au resto libanais du coin. Nous apprécions le repas arrosé d’un vin rouge. Nous nous rendons au resto Boston Pizza pour assouvir la dent sucrée de Pierre. Je me laisse tenter aussi et Françoise ne prendra qu’un café décaf. En soirée, nous avons visité les bureaux de la compagnie d’aviation Can West à l’aéroport de le Slave Lake. Françoise en profite pour utiliser l’ordinateur et la connexion internet. J’accepte très volontiers l’invitation de Pierre-Étienne de visiter le hangar où sont les avions. Je fais la rencontre de deux collègues de travail de Pierre-Étienne, dont Brian. Ce dernier a travaillé plusieurs années comme mécanicien navigant, pour Air Transat à Montréal. Il est mécanicien et pilote pour Canwest.

Il me fait faire le tour de l’avion ambulance pour le transport d’urgence. Françoise se joint à nous pendant cette visite. Cet appareil sert environ trois fois par semaine. Il permet à deux passagers malades sur civière, des infirmiers et médecin de monter à bord pour un transport vers un centre hospitalier d’Edmonton. Il comprend plusieurs équipements médicaux. Brian est intarissable. Il nous renseigne aussi sur certains attraits que nous verrons en route vers le grand nord.

Au retour du resto, nous regardons un film parmi la collection de DVD de Pierre, qui aime le même genre de films que nous. Nous discutons cinéma, nous regardons le film Henry and June et nous couchons (trop tard…) La journée a été maussade avec les nuages gris et de la pluie par moments. S’il fait beau demain, nous pensons faire un tour d’avion.

Lundi 9 juillet 2007 (jour 47)

Slave Lake

Comme Pierre-Étienne nous prépare des crêpes (pancakes à l’américaine), nous nous levons pour déjeuner avec lui. Décidément, les hommes nous gâtent en Alberta! Il part travailler vers 8h30. Nous relaxons, faisons un petit lavage, puis partons faire quelques commissions. Pour prouver à Pierre-Étienne que nous pouvons faire la cuisine, nous préparons un repas de crevettes et riz au curry qu’il partage avec nous à midi.

Dans l’après-midi, nous regardons le film Snow Walker, tiré d’un livre de Farley Mowat (Walk well my brother). Comme le temps s’est pas mal éclairci, nous rejoignons Pierre-Étienne à son travail et nous nous payons un vol d’avion d’une heure avec lui. Nous survolons rapidement les rives du Lesser Slave Lake, puis nous prenons la direction du Pelican Lake, où nichent des pélicans. À quelques reprises, Pierre-Étienne vire rapidement pour nous montrer tel où tel détail : c’est plutôt excitant de se retrouver ainsi à 45º au-dessus du paysage!

Nous volons en moyenne à 600 m du sol (2000 pieds). Comme Slave Lake est à environ 600 m d’altitude, nous volons donc à 1200 mètres. C’est vraiment très agréable de faire ce vol avec un pilote que nous connaissons : nous portons toutes les deux un casque d’écoute et nous entendons tout ce qu’il dit au sujet de sa position et aussi quant il parle avec un pilote qui vole beaucoup plus haut que nous.

De l’avion, nous voyons toutes les routes de prospection qui ont été ouvertes, quelques puits de gaz naturel et de l’exploitation forestière. Les pélicans nichent sur deux petites îles du lac : ce sont les seuls pélicans qui nichent en Alberta. Sur les îles, il y a aussi des oiseaux noirs. Nous voyons aussi de nombreux étangs de toutes sortes de formes. À force de regarder tout ça et après quelques manoeuvres rapides, Colette et moi avons un peu l’estomac à l’envers. Colette vient s’asseoir en avant, à côté de Pierre-Étienne et je m’installe en arrière. Vers la fin du vol, Colette prend les commandes : elle vire à droite, à gauche et prend de l’altitude. Prudemment, malgré son enthousiasme, elle laisse Pierre-Étienne reprendre le contrôle de l’avion pour l’atterrissage.

Après cette aventure, nous allons manger à The Point, un restaurant situé à la pointe du Lesser Salve Lake. C’est très grand et très beau et la vue est magnifique. De retour chez Pierre-Étienne, nous lui montrons les photos de la partie albertaine de notre voyage. Il nous propose de regarder un film, mais nous sommes trop fatiguées et il est déjà 23h30.

Mardi 10 juillet 2007 (jour 48)

Slave Lake – Twin Falls territorial park : 428 km

Après le petit déjeuner, nous allons dire au-revoir à Pierre-Étienne, qui a un vol prévu à 11h00, pour amener un médecin dans une communauté éloignée. Nous faisons le plein d’essence et de propane, passons au centre d’information touristique pour avoir des documents sur les Territoires du Nord-Ouest. Nous quittons Slave Lake vers 11h30 et prenons la route vers le nord : il nous reste environ 1300 km à parcourir pour arriver à Yellowknife!

