dimanche 17 juin 2007

De Wasagaming à Fort Qu'Appelle

Mercredi 13 juin (jour 21)

Matinée tranquille. Pendant que Colette dessine au bord du lac Clear, je vais marcher dans un court sentier aménagé sur un marais (marsh). C’est une passerelle qui s’étire sur un kilomètre environ. L’eau est recouverte à plusieurs endroits d’une plante qui ressemble à du cresson de fontaine miniature. Ce tapis vert à la surface de l’eau donne un aspect un peu magique à cet endroit fréquenté par les canards, les sternes et les hirondelles. Je suis seule et je me laisse gagner par la douceur et la beauté de ce lieu.

Je rejoins Colette au bord du lac, et, après réflexion, nous choisissons de modifier un peu notre itinéraire pour aller camper dans le parc provincial de Spruce Woods, près de Brandon, toujours au Manitoba. Nous voyageons donc environ 200 km vers le sud-est par une belle journée chaude. Encore des routes rectilignes, mais plus fréquentées que celles du nord du Manitoba, notamment la Transcanadienne (la 1).

À Brandon nous faisons l’épicerie et le plein d’essence. Nous constatons depuis deux semaines que nos habitudes de consommation urbaine de produits fins sont nettement plus coûteuses qu’à Montréal. Le brie se vend 35 $ le kilo, les olives 20 $ et le reste est à l’avenant. Et impossible de trouver l’équivalent de Première moisson dans les chaînes d’épicerie : le pain français ou les baguettes ne ressemblent à rien d’autre que des mottons de farine blanche pas assez cuite… On peut cependant trouver du pain tranché correct.


La particularité du parc de Spruce Woods est d’abriter des dunes et un réseau de sentiers de ski de fond et de motoneige très développé. Le camping offre des sites spacieux et très bien entretenus, à bonne distance les uns des autres. Nous en choisissons un à proximité de la plage qui donne sur un petit lac appelé Kiche Manitou (Grand Esprit).

Nous nous préparons une grosse sauce à spaghetti et beaucoup de spaghetti, ce qui devrait permettre à Colette d’en manger pendant trois jours. Après ça, elle est bonne pour trois semaines avant que le fantasme du spaghetti s’empare à nouveau d’elle.
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Jeudi 14 juin (jour 22)

Spruce Woods Prov Park.

Petit déjeuner au soleil, qui est déjà très chaud. Nous allons à la plage. La température de l’eau de surface est presque chaude, celle du fond plus fraîche, crée un contraste agréable. Pas un souffle de vent. L’eau est si calme que je peux y faire des longueurs comme dans une piscine, les vaguelettes des voisins en moins.

Après un très tardif dîner, nous allons faire le sentier Sand Spirit qui passe dans un réseau de dunes. C’est un écosystème fragile, mais fascinant. Cet endroit semi-désertique reçoit deux fois plus d’humidité et de pluie qu’un désert classique, ce qui permet à plusieurs arbres et plantes d’y survivre. Ça donne un mélange de sable et de vert assez surprenant et des arrondis de dunes splendides. C’est difficile à décrire et les photos que nous avons prises ne rendent pas justice à ce lieu. C’est un endroit sacré pour les Amérindiens qui venaient y faire des quêtes de vision. C’est peut-être cette énergie que nous ressentons : il y quelque chose de spécial ici. Un cerf surgit dans le sentier que nous venons d’emprunter. Il est assez loin, mais grâce à nos jumelles, nous pouvons l’observer longuement. C’est un jeune mâle avec de tout petits bois : pour le voir sur la photo ci-contre aggrandissez-la en cliquant dessus.

Au retour, dans une section plus boisée du sentier, les moustiques nous repèrent. Ils sont nombreux, agressifs et voraces. Comme je suis en short, je suis une cible de choix et Colette rigole de me voir danser en me tapant les mollets… L’application de citronnelle les calme.

De retour au camping, je me baigne à nouveau dans le lac. Il n’y a personne d’autre dans l’eau calme et je me laisse bercer par les eaux du Grand Esprit. Après une douche et un dessert de tapioca, nous nous couchons, repues de soleil et de beauté.

Anecdote : un panneau routier qui indique « Blowing dust ». Comment traduire ça en français? Poussière volante, Vent de poussière, Attention, poussière?

Le Manitoba aura été la province des superbes bouquets de minces bouleaux blancs et des immenses gazons frais tondus devant les maisons ou dans les campings. Nous y avons aussi vu beaucoup de mares le long des routes et plusieurs silos à grains dans les cours des fermes.