Nous nous arrêtons au parc territorial des Twin Lakes pour la nuit après une journée chaude.

Mercredi 11 juillet 2007 (jour 49)

Twin Lakes park – Twin Falls park : 400 km

Colette
Départ du camping à 10h00. À High Level, nous achetons de quoi protéger les phares pour la longue route de gravelle et installer une moustiquaire devant la grille du radiateur de Westy. En effet, de nombreux insectes (grosses mouches, libellules, etc.) s’écrasent sur le radiateur, ce qui, à long terme, peut être dommageable. Nous zigonons pendant un bon 45 minutes pour installer cette protection, en prévision de la longue route qu’il nous reste à faire dans des contrées nordiques pleines d’insectes. Nous dînons au Subway du coin, puis nous reprenons la route en direction de Yellowknife.

Nous arrivons au bureau d’information touristique des TNO au 60e parallèle en milieu d’après-midi. Nous recevons avec fierté chacune notre certificat de courageuses exploratrices des contrées situées au nord du 60e parallèle! Je suis toute énervée, il y a une joyeuse excitation en moi d’avoir franchi cette étape. Françoise et moi sommes finalement contentes de notre décision de poursuivre notre route vers Yellowknife, plutôt que de couper plus vite vers la Alaska Highway.

En fin de journée, nous nous arrêtons aux impressionnantes chutes Alexandra (33 mètres, 109 pieds de hauteur). La couleur de l’eau ressemble à du lait au chocolat et l’écume et les éclaboussures de l’eau à des guimauves! Françoise trouve plutôt que la couleur rappelle celle du café avec juste un soupçon de lait. Ce qui rend ces chutes magnifiques, c’est aussi la largeur de la rivière (la Hay River, qui se jette dans le Great Slave Lake) et la profondeur de son canyon : ça donne un fameux débit : on les entend gronder de loin! À peine trois kilomètres plus loin, nous nous arrêtons pour la nuit au camping de la chute Louise (15 mètres, 50 pieds) : elle a la même couleur que sa proche voisine. Depuis notre entrée aux TNO, nous avons été remarquées par de très nombreuses grosses mouches. Leur bourdonnement est incommodant… elles nous tournent autour et particulièrement aussi autour de Westy qui dégage de la chaleur!

Voilà pourquoi nous inaugurons notre tente tout en moustiquaire, achetée exprès pour cette raison (les mouches et moustiques du Nord et aussi en cas de grande chaleur comme c’est le cas aujourd’hui!). Hourra ! Quelle belle idée. Nous apprécions notre petite installation aérée et à l’abri des indésirables bestioles. C’est dans cette tente que j’écris les derniers jours de voyage pendant que Françoise prépare un plat de poulet à la moutarde et au yogourt et s’occupe du souper, de la vaisselle, etc.

Françoise choisit de dormir dans la tente, car Westy est encore un peu chaud à son goût. Moi, la marmotte frileuse, je dors dans Westy.

Jeudi 12 juillet (jour 50)

Twin Falls park – Yellowknife : 495 km

Nous quittons le camping vers 10h00. Après une cinquantaine de kilomètres, nous prenons le temps d’aller admirer les Lady Evelyn Falls : bien qu’elles ne soient pas aussi hautes que celles que nous avons vues hier, elles sont plus larges, ce qui leur donne beaucoup de majesté : et toujours cette couleur café-chocolat mais en moins prononcé. De plus, un arc-en-ciel joue dans les projections de la chute. Moment magique, moment de beauté.

Nous arrivons en vue du fleuve Mackenzie, qu’il faut franchir en traversier. Ce fleuve prend naissance dans le Grand lac des Esclaves et termine sa course dans la mer de Beaufort, 1700 kilomètres au nord dans un immense delta. Le ferry est gratuit et la traversée dure environ 15 minutes. Nous en profitons, comme d’autres voyageurs, pour laver notre pare-brise plein de bibittes écrapouties, grâce au « squeegee » et à la brosse gracieusement mise à notre disposition. En débarquant du traversier, nous apercevons quatre ou cinq bisons couchés à quelques mètres de la route. Environ 50 kilomètres plus loin, c’est une vingtaine d’entre eux qui relaxent au bord de la route. Et, plus loin, alors que nous ne nous attendions plus à en voir, voilà qu’une trentaine d’entre eux traversent la route devant nos yeux ébahis : ces animaux sont vraiment énormes! Ce sanctuaire de bisons abrite environ 2000 bêtes, les derniers bisons sauvages du Canada.