Vendredi 15 juin (jour 23)

Spruce Woods – Vallée Qu’Appelle (Saskatchewan) : 327 km

Nous changeons d’heure à nouveau en arrivant en Saskatchewan.

La route est rectiligne et l’horizon se perd au loin. Mais qui a dit que toute la Saskatchewan était sans relief? La route bifurque, et au détour d’une descente abrupte, coup de cœur ! La vallée apparaît devant nous. Paysage à couper le souffle. Nous voici sur une magnifique route panoramique au Nord de Whitewood. Elle est flanquée de verdoyantes collines et de lacs (Mission Lake, Round Lake, Crooked Lake). Quel contraste avec les grandes plaines! Nous observons un oiseau de proie.

Nous passons la nuit près d’un lac au Crooked Lake Provincial Park. Le lieu est idyllique, dominé par ces vertes collines. Deux bémols : malgré l’eau claire du lac, il y a des algues qui n’invitent pas à la baignade et la ventilation du bâtiment qui abrite les douches et les toilettes est si bruyante que nous l’entendons de notre site, qui est au moins à 250 mètres de là… Nous profitons de notre soirée pour relaxer en regardant le coucher desoleil. Et ces journées qui s’étirent. Il fait encore clair à 22h00…

Samedi 16 juin (jour 24)

Crooked Lake prov. park – Echo Lake prov. Park

Je n’ai pu résister à l’envie d’escalader les collines qui surplombent le camping et j’ai été bien récompensée. Le cœur battant après cette raide ascension, j’ai contemplé le Crooked Lake, qui porte bien son nom, et toutes ces autres collines environnantes.

Nous faisons un saut de puce aujourd’hui. Nous nous arrêtons à Fort Qu’Appelle, un village dans la vallée du même nom. C’est une légende qui est à l’origine de ce nom : un jeune trappeur amoureux d’une Amérindienne. Alors qu’il est parti travailler dans la vallée, elle l’appelle, car elle est gravement malade. Il entend quelque chose et demande « Qui appelle ? ». À son retour, il trouve sa compagne morte. Semble-t-il que la voix du jeune homme a résonné longtemps après dans la vallée Qu’Appelle…

Nous nous arrêtons au petit bureau de tourisme où nous parlons à deux vieilles dames très sympathiques, mais qui sont prises au dépourvu par notre question au sujet d’un accès internet. C’est nous qui leur apprenons qu’il y en a probablement un à la bibliothèque. Sur ce, elles discutent pendant au moins cinq minutes pour expliquer à Colette où est cette bibliothèque : première ou deuxième à droite? Faut dire que Fort Qu’appelle compte au moins 12 rues, alors c’est un peu compliqué…

La bibliothèque offre en effet l’accès internet et nous en profitons pour répondre à certains de nos courriels. C’est très pratique pour toutes sortes de détails administratifs et ça nous permet de rester en contact avec notre monde. Nous profitons aussi de notre passage à Fort Qu’Appelle pour refaire le plein d’alcool, car nous étions à sec depuis trois jours. Avec un rouge en tétrapak, un White Zinfandel en bouteille et quatre Mike’s, nous voilà parées pour les prochains jours.

Je remarque en rigolant que dans ce village, le bureau du député est adjacent à un pawn shop. Je rigole un peu moins quand je vois y entrer trois Amérindiens avec une grosse boîte à outils et que je les revois ensuite au liquor store. L’énergie des Premières nations est très présente et souvent rappelée dans les sites naturels, mais plusieurs des Amérindiens que nous croisons ont l’air pas mal maganés, perdus, pas à leur place.

Nous arrêtons pour la nuit au Echo Lake provincial park. Les sites ne donnent pas directement sur le lac, mais ils sont assez privés. Colette doit cependant zigonner pas mal pour trouver une façon de placer Westy à peu près au niveau. Nous mangeons une grosse salade grecque et savourons une Mike’s au coin du feu.

Nous faisons le ménage dans nos photos et je rédige ce journal. Pouvoir utiliser le laptop pour faire le tri des photos et pour le journal de voyage est vraiment très utile!

1 commentaire:

Unknown a dit…

Maman, dans tes traductions tu oublies "poussière soufflante" ou "vent poussiéreux" hihihi ;o))

Bonne suite de voyage, c'est chouette de pouvoir vous accompagner au gré de votre blog (qui est très joli en passant)!