Colette est toute excitée d’arriver à Yellowknife. Curieusement, je ne le suis pas particulièrement, bien que je sois contente de revoir Yellowknife, où j’avais passé deux semaines en mars 2003 lorsque Jessica y séjournait. Nous nous rendons au parc territorial Fred Henne : il y a de la place pour ce soir, jeudi, mais c’est plein pour la fin de semaine, car le festival Folks on the Rocks commence demain ainsi qu’un autre événement. Après avoir soupé, nous faisons un tour dans le camping, puis allons faire un tour de ville.

Le centre d’information touristique est fermé, mais lorsque nous passons devant le centre francophone de Yellowknife, quatre personnes sont assises sur les marches et prennent une bière. Après avoir échangé, nous leur disons que nous cherchons un endroit pour coucher demain soir. Chacun y va de son invitation spontanée: «vous pouvez prendre notre canoe et faire du camping sur l’île en arrière de la maison-bateau», «vous pouvez stationner dans l’entrée de ma cour et utilisation de la salle de bain de la maison». Nous les remercions et leur disons que nous repasserons demain si nos démarches pour trouver un toit n’aboutissent pas : il y a plusieurs bed and breakfast et hôtels en ville.

Nous allons à la bibliothèque pour vérifier les heures d’ouverture et l’accès internet, puis nous faisons un petit tour de ville avec Westy. De retour au camping, nous relaxons en lisant. Colette se couche vers 22h00. J’écris le journal de voyage. Vers 23h00, le jour commence à tomber un peu et il y a encore un peu de rayons solaires en vue lorsque je me couche vers 23h30 : même si on le sait d’avance lorsqu’on vient ici, c’est vraiment surprenant.

Vendredi 13 juillet (jour 51)

Yellowknife

Nous prenons notre temps pour déjeuner. Pendant que Colette charge les dernières photos dans l’ordi et en sélectionne quelques-unes pour le blog, je vais me baigner dans le lac qui borde le camping. La journée est chaude, malgré quelques nuages. L’eau est délicieusement fraîche : en fait c’est l’eau la plus chaude dans laquelle je me suis baignée depuis notre départ, sources chaudes mises à part, bien sûr. De plus le bord de ce lac est très peu profond, ce qui en fait un endroit idéal pour les familles.

Vers midi, nous allons vérifier auprès du personnel du parc si un site serait libre : rien pour un VR, mais on nous dit qu’il reste un site dans la section des tentes, où l’accès se fait à pied. Nous allons voir : il s’agit de plates-formes installées sur une partie rocheuse du camping. Nous réservons ce site pour deux jours, car c’est vraiment pratique d’être à moins de deux kilomètres du centre-ville.

Nous allons au centre d’information touristique prendre quelques renseignements, puis nous faisons quelque chose que je rêve de faire depuis quatre ans : manger au Bullocks. Colette prend du whitefish et moi, le fameux ragoût de bœuf musqué que je n’avais pas goûté lors de ma première visite, car la personne qui le cuisine était en vacances. Les frites sont toujours aussi bonnes, le poisson est délicieux et j’aime beaucoup le ragoût, même si la viande est un peu coriace.

Nous allons à l’assemblée législative des TNO. La visite guidée est très intéressante. Le bâtiment lui-même, inauguré en 1993 (24 millions $) est superbe, tant à l’extérieur qu’à l’intérieur. Il n’y a pas de partis politique ici. Il se pratique ici un gouvernement de consensus et les membres de l’assemblée sont élus à titre individuel. La symbolique est importante et tout est chargé de sens (salles circulaires, acoustique extraordinaire, architecture moderne qui évoque le tipi et l’igloo. Belle richesse.

Nous poursuivons notre tournée dans magasin puis se joignons à la francophonie du coin pour un tournoi de pétanque et de la musique live à la terrasse du restaurant français le Frolic. Nous y rencontrons deux personnes qui ont connu Jessica. Les gens sont sympathiques et nous entretiennent de diverses choses. Il y a aussi un kiosque de vente de produits pour la levée de fond en vue des Artic Games qui auront lieu en mars 2008 à Yellowknife . Nous rentrons au camping vers 20 heures.

Je termine la rédaction de ce journal à plus de minuit et il fait encore jour! Je rejoins Colette dans la tente sur la plate-forme. Elle essaye de dormir depuis au moins une heure, mais les bruits environnants l’en empêchent : on entend les avions décoller de l’aéroport tout proche, les enfants s’agitent, crient et rigolent à tue-tête même s’il est minuit, des oiseaux chantent et Colette ronchonne. Comme j’ai l’intention, pour ma part, grâce à mes bouchons, de passer une nuit tranquille, je propose à Colette de l’aider à rapatrier son sac de couchage et son matelas de sol dans Westy. Après quelques réflexions ronchonnantes, elle accepte.

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